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 [Editeur] Rivière Blanche

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ninik

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MessageSujet: [Editeur] Rivière Blanche   Dim 22 Juin - 10:04



Rivière Blanche




Le 1er septembre 2004, la société de droit californien Hollywood Comics qui, sous le label de Black Coat Press, édite, depuis septembre 2003, aux Etats-Unis, des romans fantastique et de science fiction francais, traduits en anglais sous la direction de Jean-Marc & Randy Lofficier, dont des titres de Guy d'Armen, Aloysius Bertrand, Jean-Claude Dunyach, Paul Féval, Arnould Galopin, Maurice Leblanc, Gaston Leroux, Xavier Mauméjean, Villiers de l'Isle-Adam, Philippe Ward, etc., lançait un nouveau département, baptisé Rivière Blanche, dont la fonction était d'éditer des romans de science-fiction et/ou de fantastique français en français.

Rivière Blanche publie des manuscrits dans l'optique résolument nostalgique des années 1970. Les maquettes de couverture de nos collections ont été d'ailleurs volontairement conçues en tant qu'hommages aux anciennes collections "blanche" et "bleue" d'Anticipation et "noire" d'Angoisse du Fleuve Noir, indiquant par là même nos choix éditoriaux.

On notera que le site RIVIERE BLANCHE, ainsi que son forum, crées et administrés par Hollywood Comics, société à responsabilité limitée sise dans le Comté de Los Angeles, Californie, domiciliés sur des serveurs également situés à Los Angeles, sont EXCLUSIVEMENT régis par, et soumis à la seule loi des Etats-Unis d'Amérique et de l'État de Californie, et à la seule compétence des Tribunaux du Superior Court du Comté de Los Angeles ou de l'U.S. District Court du Central District de Californie.



  • Site : http://www.riviereblanche.com/

  • Facebook : https://www.facebook.com/riviereblanche?fref=ts



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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Ven 18 Juil - 18:55



Les Parias de l'Espace (Hoshikaze 2250 - 1), de Philippe Halvick





Quand un Volerocher, un Changeforme et un Marionnettiste, trois des espèces les plus redoutées de la Galaxie s'allient fortuitement dans une aventure improbable à travers l'espace, cela fait des étincelles parmi les autres peuples.

Si séparément ils provoquent la répulsion et la haine, ensemble, ils vont devenir LES PARIAS DE L'ESPACE...



  • Genre : science-fiction

  • Nombre de pages : 260

  • Format : papier






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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Ven 18 Juil - 18:56

Les Parias de l'Espace (Hoshikaze 2250 - 1), de Philippe Halvick

Critique d'Illion

Nous voici en partance pour un voyage spatial à l'humour acerbe et décapant, mettant en perspective la notion de différence. Le récit se fait à trois voix avec les trois héros. Nous percevons ainsi leur mode de pensées et leurs réactions face aux situations qui surviennent et dans lesquelles ils ont invariablement le "mauvais" rôle même quand ils n'y sont pour rien.

Ces trois héros n'ont strictement rien en commun si ce n'est :

- leur espèce respectives est crainte de toutes les autres et plus ou moins marginalisée.

- nos "héros" sont eux-mêmes plus ou moins des marginaux dans leur propres espèce.

Je parle de héros mais il serait plus approprié d'utiliser le terme "anti-héros" car aucun des trois personnages principaux n'a sciemment choisi sa voie vers les Parias.

En terme de scénario il se passe à la fois beaucoup de choses et très peu. Très peu parce que l'auteur a choisi de placer le cadre dans l'espace et que les personnages se déplacent dans les galaxies en passant par des points de saut très éloignés les uns des autres. La notion d'attente y est très importante. Beaucoup parce que la narration des personnages se concentre sur les événements importants en occultant complètement les périodes d'attentes de saut. Les chapitres sont donc très courts mais régulièrement ponctués d'ellipses temporelles plus ou moins longues.

J'aime le côté barré du livre. En soi le scénario peut paraître maigre, bien que mené à un rythme trépidant. Mais au final le côté jouissif de ce livre réside dans la construction des personnages et dans la découverte qu'ils font les uns des autres pour s'apercevoir pas si différents malgré ce qui les sépare. C'est aussi une dénonciation en creux de ce que j'appelle le "diktat des apparences" : une apparence, une culture, un mode de pensée ou une façon de vivre trop éloigné(e) de la notre et de ce qu'on considère comme socialement acceptable nous pousse à rejeter les autres sans chercher à les comprendre. Ma la Marionnettiste le dit dans son récit : son espèce et une autre plus ou moins proche des lézards cherchent à rentrer dans une alliance intergalactique. Les lézards ont une très mauvaise réputation mais ils sont acceptés bien plus facilement que les Marionnettistes (sorte de raies-vampires), qui sont contraints "d'habituer les autres à [leur] présence". Si on se sent obliger d'habituer son interlocuteur à sa présence c'est comme si cet autre en face de moi niait mon existence et cela ne devrait pas exister. Je trouve que, sous couvert de l'humour, cette idée est admirablement mise en place.

Au final, sans être absolument transcendant ni édifiant, Les Parias de l'Espace est une agréable surprise qui se lit vite et bien et que je recommande chaudement ^^.

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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Mar 5 Aoû - 9:18



La Chair sous les Ongles, de Brice Tarvel





Elle posa la main sur la poignée du réfrigérateur, ouvrit la lourde porte. L’instant d’après, elle se rejetait vivement en arrière, tout à fait horrifiée.
— Je vous avais prévenue, fit gravement remarquer Joussin.
Il avança une chaise vers la jeune femme qui chancelait, puis ajouta:
— Ce n’est qu’un pied, un pied humain.

