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 [Editeur] Les éditions Artalys

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ninik

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MessageSujet: Re: [Editeur] Les éditions Artalys   Lun 25 Mai - 8:10

La Mouche d'Eléonore, de Marie Laurent

Critique de ChocolatCannelle

Après avoir lu le court roman Deux nuances de brocoli, j'avais très envie de découvrir d'autres textes de Marie Laurent. Le partenariat du forum Au coeur de l'imaginarium et des éditions Artalys m'a permis de découvrir un roman sentimental, La Mouche d'Éléonore. Merci au forum et à la maison d'édition ! Et merci à l'auteure qui écrit une fois de plus un texte de qualité. Un texte captivant.
La Mouche d'Éléonore revisite Les Liaisons dangereuses de Laclos. Mêmes noms de personnages ou presque, jeux de séduction et de pouvoir, manigances, pièges, vengeance… et amour aussi !
L'histoire se déroule dans une ville nommée Choderlos (en référence à Laclos bien sûr). Éléonore est une jeune femme effacée, amoureuse de Fabien, qui ne se soucie guère d'elle. Pire, il la plaque le jour de l'anniversaire de leur couple pour une autre femme qu'il compte épouser. (Le début du roman est assez cocasse et le lecteur ne prend guère en pitié la pauvre fille, trop crédule, qui vit dans l'ombre de son petit ami.) Or, Fabien travaille dans le même journal qu'elle. Éléonore devra faire bonne figure dès le lundi matin. Pour se changer les idées, elle se rend à une exposition artistique sur le siècle des Lumières. L'élégance des femmes de cette époque, leurs toilettes, leurs coiffures l'interpellent. Mieux, l'inspirent. Notamment cette coquetterie dont elles parent leur visage : la mouche. Éléonore choisit alors de coller une mouche sur son propre visage. Tout change alors en elle, aussi bien physiquement que mentalement. Cette transformation lui donne une assurance nouvelle.
« D'habitude, j'appréhendais la confrontation avec les vendeuses de prêt-à-porter, mais la mouche collée à ma joue me donnait de l'assurance, me conférait un pouvoir d'essence magique. » p. 12/90
Elle est Éléonore Merteuil et ne s'en laissera plus conter par les hommes. Seulement, elle est encore une jeune femme qui rêve d'amour…
La transformation du personnage est un point clé du roman. Assez subite, cette métamorphose n'est cependant pas totale, puisqu'une part de son caractère ne peut s'effacer (ni toutes ses réactions physiques, puisqu'elle rougit facilement et dissimule autant qu'elle le peut cette marque de faiblesse).
« Une nouvelle Éléonore allait renaître sur les cendres de l'ancienne : plus dure, plus déterminée, maîtresse de ses émotions. » p. 26/90.
Tout le roman va jouer sur la dualité du personnage : fleur bleue, mais aussi dorénavant manipulatrice. Elle jette Valmont dans les bras d'une autre, car elle sait qu'elle ne se l'attachera qu'en montrant son indifférence. Seulement, tout ne se déroule pas comme elle le prévoit. On ne manipule pas les sentiments d'autrui sans heurts…
J'ai bien aimé le travail de sape qu'Éléonore entreprend auprès de Sabrina (qui joue le rôle de Sophie de Volanges), son discours persuasif. L'hypocrisie devient une seconde nature pour ce personnage qui ne savait auparavant feindre.
L'accessoire de la mouche se laisse oublier dans le cours du roman, mais influence (en bien ? en mal ? Rien n'est jamais ou tout blanc ou tout noir !) le comportement d'Éléonore. L'auteure s'amuse à réutiliser le mot dans des expressions, joue de sa polysémie. La mouche devient l'image de l'insecte, et de proie devient prédateur, en se muant en araignée, par exemple. Cette mouche se fait donc oublier, jusqu'à la fin du roman, qui se clôt lorsque l'accessoire esthétique est ôté.
La fin du roman est assez brutale. On regrette presque que le personnage principal ait perdu son côté machiavélique et que le couple Merteuil/Valmont qui a tant joué au chat et à la souris (chacun jouant les deux rôles) ne poursuive plus sur cette voie. Mais il faut bien une fin et celle qui est proposée, aigre-douce, conclut parfaitement le récit.

