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 Défi n°1 : les textes

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Malka

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MessageSujet: Défi n°1 : les textes   Dim 15 Juin - 18:59


Exclamation Attention !!!Exclamation 

Je publie les textes dans cette section. Vous devez me les envoyer par MP au préalable. Wink 
Dans le cas d'un deuxième jet, je supprime le texte pour le remplacer par sa seconde version. Veuillez donc sauvegarder les versions précédentes.

 study Une fois les textes publiés, rendez-vous sur le fil commentaires pour donner votre avis ! study


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Malka

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MessageSujet: Re: Défi n°1 : les textes   Ven 20 Juin - 19:52

 study Sans-titre (pour l'instant)-texte d'Illion-V1 study 

Illion attend vos suggestions pour le titre. Elle préfère un avis détaillé.



Illion a écrit:
Tout s’effrite, tout s’effondre.
Au cœur de la lumière,
La terrible pénombre.
Ici le savoir n’est que poussière,
Dans ces rangées infinies
Où le regard se perd
A mesure que s’éteint la vie.

Pourtant là elle fut
La fleur solitaire
Dont l’aura faiblit,
Triste et éphémère
Ne parvenant plus
A éblouir la nuit.

Le temps se fige,
Le temps s’arrête
Comme cette plume qui voltige
Et échoue sur le bois craqué
D’une frêle étagère
Que recouvre la poussière
Des regrets passés.

Le temps retient son souffle,
Priant pour un sauveur.
Que cela ne soit pas sa dernière heure
Qu’il sorte de la mistoufle*
Du temps qui vieilli,
Que recommence la vie.
Qu’une étincelle nouvelle
Vienne ranimer
La fleur encore plus belle
Et le secret ici étagé.

*forme vieilli du mot "misère". désolée pour ça mais il me fallait une rime en "ouffle" T_T

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MessageSujet: Re: Défi n°1 : les textes   Sam 28 Juin - 8:58

 study -texte d'Aelynah study 

Aelynah préfèrerait , si possible, un avis détaillé.



Aelynah a écrit:


Voilà, c'est fini!! Une porte vient de se refermer derrière moi, une vie s'arrêter et des océans de larmes, qu'en sais-je sont peut être en train de se déverser sur ma tombe.
C'est bizarre comme le calme semble irréel, il est presque palpable tel une mousse de lait sur un chocolat chaud. Je passe au travers de cette quiétude comme dans un tunnel isolé phoniquement, une chambre d'isolement, car tout y semble atténué, comme emmitouflé dans un cocon de coton. Seuls mes pas émettent un simulacre de son, comme le glissement de patins sur le parquet. Mais est-ce vraiment moi qui trouble ainsi le silence?
Comme ces événements qui n'arrivent jamais seuls, je m'aperçois d'autre chose. Le bruit n'est pas le seul absent. Toute lumière semble inexistante ici et pourtant, j'avance, comme guidée sur un chemin invisible.
A croire qu'il suffisait de s'en rendre compte pour changer de niveau de connaissance, obtenir un indice ou juste évoluer.
Un cliquetis comme un rouage qui se débloque, une serrure qui se déverrouille, ou comme ces jouets que nous avions enfant pour imiter le criquet, semble retentir.
Oui, retentir, car dans ce silence absolu le moindre bruissement d'aile d'un papillon ferait office de vuvuzela lors d'un match de foot.
Je cherche encore d'où vient ce son. Puis, ... Voilà. Je me tends vers lui l'ayant enfin localisé.
Mon corps me paraît alors, lui aussi inconsistant comme les bruits ou la lumière. Présent et paradoxalement inexistant. Je me sens faite de la brume d'un matin d'été, celle qui cache toute la vallée mais qui laisse présager d'une magnifique journée.
Que suis-je donc en train de cacher moi -même?
C'est alors que je la vois, enfin!
Au loin, une lueur.
Faiblarde d'abord, elle semble se rapprocher. Ou est-ce moi? Je glisse toujours à l'horizontal tel cet Escalator dans le métro parisien.
De lueur, cela devient lumignon. Ce qui ressemblait à la flamme d'une bougie anémique, prend alors de la force mais aussi de la douceur.
Sa belle couleur jaune luit comme un petit soleil et lorsqu'enfin je pénètre dans son cercle lumineux, je les vois.
Me voici pénétrant dans une bibliothèque digne des collèges londoniens, de l'école de Poudlard ou même simplement de mon plus grand fantasme.
Pourtant lorsque je me retourne il n'y a derrière moi que le brouillard par lequel je suis arrivée. Je ne peux voir que devant moi. Je m'approche alors doucement de ce rêve fait réalité. Les livres sont tous reliés, certains de cuir ,d'autres de tissus magnifiques. Vais-je oser en ouvrir un?
Je suis seule, le silence est toujours là et pourtant au milieu de ces livre il est de suite moins pesant. Comme si leur présence à elle seule me rassurait.
Je regarde la tranche de celui devant mes yeux. Tiens! Curieux le titre me rappelle un souvenir d'enfance. Je passe au suivant toujours sans toucher. À vrai dire comment pourrais-je les approcher en étant faite de brume? C'est alors que je m'aperçois que mes mains semblent plus consistantes qu'avant.
Je me sens cependant encore trop peu solide pour oser caresser ces merveilles.
Je continue donc à lire les titres. Le curieux de ma précédente découverte devient bizarre. Chaque livre semble reporter une de mes expérience de vie.
Après en avoir observé plusieurs je n'en peux plus de ce suspense. Pourquoi ma vie est-elle consignée ici? Est ce un hasard ou fait exprès?
Je prends mon courage à deux mains si tant est qu'elles soient devenues à nouveau réelles.
Je touche donc le premier, ayant pour titre, "mon premier baiser". Et je me retrouve alors replongée dans cet été de mes 15 ans où l'amour entra dans ma vie. Je deviens spectatrice de mes premiers émois alors que face à moi, mon autre moi-même est actrice de ma vie.
Je suis à la fois ici et là-bas. Car je sens le livre entre mes doigts et simultanément je me vois là juste à quelques pas.
Je ne me rappelais plus tous ces petits détails qui paraissaient insignifiants sur le moment mais qui après coup prennent de l'importance pour rendre nos souvenirs si doux.
Ce petit vent qui poussait quelques mèches à me chatouiller les joues, sa main qui me frôle pour les reloger derrière mon oreille, le bruit des vagues en sourdine, et les odeurs même de cuisine de la pizzeria d'a côté.
Lorsqu'il s'approche de moi pour m'embrasser le moi d'aujourd'hui laisse échapper un soupir. C'est alors qu'une chose incroyable se passe. Mon autre moi toute à son baiser, s'écarte cependant un instant comme si elle m'avait entendu.
Son regard semble chercher quelque chose, puis il la reprend dans ses bras et je fonds ou plutôt elle fond de bonheur.
Je les laisse terminer tranquillement cet aparté amoureux puis pour tester ma théorie je décide de siffloter un petit air.
Tous deux sursautent. Ils m'ont entendu. Et je me rappelle alors cette frayeur d'être surpris qui nous avaient fait rejoindre les autres afin de finir la soirée.
Je referme le livre.
Me revoici seule dans cette grande bibliothèque. Dans cette douce lumière je me rends compte alors d'une chose. Cela voudrait-il dire que même maintenant mon passé est écrit mais non entériné?
Pourrais je modifier ma vie, d'un souffle, d'une suggestion murmurée ou peut être même d'un geste??
Quel pouvoir est-ce là??
Cette pièce magnifique qui me semblait être l'antichambre du bonheur m'apparaît alors dans toute sa tromperie. Car telle la boîte de Pandore, ouvrir ces livres et y modifier quoique ce soit entraînerait des répercussions sur ma vie mais aussi celle des autres et peut être même sur ma présence ici.
Je me souviens alors d'un livre de Barjavel, le voyageur imprudent qui au fil de voyages dans le temps en vient, je crois, à tuer son propre grand père avant la mise en route de son père.
Là encore ma réflexion semble interagir avec mon environnement. Le même son, cliquetis comme un rouage qui se débloque, une serrure qui se déverrouille, ou comme ces jouets que nous avions enfant pour imiter le criquet, semble à nouveau retentir.
Et je LA vois alors. Cette lueur astrale, bleutée presque miraculeuse. Tout au fond de la travée de bibliothèque où je me trouve elle semble m'appeler.
Elle ressemble à s'y méprendre au rayon de soleil qui traverse un vitrail, à celui qui pourfend deux nuages lors d'une éclaircie, à l'éclat d'une épée lors d'un combat épique.
Car c'est un combat qui se livre en moi en ce moment.
Qui n'a jamais rêvé de modifier un événement de sa vie?
Devant moi les couvertures des livres semblent m'enjoindre de les caresser, les prendre pour les ouvrir. Les titres eux-mêmes comme sortis de ma mémoire traîtresse se mettent à luire et je vois apparaître sous mes yeux ébahis des événements que j'aurais souhaité oublier, des erreurs de jeunesse, des loupés.
Ils sont là à me tenter, à me souffler de les prendre et de modifier ce choix qui m'avait alors emplie de honte, de tristesse ou de remords.
Qu'il est donc difficile de se détourner de son passé?
Pourtant je me remémore aussi les bons moments, les joies qui ont découlé parfois plus tard de ces erreurs, les expériences que cela m'a permis d'obtenir et surtout le plus important de tout, ce sont de ces erreurs qu'est née celle qui est maintenant celle que je suis.
Alors sans plus réfléchir mes pas me portent vers cette clarté angélique. Petit à petit le chant de sirène des livres s'évapore pour laisser place à une douce musique.
Une voix irréelle, pleine d'amour et de chaleur semble sortir de nulle part. " Félicitations ! Peu sont parvenus à quitter cet antre de la tentation sans avoir expérimenter d'abord plus avant le pouvoir qu'il leur conférait. Vous avez montré votre lucidité quand aux choix et aux conséquences qu'ils apportent. Mais surtout vous avez appris de vos expériences.
Bienvenue donc parmi nous. "
Un ange tel que l'on les imagine dans nos récits les plus saints ou les plus fantasmés apparaît et me tend la main.
Je crois que l'on pourrait dire que j'ai atteint le bout du chemin cette fois. Qui sait vers quoi cet être lumineux me mène. Cependant une chose est sûre les livres ont été importants pour moi de mon vivant, ils m'ont fait vivre de nombreuses vies.
Une fois celle-ci finie ils sont encore là à m'apprendre sur moi et sur les autres.
Où que j'aille dorénavant ils seront toujours présents, je le sais , je le sens.