Gilbert Joussin vient de perdre sa mère. Comme il doit désormais trouver seule sa nourriture, il va lui falloir rencontrer des gens qui ne sont guère des plus recommandables et se livrer à des actes épouvantables qui ne sont pas dans ses habitudes. Mais comment faire autrement quand on est né cannibale ? Que veut cette nouvelle voisine qui lui saute au cou ? Et cette autre jolie femme paraissant le surveiller ? Et puis il y a ces bikers pourvoyeurs de chair humaine…

Signant parfois du pseudonyme de François Sarkel, Brice Tarvel a écrit de nombreux romans et nouvelles, aussi bien pour les adultes que pour la jeunesse, et cela dans des genres très différents : SF, fantastique, fantasy, polar, aventure, etc. Il a également scénarisé près d’une trentaine d’albums de bandes dessinées.



  • Genre : horreur

  • Nombre de pages : 284

  • Format : papier






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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Mar 5 Aoû - 9:18

La Chair sous les Ongles, de Brice Tarvel

Critique de Maliae

Au début de ma lecture pour ce livre, j’ai pensé qu’il n’était pas fait pour moi et que je n’allais pas du tout aimer. En effet je trouvais l’histoire trop décalée, peu intéressante et finalement le gore, bien qu’assez présent, n’apportait rien. Autant le dire je m’ennuyais plutôt qu’autre chose et était assez déçue. Grand bien m’a pris de persévérer car je ne m’étais pas rendu compte que le livre était composé de nouvelles et non d’une seule histoire. Si la première est la plus longue et la moins intéressante selon moi, les autres ont largement rattrapé ma déception. Dans ce livre on va rencontrer divers personnages, que ce soit un cannibale, ou des personnes lambda, des pantins de l’espèce la plus étrange, des hommes poissons et bien d’autres, donnant une part de mystère et un petit côté fantastique assez intéressant.

Si j’oublie la première nouvelle qui selon moi n’avait pas grand intérêt (la chute étant elle-même moins bien que pour les autres), toutes les autres m’ont plus. Elles ont comme point commun des histoires qui ne se terminent pas forcément bien, le plus souvent la fin est ouverte et laisse le choix de la suite au lecteur. La plupart des histoires sont plutôt ironiques j’ai trouvé, les personnages sont parfois trop curieux et trop naïf et tombent dans des pièges, parfois on n’est pas sûr de ce qu’ils deviennent mais c’est un côté qui m’a beaucoup plu, car à nous lecteurs d’imaginer un peu ce qu’il en est. Ma préférée est sans aucun doute « la petite fille dans le cimetière » qui a un petit côté horrifique très intéressant et qui a une très bonne chute.

Autant dire que l’auteur aime faire souffrir ses personnages, ils s’en sortent rarement à bon compte, parfois aussi plusieurs interprétations sont possibles sur la compréhension de l’histoire.

La façon de raconter des nouvelles diffère, soit on a un récit à la première personne où l’on ne voit que les paroles et les pensés du personnage concerné, soit à la troisième personne qui donne une vue d’ensemble plus large. Personnellement j’ai aimé les deux, la première personne permettait d’être complètement dans la tête de celui qui racontait, la troisième donnait plus de détails sur l’histoire en elle-même, et j’ai trouvé les méthodes bien utilisées et intéressantes, donnant à chaque nouvelle sa propre personnalité.

 

Certaines m’ont fait peur, d’autres m’ont pas mal ému, la plupart m’ont rendu curieuse. Le côté fantastique est bien exploité et comme l’auteur choisit de ne pas donner d’explication sur les phénomènes étranges qui arrivent, cela ajoute beaucoup de mystères.

Je suis donc ressortie assez satisfaite de cette lecture, pour ses personnages atypiques, ses chutes qui laissent la place à l’imagination, son ambiance soit glauque, gore ou flippante, et pourtant parfois touchante. Je vais donc rester sur un avis positif et oublier la première nouvelle. 

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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Lun 8 Sep - 10:52



Le Destin de Fu Manchu, de William Patrick Maynard





Michael Knox est l'impétueux assistant de l'archéologue renommé Spiridon Simos.
Une rencontre fortuite à Corfou avec une belle égyptienne au mariage du Dr. Simos entraîne le jeune homme au Caire où il assiste à la terrifiante réincarnation du pharaon Khufu-Khunum.

Puis Knox croise la route de Sir Denis Nayland Smith, toujours à la poursuite du diabolique Dr. Fu Manchu. Le jeune homme prend alors conscience de la menace que Fu Manchu et séduisante fille Koreani font planer sur le Monde.

Knox doit survivre à une série de pièges infernaux dont un gorille dressé à tuer, un nain assassin terrorisant l'Orient Express et enfin une armée de papillons mortels libérés lors de la Conférence de Munich quand l'Europe entière s'efforce de prévenir une seconde Guerre mondiale.

Ce nouveau roman de William P. Maynard nous transporte de la Grèce à l'Egypte, de l'Afrique à l'Europe, avec pour toile de fond une bataille à couper le souffle durant laquelle l'auteur cherche à réaliser LE DESTIN DE FU MANCHU...