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MessageSujet: Re: [Editeur] Les éditions Artalys   Dim 14 Juin - 9:05



La Planète des femmes, d'Erika Sauw





À sept cents années-lumière de la Terre, autour d’une étoile rouge, gravite une planète dont les habitants ressemblent trait pour trait aux êtres humains. Les femmes y sont d’une beauté surnaturelle. Comme elles ont beaucoup de loisirs et ont un tempérament très chaud, le sexe est leur passe-temps favori. Elles apprécient particulièrement les hommes de la Terre, surtout ceux que la nature a pourvus d’une imposante virilité. C’est ce qui vaudra à Mathieu, jeune homme bien membré, d’être « invité » chez elles. Il en sera ravi mais devra apprendre à obéir à sa maîtresse Kaenima, car ce sont les femmes qui détiennent l’autorité. Il découvrira aussi certains aspects plus sombres de cette planète, où il n’y a pas que la végétation qui est noire.


  • Genre : érotisme

  • Nombre de pages : 53

  • Format : numérique





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MessageSujet: Re: [Editeur] Les éditions Artalys   Dim 14 Juin - 9:08

La Planète des femmes, d'Erika Sauw

Critique d'Aelynah

Mathieu se considère comme un mec plutôt bien foutu, à tous niveaux. Il se sert des femmes comme d’un kleenex, les prend, les utilise et les jette sans aucun remords. Le viol ne semble même pas lui faire peur pour assouvir ses désirs de mâles.
Ce soir-là en boîte il est heureux d'avoir réussi à entraîner dehors la petite nana qu'il branchait et escompte bien lui faire « voir le loup », avec ou sans son accord. C'est d'ailleurs en bonne voie lorsque survient un événement dont il n'aura aucun souvenir mais qui va changer sa vie.

A son réveil tout est différent. Il est nu, pleinement excité sans trop savoir pourquoi et entourée de femmes à moitié dévêtues. Rêve ou réalité ?

Il vient d'être enlevé par des créatures d'une autre planète : Gamma Pictoris, à des années lumière de la Terre. Ces êtres humanoïdes sont pour la plupart des femmes et  Keanima, sa kidnappeuse lui explique clairement que dorénavant il est son esclave et devra assouvir tous ses désirs sous peine de punitions douloureuses.
Il va s’en rendre compte rapidement

Il a été choisi pour la taille imposante de sa verge et sur le moment l’idée d’avoir été enlevé pour baiser des femmes splendides le fait se rengorger de fierté et de joie.
Le Terrien qu’il est y voit un signe de supériorité là où Keanima n’y voit qu’une marchandise un peu mieux fournie que les autres.
De fait, les premiers jours le rendent plutôt content de son sort. Toutes les femmes sont belles, et surtout,  elles vivent nues. Il peut se rincer l'œil à tout va et faire l'amour avec Kaenima et ses filles et même, si elle souhaite, le "prêter», avec ses amies.

Pourtant derrière toute cette vie facile pour lui semble planer un danger.
Car que lui adviendra-t-il lorsqu'il ne leur sera plus utile? Les pannes, ça peut arriver à tout le monde sur Terre, mais sur cette planète cela semble être rédhibitoire à la survie du concerné.

Petit à petit il va donc se rendre compte de son rôle d'esclave, de soumis, de jouet sexuel, de sex-toy humain.
Ce qui aurait pu être excitant (à petite dose) pour l’homme qu’il était avant, est ici la norme pour les mâles enlevés sur Terre.
Car seul le plaisir de la femme compte.
Finies les fellations ou autres gâteries pour son plaisir à lui !