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MessageSujet: Re: Défi n°1 : les textes   Lun 30 Juin - 16:05

 study Tu souris-texte de Maliae study 

Maliae préfère un avis simple .

Maliae a écrit:


Tu souris.

Un sourire mensonger, un sourire faux. Tes lèvres s’étirent vers le haut, figées dans cette position. Et je te regarde sourire, et je me demande « qu’est ce que tu caches ? », « qu’est ce qui te fait sourire comme ça ? ». A quelle blague peux-tu penser à cet instant précis ?
Ce n’est pas comme si je ne t’avais jamais vu sourire, mais aujourd’hui ça sonne tellement faux que j’ai envie de te frapper pour te l’enlever. De pincer tes joues jusqu’à ce que tes lèvres descendent vers le bas dans une moue triste et déçue.
Je sais que tu mens, je le sais quand je regarde le reste de ton visage, quand je fixe tes yeux, et quand je regarde autour de toi, les gens entrain de pleurer. Tu ne peux pas sourire alors que tout le monde est si triste, tu n’as tout simplement pas le droit.
Tu essaies simplement d’être fort, moi aussi j’essaie d’être fort, il n’y a pas de honte à cela.
A moins que tu ne sois entrain de te moquer de nous, tu penses « quelle bande d’idiots, pourquoi est ce qu’ils sont tous aussi tristes ? Ils devraient plutôt fêter la vie, sauter, galoper, ils devraient en profiter tant qu’il est encore temps. »
Comment est ce que je pourrais deviner ce qu’il se cache dans ta caboche tandis que tu fermes les yeux ? Tu souris et tu es bien le seul. Donne moi ton secret, dis moi comment tu fais ? Je ne suis pas sûr de pouvoir sourire à nouveau un jour, même pas en faisant semblant, même pas pour de faux. Quelle force mystérieuse étire tes lèvres en direction de ton front ?
J’aimerais que tu me le dises. J’aimerais que tu me regardes et m’expliques.
Tu commencerais ta phrase comme un grand sage : « mon fils, apprends… », et tu me donnerais la réponse que j’attends. Alors je comprendrais mieux. Je comprendrais tout. J’étirerais peut-être mes lèvres jusqu’au ciel, dans un sourire qui en serait vraiment un.
Pas une mimique comme le tienne, pas comme ce mensonge étalé sur ton visage.
Allez répond moi. Répond moi.

Maman vient de me dire qu’il est temps. Je dois te laisser. Toi et ton faux sourire. Je dois te laisser maintenant. Je dois te laisser pour toujours.

C’est le moment de te relever et de m’avouer que tout ceci n’est qu’une affreuse blague, que ton sourire montre bien qu’il y a une caméra caché quelque part, que ta crise cardiaque n’était qu’une simulation pour me faire un peu peur, pour nous rendre un peu triste. C’est bon, ça a marché. Alors ouvre les yeux et sourit pour de vrai.

Les pompes funèbres referment le cercueil. Ils emportent avec eux ton sourire abominable et ton corps qui ne bougera plus jamais, ils emmènent ton secret.
Et je me retrouve seul. Sans toi. Papa.