  • Genre : aventure

  • Nombre de pages : 336

  • Format : papier






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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Lun 8 Sep - 10:56

Le Destin de Fu Manchu, de William Patrick Maynard

Critique de ninik

Le docteur Fu Manchu est un criminel génial, Asiatique de son état, créé début 1900 par Sax Rohmer. Le terrible criminel a cependant connu nombre de déclinaisons par la suite, entre-autre au cinéma, où il a été incarné, par exemple, par l'immense Christopher Lee.
En 2009, l'écrivain William Patrick Maynard reprend le personnage, lors d'un Terreur de Fu Manchu, dont voici la suite. Il n'est pas nécessaire d'avoir lu La Terreur de Fu Manchu pour se plonger dans cet ouvrage. Le lecteur ne connaissant pas le précédent ouvrage sera légèrement perdu le temps d'un premier chapitre. Ecrit à la première personne, il se penche sur le docteur Petrie, protagoniste de la Terreur de Fu Manchu, qui se fait enlever, ainsi que sa femme. Par la suite, le couple disparaîtra quasiment du récit. Cependant, quelques explications diverses permettent de recoller les morceaux, et même le lecteur découvrant pour la première fois cette nouvelle version de Fu Manchu (ou n'ayant lu aucun livre le prenant comme personnage, ce qui était mon cas), pourra apprécier cet excellent roman d'aventure historique, tendance fantastique.
Passé l'enlèvement de Petrie, le récit continue à la première personne, nous plongeant dans les pensées et les actes d'un archéologue un peu veule et peu appréciable, qui se retrouve bien malgré lui embarqué dans une lutte contre l'Asiatique. Certes, parfois, le lecteur ne peut qu'avoir envie de coller quelques baffes à notre héros, et sa passivité est quelque fois agaçante, mais le personnage en ressort diablement réaliste. Nous n'avons pas, ici, un héros sans peur et sans reproche, un Indiana Jones bravant tous les périls, mais un homme vrai, humain, cherchant à s'en sortir, se remettant en question, et finissant par progresser pour prendre son destin en main. Appréciable en diable, d'autant que la plume de l'auteur est passionnante, fluide, imagée et agréable. Certes, il manque parfois quelques descriptions pour visualiser pleinement certains protagonistes, mais William Patrick Maynard a fait le choix de souligner quelques traits distinctifs pour ne pas alourdir le récit, qui nous donne vraiment l'impression d'être dans les pensées de Knox, notre archéologue volage. De plus, l'auteur sait décrire la beauté d'une femme avec une poésie délicieuse, et la fille de Fu Manchu en devient un personnage inoubliable, aussi détestable que passionnant. Le lecteur partage ainsi aisément, à son sujet, les sentiments de Knox, entre terreur, haine, amour, désir et fascination !
L'auteur nous plonge donc dans les fouilles du Caire, nous envoie à Munich, ou encore dans l'Orient Express, alternant aventures délicieusement pulp (la poursuite de Knox, par un nain psychopathe déguisé en petite fille, à travers l'Orient Express est superbe) et fond historique précis. En effet, le Si Fan (organisation secrète criminelle, gangrenée de factions diverses, que dirige entre-autre Fu Manchu) s'intéresse beaucoup aux accords de Munich, que les dirigeants français et anglais vont signer avec Hitler, encore chancelier, pour éviter la Guerre. Les accords sont motivés par le fameux problèmes des Sudètes, qui pousse Hitler à vouloir envahir la Tchécoslovaquie. Cependant, il s'agit d'une toile de fond, et bien qu'étant passionnante, surtout qu'il est rare de voir Hitler mis en avant dans un récit de fiction à un autre moment que pendant la Seconde Guerre Mondiale, l'auteur ne noie pas son lecteur dans des détails inutiles.
En fait, le seul véritable reproche que l'on peut faire au Destin de Fu Manchu, c'est qu'il est trop court. Empli de séquences passionnantes, le lecteur aurait adoré que chacune dure plus longtemps, que Fu Manchu soit plus présent (même si son ombre hante le récit à chaque page), de même que sa fille (même si chacune des apparitions de la beauté folle est inoubliable). En effet, il se passe énormément de choses dans les 320 pages du roman, les protagonistes découvrent nombre de lieux, nombre d'ennemis et de manigances, et chaque étape aurait, de par sa densité et son intensité, presque mérité un tome à lui tout seul (ne serait-ce que les accords de Munich, durant lesquels le Si Fan, profite de la célébration des dits accords pour répandre une variole effroyable à travers les rues de la ville allemande).
Le Destin de Fu Manchu n'en reste pas moins un petit bijou d'aventure pulp qui se doit d'être découvert, et qui prouve une nouvelle fois l'amour de Rivière Blanche pour la littérature de genre.

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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Lun 22 Sep - 9:21



Manhattan Ghost, de Philippe Ward et Mickaël Laguerre





Elle attendit que son cœur reprenne un rythme normal avant de se décider à gagner le bar. Elle allait être en retard maintenant. — Bonjour Lisa. La jeune femme se retourna brusquement, surprise d’être ainsi abordée dans ce quartier. — Peter, mais que fais-tu ici ? Elle s’arrêta soudain, consciente de l’incongruité de sa question. Peter Monoghan était décédé trois ans plus tôt d’un cancer généralisé dû au surmenage, à l’alcool et surtout à l’abus de cigarettes. Et il se trouvait face à elle, vêtu du costume bleu que Lisa lui avait toujours connu. Ses épaules étaient plus voûtées, son visage plus pâle que dans ses souvenirs. Il lui souriait. — Tu es resplendissante, comme toujours.