« Tu aimes sucer ? demanda Mathieu.
- Sucer quoi ?
- Ben … Les bites.
-[…]
- Je ne vois pas pourquoi j’aimerais. Ca ne m’apporterait rien.
- Ca fait plaisir à l’homme.
- Mais c’est mon plaisir qui compte, ce n’est pas le tien.»


Les jours passent et se ressemblent, il visite, fait les tâches qui lui incombent et ainsi de suite. Il en apprend un peu plus chaque jour sur cette planète grâce à Keanima ou aux informations télévisées.
Il semble être tombé sur une bonne « maîtresse » puisqu’elle le laisse manger à table même si ce sont les restes, et ne le maltraite pas trop. Elle semble même le considérer comme faible et fragile et donc se retenir de lui infliger des sévices trop brutaux. A la manière dont elle l’avait mis à genou à son arrivée sans aucune difficulté, Mathieu a pu se rendre compte que sur cette planète il ne fallait pas se fier aux apparences.

Et puis arrive le jour où Keanima décide de lui montrer les hommes de sa planète et le rôle unique qui est le leur : la fécondation.
Ce que Mathieu découvre ce jour-là va lui ouvrir les yeux et changer sa vision de ce monde.
Car même s’il s’agit d’un monde de femmes, gouverné par des femmes pour leur seul plaisir, il n'est ni exempt de violence ni de guerre et le modernisme y côtoie les inégalités les plus flagrantes.
Ici les hommes sont traités comme du bétail et les conséquences de leur désobéissance sont la mort de l'individu ou au minima de grandes douleurs.
Mathieu, l'homme imbu de lui-même et profiteur de base, va expérimenter le revers de la médaille et ainsi, à son grand désarroi, l'humiliation d'être considéré comme quantité négligeable.
Lui, si fier de ses prouesses, va ressentir le doute et enfin la peur face à ces femmes insensibles et brutales.

C'est un roman très court qu'Erika Sauw nous a mis là entre les mains et j'avoue ressentir un avis mitigé une fois la dernière page tournée. Peut être suis-je trop fleur bleue pour cette civilisation féministe et matriarcale?

Cependant la plume de l’auteure et les descriptions de cette planète si différente de la nôtre m’ont tout de même permise de m’y transporter et d’en apprécier les décors de science-fiction. L’imagination est pleinement dirigée et les images semblent se créer sous nos yeux à la lecture de ses mots.
Les scènes érotiques sont bien écrites et sans fioritures superficielles. On y découvre le plaisir brut de ces femmes pour qui les préliminaires sont inutiles et dont la jouissance semble être innée.
Le lecteur va ressentir  l'excitation de Mathieu au début de cette aventure face à toutes ces femmes qui semblent le désirer et vouloir l'utiliser. Un fantasme qui peut plaire à nombre d’entre vous, messieurs.
Puis on suit aussi son évolution de pensée et la remise en question de ce qu'il était face à cette situation inversée.

La fin que je n’ai pas vu venir ainsi m'a prise par surprise et les explications qui ont défilé dans ma tête à la lecture du dernier chapitre me semblaient trop aberrantes pour être réelles. Une seule pensée alors : « non !?! Elle n’a pas osé ? »
Alors quand j'ai lu noir sur blanc que mes idées les plus glauques et sordides prenaient vie sous la plume d'Erika, j'ai eu un moment de flottement, de léger dégoût face à cette scène qui n'est pas sans me rappeler une autre scène aussi dérangeante pour moi, appartenant au film Hannibal, de Ridley Scott.
Car le final est osé, choquant et risque d’en gêner plus d’un aux entournures, mais en même temps presque logique au vu du reste de la lecture.

C’est donc une lecture pleine de surprise qui ne plaira peut être pas à tous mais qui a le mérite de ne pas laisser indifférent. Que l’on soit adepte ou non la plume d’Erika Sauw, elle va nous emmener avec elle vers ce final percutant.