Fin.


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MessageSujet: Re: Défi n°1 : les textes   Mar 5 Aoû - 17:50

study Au bout du tunnel, texte de Ateastudy 

Atea préférerait un avis détaillé, sans modification de texte ou de reformulation de phrases (merci de respecter son choix  Wink 

Atea a écrit:
Au bout du tunnel...


Je m'appelle Juliette. J'ai trente ans. Ceci est mon testament.


Quoique je n'ai pas grand chose à léguer en fait. Quoique je ne connais pas l'aspect légal de la chose. Y'a bien un appartement, une voiture et deux ou trois babioles, mais le lot est forcément attribué à mon conjoint. Mon conjoint qui pourra récupérer ma part, ma place pour pouvoir faire siéger un jour prochain, son élue du moment… Elle attendait sagement dans l'ombre. Mais la fin est proche. Voilà une semaine que je suis passée de l'autre côté. Que je suis passée au placard. Vous savez ce placard où l'on range les choses qui ne servent qu'à l'occasion. Ce placard que l'on ouvre lorsque l'on n'a rien à faire d'autres et que l'on fait mentalement la liste des options qui s'offrent à nous. On ouvre ce placard, et l'on choisit. Voilà, où je suis maintenant. En fait, cela fait six mois que j'y suis dans ce placard, mais à peine une semaine que je le sais. Je ne sais pas ce qui est le pire. Être une option et s'en rendre compte, ou bien être une option et l'ignorer. Je ne sais pas quel état je préfère. Aucun des deux probablement… Mais, il n'y a pas de deuxième scénario possible. Non.


Ainsi, dans ce testament, je pourrais y laisser toutes ces autres choses qui ne sont pas matérielles. Ce qui faisaient de moi ce que j'étais. Ce qui fait de moi, ce que je suis devenue. Ces mêmes choses qui ne me retiennent même plus à la vie. Autant de choses qui peuvent paraître si stupides pour des yeux extérieurs. Sauf que je m'en fous, je ne laisserais qu'une part de sensibilité en héritage à ceux qui liront ces quelques lignes. Peu m'importe ce que vous garderez comme image de moi en fait, je sais ce que moi j'ai envie de vous laisser.


Chaque jour, je choisissais ce masque de circonstance. Vous savez, celui avec un grand sourire. Celui que vous surnommiez "Le rayon de soleil". Vous voyez, ça vous parle. Vous le revoyez ce visage. Chaque jour, je l'appliquais soigneusement et ne l'enlevais qu'une fois à l'abri de vos regards. Certains ont cru apercevoir des ombres sur mon visage. L'espace d'un instant, une micro-seconde, vous pensiez percevoir ce voile. L'instant d'après, je vous persuadais du contraire. Toutes les excuses étaient bonnes, et il faut bien avouer que, si je n'ai jamais fait de théâtre, je pouvais être une excellente comédienne… Une professionnelle de l'apparence. J'ai connu suffisamment de personnes et d'émotions, j'ai assez observé les personnes autour de moi pour y capter ce trait d'expression, cette phrase, ce tic. Toutes ces choses pour rendre mon personnage convaincant, pur et vrai, à vos yeux en tout cas. J'ai su vous manipuler. Oui. C'est dur à encaisser cette phrase hein… Je choisissais ces moments d'apparente fragilité. Je choisissais leur durée, leur impact, et la façon de m'en sortir pour que vous soyez admiratif de cette force. Tout cela dans un but. Dans un seul but. Vous manipuler pour que vous ne vous rendiez jamais compte du moment où je sombrerais vraiment. Et personne ne pourrait me retenir. Je vous assènerais un coup magistral. Vous iriez tous de votre petite anecdote, de votre ressenti. Vous analyseriez la moindre de mes paroles, le moindre geste. Vous pensiez peut-être me connaître mais vous vous retrouvez là, surpris, décontenancé peut-être.


Mais là, par la présente, vous vous rendrez simplement compte que j'ai toujours été fragile, brisée, fêlée et que vous n'aviez aucune maitrise, aucune idée de ce qu'il s'y passait. Vous pensiez que vos sourires ou vos paroles, étaient réconfortants. Je vous en donnai l'illusion et vous vous sentiez ragaillardi, vous vous sentiez important, bienveillant et votre estime fleurissait un peu plus. Vous vous faisiez du bien et n'était-ce pas ce qu'il comptait en fait? Il n'en était rien. Ce n'était que des pansements. Mais vous ne pouvez pas vous en vouloir, j'étais consciente de ce que je faisais. Je m'enterrais. Je creusais minutieusement ma tombe. Et tout ce qui s'est passé ces derniers temps sont simplement les meilleurs coups de pelle. Mis à part, que je les ai reçu sur la nuque. Au point exact où la tête rejoint le corps. Au point exact où les rêves se confrontent à la réalité.