Lisa Kilpatrick, une pure New-Yorkaise, travaille dans la police, mais sa véritable passion demeure la musique. Un soir par semaine, après son service, elle joue du piano et chante dans un club new-yorkais. Un jour, elle assiste au Manhattanedge. Un soir par an, le soleil couchant se retrouve juste au milieu de la 14th Rue, dans un alignement parfait vers l’Ouest. Et là, elle va basculer dans un autre monde, celui des Fantômes de Manhattan.

Manhattan Ghosts est un hymne à New York. À travers des photos et un texte, c’est toute la grosse pomme que vous dévoilent Mickaël LAGUERRE et Philippe WARD.


  • Genre : fantastique

  • Nombre de pages : 60

  • Format : papier





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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Lun 22 Sep - 9:23

Manhattan Ghost, de Philippe Ward et Mickaël Laguerre

Critique de Malka

Avec Manhattan Ghost, Philippe Ward et Mickaël Laguerre nous proposent de redécouvrir le vrai visage de New York. Ce n’est pas l’optique touristique qui y est prégnante. En effet, on n’y trouve pas une visite guidée de lieux populaires, mais une immersion dans un New York caractérisé par sa constante effervescence, son histoire, sa structure et sa culture. Les deux artistes dépassent l’image superficielle, populaire et touristique, pour s’attacher à son « vécu », à ses habitants, ainsi qu’aux valeurs qu’elle véhicule.
Dans ce sens, la nouvelle et les photographies s’avèrent complémentaires et efficaces : le lecteur se retrouve plongé au cœur de la ville et plus précisément dans le quartier de Manhattan dès les premières pages.
Le livre, se composant de doubles pages images-texte (chacun se tenant sur une pleine page, face à face) gagne donc son efficacité par son organisation. Loin de tenir le simple rôle d’illustrations pour les photos ou de simple accompagnement écrit pour la nouvelle, les deux possèdent leur propre cohérence, et grâce à leur complémentarité, insufflent l’esprit new-yorkais au fil des pages.

Dès que l’on tourne les pages, les photographies de Mickaël Laguerre nous invitent au voyage. Celui ci diversifie les situations et les angles de prise: vues aériennes, moments d’animation des rues, scènes prises sur le vif, monuments et bâtiments célèbres ou plus anonymes, scènes diurnes ou nocturnes. Les couleurs et les jeux de lumières subliment également certaines de ces photographies. D’ailleurs, qu’elles soient en couleurs ou en noir et blanc, chacune d’entre-elles porte une part de l’âme des lieux. Elles sont vivantes et semblent vouloir partager avec le lecteur des instants d’intimité figés dans le temps.

La nouvelle nous aide également à entrer dans la ville et plus précisément dans le quartier de Manhattan, en compagnie de Lisa. Personnage principal de la nouvelle, elle s’avère un personnage riche et bien construit, que l’auteur prend le temps de nous présenter et que l’on accompagne avec plaisir. Pure New-yorkaise, malgré ses origines irlandaises, qui lui valent une jolie chevelure rousse, elle aime New York, ses rues et son animation et nous fait partager son affection. Si le départ reste très réaliste, assez proche de l’image que l’on se fait de la ville, l’histoire vire bientôt au fantastique, quand Lisa se retrouve dans un New-York parallèle peuplé de fantôme. Elle oublie les crimes horribles sur lesquels elle enquête dans la réalité pour se consacrer à une énigme bien différente, puisqu’il s’agit de résoudre la disparition de John Lennon. L’auteur nous emmène donc dans ce New York parallèle, à la fois si particulier, mais finalement si peu différent et ponctue son récit de personnages célèbres et de références musicales, artistiques et culturelles. Si certaines me sont inconnues, d’autres sont très évocatrices et contribuent à intensifier l’esprit new-yorkais que les auteurs ont voulu transmettre.
La musique tient d’ailleurs une place importante dans le récit. Chaque chapitre débute avec en introduction les paroles de chansons. Si elles vous sont familières, elles vous trotteront dans la tête pendant la lecture ou en admirant les photographies, sinon, vous pourrez toujours faire de belles découvertes en visitant le site consacré à New York (et par conséquent au livre) proposé par les deux artistes : http://visiondenewyork.photos/
La musique apparait également dans la nouvelle comme un rêve, un moyen d’évasion et, on le devine, d’évolution (voire de révolution) dans la vie de Lisa.
Le style fluide de l’auteur agrémente le voyage. Seulement la résolution de l’intrigue semble un peu rapide (voire facile). On quitte pourtant Lisa à regret, tant elle s’est révélé un personnage attachant et un agréable guide et on garde le sourire, car on peut deviner que la magie de New-York saura opérer et lui accorder des jours meilleurs.

En conclusion : je me suis laissée séduire par la vision de New York proposée par Philippe Ward et Mickaël Laguerre. Photos, texte, références musicales, culturelles et artistiques contribuent à dévoiler toute la richesse et les nuances de New-York. Immersion totale assurée !

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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Jeu 18 Déc - 11:07



Les Compagnons de l'ombre 1, de Collectif





Les Compagnons de l'Ombre sont les héros et vilains de la culture populaire qui ont bercé notre adolescence.