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MessageSujet: Re: [Editeur] Les éditions Artalys   Mar 16 Juin - 8:52



Orgie en mer, d'Erika Sauw





Franck est un homme d’affaires en vacances sur la Côte d’Azur, fortuné comme il se doit, séducteur et ne dédaignant pas la compagnie des femmes. Il rencontre Amélie, une très belle demoiselle, dévergondée au comportement provocateur. Elle se donne immédiatement à lui. Il lui propose alors de participer à une partie fine qu’un milliardaire, Jérôme Guyot, organisera sur son yacht le lendemain, dans le plus grand secret. Fasciné par elle, il fait l’impasse sur le mystère qui entoure cette femme.


  • Genre : érotisme

  • Nombre de pages : 73

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MessageSujet: Re: [Editeur] Les éditions Artalys   Mar 16 Juin - 9:01

Orgie en mer, d'Erika Sauw

Critique de ninik

En ce qui concerne l'érotisme, deux écoles semblent s'affronter : les auteurs répondant à des appels à texte qui les inspire, et ceux qui se bâtissent un univers cohérent au fil de leurs histoires. Bien entendu, les appels à texte ne sont pas propres à l'érotisme, et nombre d'auteurs arrivent, en prenant le sujet demandé, à le modeler pour l'incorporer à leur imaginaire, ou en y glissant leurs interrogations, leurs fantasmes ou autres.
Cependant, en ce qui concerne Erika Sauw, difficile de penser qu'elle pourrait se forger son univers à travers un appel à texte, tant ses influences sont foisonnantes et, soyons honnêtes, atypiques dans l'érotisme pur actuel (il surprendrait moins au Japon, où les films ont souvent mêlés de violence, viol, et sexualité). S'il fallait rechercher des influences à l'auteure, il faudrait plonger dans le bis italien des années 80, où érotisme et horreur se mêlaient aisément (bien que l'horreur soit en général plus présente), pour le bonheur des amoureux du cinéma d'exploitation. Ainsi, difficile de ne pas penser, en lisant son Dieu pervers, à des films comme Emmanuelle et les derniers cannibales, par exemple.
Bien entendu, surfer sur ce genre d'ambiance, entre horreur gore et sexualité débridée ne peut faire l'unanimité (et, j'ajouterais que c'est tant mieux). Forcément, les âmes sensibles ne peuvent qu'être choquées, et les accusations de cautionner le viol, par exemple, peuvent pleuvoir. Erika Sauw œuvre cependant dans des ambiances suffisamment éloignées de la réalité pour éviter cet amalgame.
Ainsi, pour quelqu'un étant sensible à son univers, chaque nouvel ouvrage de l'auteure est un plaisir, seul l'Amant de mes rêves m'ayant, pour l'instant, quelque peu déçu, de par l'envie flagrante de l'auteure, à travers ce texte, à essayer de plaire à tout le monde, sans vraiment y parvenir.
Orgie en mer arrive donc, laissant penser, via ce titre et cette couverture, à un petit texte récréatif, une histoire simple et pleine de sexe sauvage entre deux récits plus creusés. L'amateur de son œuvre, cependant, s'était déjà laissé avoir avec son Camping sauvage qui, derrière le récit d'un couple allant faire l'amour dans la nature, parlait de créatures surnaturelles, de meurtres et autre. C'est donc sans surprise qu'Orgie en mer brasse de l'horreur et de la science-fiction tout autant que de l'érotisme.