Je croyais en beaucoup de choses. Non parce que c'est bien de le dire, parce que cela paraît optimiste. Non je croyais vraiment profondément en la bonté, je faisais une confiance aveugle en l'Homme. J'étais convaincue que nous pouvions tous rendre quelques personnes heureuses et que cela contaminerait le reste du monde. J'en ai fait mon métier. J'en ai fait l'essence de ma vie. Je me suis lancée à corps et à coeur perdu dans ces valeurs. Je les ai investies au plus profond de moi-même. J'ai fait ce pour quoi j'étais née. Cela tourne un peu mystique vous direz. Mais cela n'a rien à voir. Aucune entité ne m'a insufflé cela, je l'ai juste senti depuis très longtemps. J'ai juste senti que je voulais guider les personnes pour qu'elles avancent vers le chemin qui était le leur. Qu'elles se libèrent de fardeau, qu'elles vivent leur vie pleinement. J'aurais aimé savoir que quelqu'un pensait à moi quelque part, que j'avais changé le cours de son existence. C'est égoïste, n'est ce pas? Mais, je crois que j'aurais eu besoin de me dire que je n'étais pas venue sur terre pour rien et que j'avais fait un peu de bien. Mais il est trop tard pour tout ça. J'aurais aimé savoir que quelqu'un regrettait de me laisser partir. J'aurais aimé beaucoup de choses.


J'aurais aimé ne pas devenir une option dans le coeur et dans les yeux de celui que j'aime. Celui en qui j'avais une confiance aveugle, celui dont je connais les souffrances, celui avec qui je partageais bien plus qu'avec n'importe qui. Un amour, un ami, un amant. Il était tout à la fois. Je dépendais de lui. Il était mon dernier rempart. Il ne le sait pas, je n'ai jamais voulu mettre une telle pression à quelqu'un. Surtout pas à lui. Enfermer l'être que j'aime, aurait été la pire chose pour moi qui souhaitait libérer autrui. Alors, j'ai mis un pansement sur chaque coup de lame qu'il pouvait m'infliger. Des lames aiguisées mais anarchiques. Ses propres colères, destructrices pour lui autant que pour moi. Dans les grands et petits moments, mais toujours avec moi. L'on me disait qu'il était apaisé avec tel ou tel autre pote. Il n'était pas plus apaisé avec les autres, non. C'est juste qu'il savait que les autres ne recevraient pas ses colères autant que moi, ne les accepteraient pas. Alors il mettait un pansement lui aussi, et l'arrachait avec moi. Les autres filles peuvent bien lui prendre du temps, peuvent bien goûter à ses lèvres, voler des parties de son coeur. Elles ignorent la souffrance qu'il a au fond de lui. Il n'en a même pas conscience, il refuse ce que je lui dis. Il a raison. Ce n'est pas à moi de lui dire. Tout ce que je voulais, c'était son bonheur.


Mais pas au point d'accepter qu'il me trompe… Pas au point d'accepter d'être trahie par Lui. J'ai perdu ce que j'avais de plus cher. La confiance. J'ai perdu ce qui soude, j'ai perdu ce qui me caractérise. La confiance. La foi. Je suis comme écorchée vive, j'ai perdu mon essence. J'ai perdu ce que j'étais. Et je peux enfin faire tomber ce masque. Il n'y a plus d'image, il n'y a plus de profondeur. Il n'y a plus rien et je n'aurais pas besoin de me justifier, je n'aurais pas besoin de répondre à vos coups de fil, je n'aurais pas besoin de répondre à vos messages. Vous n'imaginez pas le soulagement que je ressens. Vous n'imaginez pas le bien-être qui m'envahit. Je suis libre de tout ça. Je vole enfin vers d'autres cieux. Je m'échappe enfin de cette carcasse trop petite pour moi. J'ai l'impression d'être John Coffey, en moins imposante, en moins colorée aussi, en moins masculine. Ces derniers évènements ne me rendent plus malheureuse, ils me permettent de faire un choix. Le seul qui me rend heureuse. Au bout du tunnel, la lumière blanche m'attend et m'attire...


J'aurais dû commencer par une autre formule. Un deuxième essai tant que je peux encore.


Je m'appelle Juliette. J'ai trente ans. Ceci est ma lettre d'Adieu.

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