Dans les égouts de Paris, Judex affronte le Monstre de Frankenstein... Le Comte de Monte-Cristo et le Chevalier Dupin affrontent les Habits Noirs... Sherlock Holmes et Arsène Lupin croisent à nouveau le fer... Le Fantôme de l'Opéra engage de drôle de dames... L'Explorateur du Temps poursuit d'Artagnan et la mémoire de Fantômas fait toujours frémir le futur...

Au fil de vingt-deux nouvelles, pastiches, parodies et hommages littéraires, quatorze auteurs français, américains, anglais et australiens font partager au lecteur leurs rêves d'enfants quand, eux aussi, s'amusaient à inventer de nouvelles aventures pour leur héros préférés.


  • Genre : aventure

  • Nombre de pages : 300

  • Format : papier






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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Jeu 18 Déc - 11:13

Les Compagnons de l'ombre 1, de Collectif

Critique de ninik

Que ce soit avec de la science-fiction, de l'aventure ou du fantastique, Rivière Blanche possède une ligne éditoriale claire et cohérente, qui ne peut que plaire à tout amateur de série B littéraire. En effet, Rivière Blanche désire explorer les méandres de ces genre, de manière souvent référentielle, inhumant parfois des pépites venues du passé (avec les Baskerville) ou s'inspirant de personnages créés par d'autres, mais toujours chers aux amateurs de bis (Fu Manchu). Ainsi, Les Compagnons de l'ombre (dont le quinzième tome vient d'être publié) représente un peu la quintessence de la démarche, en laissant des auteurs actuels reprendre certains personnages chers à leur cœur pour les mettre dans des situations de leur cru. Et autant être immédiatement clair, l'amateur de pulp, d'aventures, de fantastique ou de série B, ne pourra qu'être aux anges (et le mot est faible) à la lecture de ce premier tome.
Avant d'entrée dans le vif du sujet, quelques mots sur la forme s'impose. Si je m'attarde rarement sur la couverture, celle de cet ouvrage, avec une illustration superbe mettant en scène les personnages de la première nouvelle, mérite amplement le détour, et met tout de suite dans l'ambiance. Plus d'une vingtaine d'histoires (avec un prologue) attendent le lecteur fébrile avec ce recueil, certaines ponctuées d'une illustration représentant un des célèbres protagonistes de ces récits, en un trait simple et épuré qui rend ces dessins très intéressants. Chaque nouvelle est ponctuée d'une petite introduction présentant son auteur (souvent un écrivain reconnu, mais parfois aussi une personnalité du cinéma par exemple), avec son parcours et son goût pour l'imaginaire pulp qui le fait écrire dans ce recueil, de même que, parfois, ce qui a amené l'écrivain à se pencher sur tel personnage et à le mettre dans telle situation. En effet, certains auteurs créent des jonctions entre des récits officiels, comme Jean-Marc Lofficier. Ce dernier, en plus d'être la personne qui a donné vie au recueil, et d'être l'auteur qui en a écrit le plus grand nombre d'histoires, met par exemple en place, dans Arsène Lupin arrive trop tard, un récit expliquant les références à une demoiselle, présentes dans La Lampe Juive, nouvelle elle-même située dans le recueil Arsène Lupin contre Sherlock Holmes.
Les histoires sont de taille très variées, allant d'une petite page à un peu plus d'une dizaine, et le lecteur curieux aurait tort de ne pas jeter un œil au générique de fin. En effet, chaque récit se voit nanti d'un détail de ses personnages, avec le nom de l'auteur qui les a créé à l'origine. Ainsi, un lecteur ayant apprécié l'un ou l'autre qu'il ne connaîtrait pas suffisamment, pourra aisément chercher à découvrir les récits originels.
Habituellement, je ne suis pas un grand fan des histoires trop courtes. Elles ont rarement le temps de dérouler une intrigue intéressante ou de détailler des personnages, et se finissent souvent trop brutalement. Dans ce recueil, cette impression n'est pas présente, et ces récits se révèlent tout simplement parfaits ! Jean-Marc Lofficier (à l'original d'un grand nombre des récits les plus courts) explique que ce sont des short-short (selon l'appellation anglaise), dont le but est de focaliser le lecteur sur une action particulière, qui révèle en fait un tout, et l'exercice se montre passionnant. En partie parce que les personnages sont suffisamment connus pour ne pas avoir besoin de longue présentation, mais aussi grâce au choix de l'action, ces petits récits sont chacun des petits bijoux à leur manière. Le Tarot de Fantômas, par exemple, en laissant une bohémienne tirer les cartes au terrible protagoniste, en raconte ainsi beaucoup sur lui, sur ses exactions, et sur ceux qui le poursuivent. Avec Le Noël d'Arsène Lupin, Jean-Marc Lofficier nous raconte la rencontre entre le séduisant voleur et une petite fille dont le père est arrêté peu de temps avant Noël. En quelques lignes, nous découvrons, grâce à la manière dont Lupin sauve le Noël de l'enfant, toute la personnalité du protagoniste. Tout simplement brillant !
A travers cette vingtaine de récits, à quoi doit donc s'attendre le lecteur ? Eh bien, à tout un florilège de personnages réputés, dans des histoires pulp et passionnantes. Dès le départ, nous découvrons Maigret et Judex affrontant la créature de Frankenstein, mais c'est loin d'être tout ! Si Maigret revient plusieurs fois, Irène Adler (personnage apparaissant chez Arthur Conan Doyle) travaille, dans une autre histoire, pour le Fantôme de l'opéra qui lutte contre une femme au plan machiavélique. Elle crée des poupées de cire qui, prenant vie, deviennent des femmes pour les hommes les plus puissants de la planète, ce qui lui permettra de les contrôler. James Bond et OSS 117 s'affrontent pour avoir les faveurs d'une femme, mais un autre déroutant séducteur brouille les cartes en entrant dans la danse. Hercule Poirot enquête sur le meurtre commis par un Profond. Sherlock Holmes et Arsène Lupin évoquent leurs souvenirs autour d'un verre, et bien d'autres personnages fascinants se retrouvent dans des situations prodigieuses.
Pour vraiment apprécier tout le sel de ces récits, il est préférable de connaître, au moins un tant soit peu, les personnages mis en scène. Cependant, ce n'est pas vital. Certes, certaines histoires (les plus courtes surtout) pourraient laisser perplexes, mais beaucoup développent des récits suffisamment passionnants, nantis de rebondissements, pour plaire à l'amateur d'aventure et de fantastique, qui pourrait être amené à creuser les protagonistes ainsi rencontrés. Les plumes, bien que différentes selon les auteurs, forment un tout cohérent au service des personnages, privilégiant l'action pour éviter des récits trop long. Ainsi, contrairement à nombre de recueils d'auteurs différents, la cohérence fait qu'aucune nouvelle n'est véritablement en deçà des autres. Selon les sensibilités, chaque lecteur appréciera plus l'une ou l'autre, mais aucune ne le laissera de marbre, sauf si le personnage mis en scène lui est vraiment inconnu.
Pour ma part, si je devais citer quelques récits qui m'auraient plus touchés, je mettrais en avant Le Masque du monstre, ouvrant le recueil, car mélanger Maigret, Judex et Frankenstein est assez magnifique. J'y ajouterais Les Anges de la musique, complètement pulp avec son magnifique plan pour rendre des poupées de cire presque humaines qui contrôleront le monde, Le Tortionnaire au grand cœur, qui prend pour héros le Conte de Monte-Cristo, Le Prince des Etoiles où Doc Savage rencontre le Petit Prince, Arsène Lupin arrive trop tard, grâce à une construction basée sur une série de lettres envoyés à Arsène Lupin, ainsi que des articles de journaux, Le Meurtre de Randolph Carter faisant se rejoindre Agatha Christie et Lovecraft, et Les Melons de Trafalmadore qui clôt le recueil, pour sa chute prévisible mais hilarante.
Pour vraiment chipoter, il est de bon ton de relever quelques très légères coquilles (cinq ou six sur tout le recueil), mais sorti de cela, ce tome un des Compagnons de l'ombre est tout simplement parfait ! L'amateur des personnages réutilisés ici ne pourra qu'être aux anges, de même que tout lecteur appréciant la série B littéraire, le pulp et l'aventure. Ce livre se dévore, chaque nouvelle nantie de superbes qualités, et il est difficile de lâcher cette oeuvre une fois commencée