D'ailleurs, par bien des côtés, Orgie en mer peut être vu comme une version féminine (voir féministe) de Zone d'expérimentation sexuelle, son premier ouvrage. Dans celui-ci, une jeune femme répondait à une annonce qui la conduisait au sein d'une secte (il serait dommage d'en révéler la nature exacte pour les lecteurs n'ayant pas découvert l'ouvrage) à la recherche de femmes aimant particulièrement le sexe.
Orgie en mer suit un homme riche, rencontrant une jeune femme à la beauté inoubliable, qui recherche des hommes bien membrés. Fasciné, il va l'aborder, et ils se retrouveront rapidement à faire l'amour dans sa chambre d'hôtel. L'homme découvre qu'il aimerait bien que cette jeune femme devienne plus qu'un coup de quelques soirs, mais la demoiselle paraît bien plus intéressé par sa recherche de gros sexes que par l'amour. Aussi, notre héros décide de l'emmener dans la partie fine qu'un ami organise sur son yacht. Derrière ce postulat, de prime abord très simple, la plume d'Erika Sauw, toujours aussi belle, décrit des jeunes femmes sublimes et, quand elle s'intéresse aux actes sexuels, elle enflamme le lecteur comme peu d'auteurs d'érotisme savent le faire. Toujours est-il possible de reprocher des dialogues un peu trop abrupts par moment, et des personnages acceptant un peu trop facilement le côté fantastique de l'histoire. C'était déjà le cas de Zone d'expérimentation sexuelle, et est peut-être dû au format un peu court de l'histoire.
La séquence gore d'Orgie en mer n'est peut-être pas, elle-aussi, justifiée, car si l'héroïne est bien une combattante, elle fait preuve, à ce moment là, d'une sauvagerie assez extrême. Cependant, l'amateur de gore ne pourra qu'apprécier la description de la scène, et qu'aimer ce débordement de violence (ce fut mon cas) lors de cette unique scène sanglante. Et après tout, les plans nichons des films d'horreur n'ont rarement d'autres buts que de plaire au spectateur, donc pourquoi être dérangé de ressentir cette impression vis-à-vis de ce moment d'une violence rare ?
Ainsi, le récit s'articule sur une grosse part de sexe dans sa première moitié, et d'un moment de violence pur, qui ouvre la porte à la partie science-fiction de l'histoire. Cependant, planant sur le récit apparaît une grosse dose de romance. Notre héros, coureur de jupon, s'aperçoit que l'étrange jeune femme est celle qui lui faut et, au fil du récit, la demoiselle découvre qu'elle ne considère pas son partenaire simplement comme un gros sexe et un moyen d'attendre la partie fine, où elle pourrait essayer d'autres membres. Ce besoin d'amour et de romantisme des protagonistes surprend un peu plus, et le lecteur peut se demander si l'écriture de l'Amant de mes rêves n'a pas donné envie à Erika Sauw d'ajouter une touche de romance, de quête de l'être aimé, dans ses œuvres. C'est donc une autre preuve que chaque nouveau récit de l'auteure est une pierre à l'édifice de son univers créatif, d'une rare cohérence, d'une grande sensualité, mais aussi brassant des influences qui pour beaucoup seraient antinomiques, mais pourtant se marient à la perfection.
Orgie en mer est ainsi une œuvre diablement excitante (et le mot est faible), magnifiquement écrite, entre sexe sauvage, orgie, mais aussi meurtre sanglant, et au final des plus surprenant, nouvelle preuve qu'Erika Sauw est une auteure qui mérite vraiment d'être suivie.

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MessageSujet: Re: [Editeur] Les éditions Artalys   Jeu 18 Juin - 9:27