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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Sam 31 Jan - 10:13



Barry Barrison & L'Héritage de Tarford Castle, de Philippe Pinon





Assis confortablement dans son fauteuil à large dossier, Barry profitait du calme de la nuit de la City. C'était un des rares plaisirs du temps de son vivant auquel il pouvait encore s'adonner. Il avait assisté, silencieux observateur fantomatique, à la transformation et à l'évolution de la capitale durant toutes ces années.
Cela faisait plus d'une heure qu'il tirait sur sa pipe, les jambes croisées, le regard perdu dans les lumières miroitantes qui éclairaient Londres, la faisant briller dans la nuit anglaise.
Il fut tiré des ses pensées par un tintement caractéristique dans sa tête : un contact télépathique. Comme à regret, il abandonna sa contemplation.
- Oui, Angela ?
- Sir Barrison, désolée de vous déranger, répondit clairement la voix dans sa tête, mais nous aurions besoin que vous veniez jeter un oeil à une video.
Barry Barrison se frotta les yeux, las.
- J'arrive, Angela.
- Merci, Sir.
Le contact se rompit. Barry se leva de son siège et contempla une dernière fois les étoiles du ciel parfaitement dégagé. D'un geste mécanique, il tapota le fourneau de sa pipe contre le coin du muret de la terrasse. Logiquement, rien ne se passa et l'objet passa à travers la pierre. Après avoir rengainé sa pipe, Barrison disparut, se téléportant quatre étages plus bas.

Barry Barrison est noble de naissance. Il a perfectionné ses talents de déduction grâce à l'enseignement de Sherlock Holmes, dont il fut un contemporain. Assassiné par un de ses pairs, son fantôme est maudit et contraint d'errer dans les pièces de son ancienne demeure, le manoir de Tarford Castle. Mais même de là, il continue à enquêter, avec l'aide des jeunes Terry, Angela, Mark Tarford, et de la medium Maureen Simpson.

Barry Barrison fait partie des personnages issus de l'univers d'HEXAGON. Création de Claudio Tiziano Fusi et Luciano Bernasconi, aristocrate et détective fantôme, il excelle dans la résolution des cas les plus étranges.

Philippe Pinon est un "jeune" auteur qui a fait ses premières armes au sein de Rivière Blanche, ayant auparavant publié deux nouvelles dans les deux Dimension Super-Héros. Doté d'un style décrit comme "une prose de dandy, fine et délicate, taillée comme une plume d'oie sur un vélin de qualité" et imprégné depuis son adolescence de ces univers où se mélangent fantastique et polar, il s'est naturellement approprié ce personnage à la logique implacable. Au fil de cet ouvrage, il nous narre quatre histoires, quatre moments clés de la légende de ce détective fantôme, quatre événements qui laisseront, à n'en pas douter, des traces dans la vie - et la mort - de ce héros hors du commun.


  • Genre : fantastique

  • Nombre de pages : 244

  • Format : papier





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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Sam 31 Jan - 10:15

Barry Barrison & L'Héritage de Tarford Castle, de Philippe Pinon

Critique d'Aelynah

Lorsque l'on lit le quatrième de couverture de ce roman on découvre que Lord Barry Barrison est un fantôme qui vient en aide à Scotland Yard lors d'affaires un peu ardues.
Or les premières pages nous le dépeignent tout ce qu'il y a de plus vivant.
Surprenant!
Cependant cette première histoire, car le roman en compte quatre, nous permet de situer notre futur fantôme et surtout de faire ainsi connaissance avec les différents protagonistes, Barry Barrison bien entendu, Lord Oldtown et l'inspecteur Lipperstone.
Elle nous permet aussi de prendre la mesure de l'intelligence du sujet et surtout de ses capacités extraordinaires de déductions. A partir de détails qui pourraient paraître insignifiants pour le commun des mortels, et parfois le sont, Barry Barrison extrapole et émet des hypothèses parfaitement fructueuses et des métaphores logiques qui permettent ainsi à l'inspecteur de terminer ses enquêtes.
L'état de fantôme de Barry Barrison ne sera connu que dans la deuxième enquête qui se passe beaucoup plus tardivement dans leur vie à tous puisque nous sommes alors l'année de l'Exposition Universelle de Paris soit avril 1900.
L'inspecteur principal Lipperstone a pris pour habitude de travailler avec des consultants extérieurs lors de certaines enquêtes particulièrement ardues. Barry Barrison en fait partie de façon fort régulière, enfin jusqu'à son décès.
Mais c'est là que l'affaire se corse et que nous découvrons avec stupeur, comme son ami l'inspecteur et lui-même, le nouvel état, disons spectral de notre regretté aristocrate anglais.
C'est ainsi le début d'une nouvelle collaboration toujours aussi productive, quoique plus singulière.

La troisième histoire nous voit faire un bond dans le temps puisque nous voici cette fois de nos jours.
Terry et Angela, après une soirée en amoureux, assiste à une tentative d'assassinat sur Maureen. Deux voyous ont tenté de s'en débarrasser en la jetant, toute emballée dans la Tamise. Après l'avoir sortie de là ils ont fait appel à leur ami Mark Tarford, un autre étudiant de leurs amis.
Tous les 4 se retrouvent donc logés à Tarford Castle (nous retrouvons ici un lieu connu de nos histoires précédentes) pour quelques jours le temps de démêler l'imbroglio de cette tentative de meurtre.
Mark décide, sur un coup de tête et de folie, de faire appel au soi-disant fantôme de Barry Barrison. Soi-disant puisque ce serait une légende familiale en relation avec la maison.
Qu'elle n'est donc pas leur stupéfaction à son apparition. Et voici donc notre aristocrate détective de nouveau en service.

La dernière histoire continue sur cette lancée et voit donc nos amis continuer l'aventure avec un autre mystère et une autre enquête à élucider. Un seul reproche sur cette dernière histoire, la manière dont sont présentés nos 3 jeunes gens ne correspond pas au peu que l'on en sait de l'épisode précédent. Cela m'a d'abord troublé avant d'être à nouveau prise dans l'énigme et de ne plus y prêter attention.

Au final, je suis franchement enthousiasmée par ma lecture.
Fan de Sherlock Holmes et de ses déductions, que ce soit dans les livres ou cette nouvelle série en cours à la télévision, on retrouve ici un peu de l'ambiance des romans de Sir Arthur Conan Doyle ou même d'Agatha Christie et son Hercule Poirot.

Autant l'enquête en cours nous parait obscure de prime abord autant devant la clarté des déductions de lord Barrison et les faits énoncés, une seule remarque monte à nos lèvres : mais c'est bien sûr comment n'y ais-je pas songé moi-même?
Manque d'expérience sûrement me direz-vous?

La plume de l'auteur, sa façon de nous mettre devant le crime accompli et ensuite de nous laisser nous empêtrer dans les indices ou les déductions hasardeuses est vraiment agréable. La lecture n'est plus seulement un moment de détente mais aussi une participation complète à l'histoire.
Les personnages, tant Barry que les 3 jeunes gens, Mark, Terry et Angela, nous entraînent avec eux de façon naturelle et amicale.

Lord Barrison est bien un digne représentant de la génération Sherlock Holmes. Ses déductions sont logiques et imparables et ce côté aristocratique un peu désuet lui donne une prestance particulière. Après, le fait qu'il soit un esprit, un spectre hantant la demeure familiale de Mark rajoute une touche de fantastique à ce qui n'était au départ qu'un très bon policier fin XIXe siècle.

L'auteur a vraiment su retranscrire l'ambiance de ces récits tels les Sherlock Holmes, Harry Dickson, Rouletabille, Hercule Poirot et j'en passe.
D'ailleurs cela m'a permis de mettre un nom sur un genre de littérature que j'affectionne : le Whodunit de l'anglais "Who [has]done It?" c'est à dire "Qui l'a fait?" aussi appelé roman de détection ou roman d'énigmes.
En principe le lecteur doit disposer des mêmes indices que l'enquêteur et donc des mêmes chances que lui de résoudre l'énigme, l'intérêt étant principalement d'y parvenir avant le héros de l'histoire.(source de la définition: Wikipedia).