La Planète des femmes, d'Erika Sauw

Critique de ninik

Erika Sauw, auteure d'érotisme atypique, a déjà fait quelques – courtes – séries littéraires. Il est possible de citer Le Royaume de la forêt, en deux tomes, ou Compromission, en trois. Cependant, ses ouvrages sont souvent reliés entre-eux par les mêmes influences et thématiques, construisant un univers foisonnant et cohérent, entre fantastique, horreur, science-fiction et, bien évidemment, érotisme, l'auteure arrivant diablement à construire une ambiance moite et excitante qui nous saisit durant toute la lecture
Cependant, avec La Planète des femmes, elle agit de manière inédite : elle positionne son récit dans le même monde qu'Orgie en mer. Bien qu'une suite de ce dernier soit promis, La Planète des femmes n'a aucun lien scénaristique avec Orgie en mer, mais prend la même race de protagonistes : les Pictorisiennes, Amazones de l'espace adeptes du sexe sauvage et des guerres sanglantes.
Pourtant, La Planète des femmes se révèle être l'opposé total d'Orgie en mer puisqu'ici, un homme se fait enlever dans les premières pages, et emmener sur la fameuse planète, pour servir d'esclave sexuel (alors qu'Orgie en mer se passait entièrement sur Terre). L'homme, Mathieu, était en train de montrer son sexe démesuré à une jeune femme, dans une ruelle, et s'apprêtait visiblement à la violer. C'est ainsi que nous allons suivre l'évolution d'un protagoniste assez détestable mais aimant le sexe, et qui va devoir apprendre à se comporter avec obéissance, tout en cherchant des moyens d'assouvir certains plaisirs qu'il ne peut plus pratiquer dans son nouvel habitat : la sodomie et la fellation.
En cela, Erika Sauw est intelligente et prend à contre-pied l'imagerie déployée dans le porno, où les femmes semblent prendre beaucoup de plaisir avec ces pratiques, mais qui, finalement, sont surtout là pour faire plaisir à l'homme. Ce dernier étant ici esclave, elles n'éprouvent aucune envie d'agir de la sorte, puisque le plaisir masculin n'est absolument pas pris en compte. L’égoïsme de certains hommes en matière de sexe est ainsi retourné, et cela se révèle assez amusant.
Sorti de cela, l'histoire est assez simple et fait penser à une version féminine (ou Amazone) du cycle de Gor, de John Norman (où un Terrien se retrouvant sur une planète très heroïc fantasy, où les femmes peuvent légalement transformées en esclaves, certains marchands allant même sur Terre collecter de la « marchandise »), mais le format court de l'histoire oblige à aller assez vite. Erika Sauw alterne séquences de sexe, et moments de pauses, durant lesquels notre héros en apprend plus sur le monde où il réside, via quelques discussions ou grâce à la télévision. Erika Sauw essaie de rendre la planète crédible, justifiant les différences entre ce monde et la Terre et, même si elle ne s'étend pas trop (encore une fois, le récit est très court), on ne peut que saluer son envie de rendre vivant et cohérent l'univers dépeint. Elle en profite pour décrire quelques séquences guerrières via des reportages télévisés, décrivant longuement des scènes horribles et pleine de sang, pour le plus grand plaisir des amateurs de récit horrifique.
Au niveau du sexe, comme toujours, la plume d'Erika Sauw, particulièrement belle de manière générale, se fait crue sans être vulgaire, et ne peut qu'exciter, tant ces moments enflamment l'imagination.
Au final, Mathieu commettra visiblement une erreur (du fait de sa personnalité détestable) et sera amené à découvrir comment les femmes pictorisiennes s'accouplent avec leurs hommes. Cela conduira au final du roman, qui ne peut laisser indifférent. Jusqu'auboutiste en diable (je ne peux le révéler mais elle explique bien plus la séquence gore d'Orgie en mer qui paraissait, lors de ma lecture, peu justifiée), il choquera ou emballera au plus haut point, selon la sensibilité du lecteur. Pour ma part, c'est les yeux écarquillés et un grand sourire aux lèvres que j'ai lu cette hallucinante conclusion.
La Planète des femmes est une nouvelle preuve que la plume d'Erika Sauw est complètement à part dans le monde de l'érotisme. On ne peut que l'adorer ou la détester (difficile d'être mitigé face à ses prises de risques). Pour ma part, étant sensible à ses influences, partageant son goût pour l'horreur la plus totale, aimant laisser sa plume enflammer mes sens, je ne peux qu'adorer son œuvre, et tout particulièrement ce récit.

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