Cette littérature plutôt désuète et principalement au premier degré a été passablement remisée ces dernières années par les nouveaux auteurs.
Et pourtant Philippe Pinon a su lui redonner un peu de son clinquant d'époque, lui redorer son blason terni par les ans.
Avec lui, venez "mélanger l'intangibilité et le rationnel, fusionner l'irréel et le pragmatisme et croire à l'implacabilité déductive d'un ectoplasme britannique". Ce n'est pas moi qui le dit mais la préface de David Baudet et je suis totalement d'accord avec cette vision au point de ne pas vouloir paraphraser ce qu'il décrit si bien.

C'est donc avec bonheur que j'ai pu me replonger dans ce genre de lecture de mes jeunes années et y retrouver tout l'enthousiasme que cela m'apportait et aussi cet élan de réflexion qui donne un autre attrait à la lecture.
Faites comme moi ne soyez plus un lecteur passif, venez vous immerger dans l'enquête et découvrez, si vous le pouvez, le coupable.
Je remercie donc les éditions Rivière Blanche pour cette découverte qui m'a donné la nostalgie de ces écrits au point de me décider à rechercher mes vieux ouvrages de ce style pour les dépoussiérer un peu et les rajouter à nouveau dans ma pile à lire déjà bien fournie.

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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Mar 3 Fév - 10:44



L'Almanach des vampires, de Collectif





Le vampire est un mort qui refuse de l'être ; il affirme qu'il n'est pas mort, mais qu'il est " plus-que-vivant ". Le vampire est un mythe à double visage : à la fois érotique et tanathologique.

Appartiennent à la première catégorie le byronesque Lord Ruthven, la Comtesse Bathory et Carmilla, que l'on retrouvera dans ces pages. A la seconde catégorie peuvent être rattachés l'épouvantable Comtesse Gregoryi, Dracula et son monstrueux alter-ego le comte Orlok, aussi présents dans ce recueil.

Egalement au sommaire le Comte Yorga, la Comtesse Carody, le Capitaine Vampire Boris Liatoukine, Selene la Ville-Vampire, les Frères Ténèbre, dans 18 nouvelles célébrant les plus redoutables prédateurs de l'histoire de la littérature fantastique


  • Genre : recueil de nouvelles/fantastique

  • Nombre de pages : 448

  • Format : papier





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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Mar 3 Fév - 10:53

L'Almanach des vampires, de Collectif

Critique de Ninik

Parmi les œuvres éditées par Rivière Blanche, se trouve une série de recueils de nouvelles un peu particulière : Les Compagnons de l'ombre. Quinze tomes sont parus en France, et cette série a la particularité de permettre à des auteurs contemporains de reprendre les classiques de la littérature et du cinéma populaire. Ils s'en resservent, en faisant par exemple s'affronter Judex et la créature de Frankenstein. Ce qu'il est important de savoir, c'est que les Compagnons de l'Ombre traduits en France (et dont le premier tome est chroniqué plus haut par moi-même) ne reprennent pas l'ordre des parutions originales.
Ainsi, L'Almanach des vampires reprend certaines histoires, toutes parues dans un Compagnon de l'Ombre (mais pas forcément publiées en France, certains textes se révélant ainsi inédits), centrées sur les vampires.
Au niveau de la forme, les récits sont divisés en grandes rubriques, reprenant les grandes figures du vampirisme populaire. Cependant, certains récits mettant en scène plusieurs célébrités vampiriques, il n'est pas rare qu'un monstre sacré n'apparaisse dans la rubrique d'un de ses confrères. Dracula et son pendant officieux, le comte Orlok, se retrouvent par exemple dans nombre de récits, prouvant la fascination de ces personnages, de même qu'il est souvent fait référence à Sélène, la ville vampire.
Comme de juste avec ce genre d'ouvrages de chez Rivière Blanche, l'Almanach des vampires est un bonheur, chaque écrivain réussissant avec brio à s'approprier les différents personnages, et leur offrant des récits à leur mesure. Le lecteur, amateur de littérature et de films vampiriques, plonge donc dans un délice littéraire, certains auteurs ayant même pris soin d'essayer de rendre cohérents les différents récits populaires vampiriques.
Ainsi, les écrivains mettant en scène un grand nombre de vampires, ont créés des différences de races, chacun étant vulnérable à l'une ou l'autre chose (décapitation, lumière de jour, feu, selon le cas), comme dans La Cité des Nosferatus, de Brian Gallhager, qui justifie aussi, dans son histoire, l'existence du Comte Orlok et son lien avec Dracula (superbe parallèle avec la création du film Nosferatu par rapport à l'ouvrage de Bram Stoker). Certains auteurs adaptent le style de Bram Stoker, déroulant leur récit sous forme de suites de lettres, Les Trois vies de Maddalena, de Michel Stéphan, en étant un bel exemple, qui offre une relecture de la création de Carmilla, en une nouvelle courte mais pleine de poésie et de sensualité. Rick Lai va tellement loin, dans les liens et les relations, avec son Tous les prédateurs du monde... qu'il nous présente un post-face à son histoire pour expliquer tout ce qu'il a lié ensemble, et le lecteur ne peut qu'être impressionné.
Selon les récits, l'action ou l'enquête priment parfois, de même que les nouvelles prennent par moment comme héros un vampire (c'est entre-autre le cas avec les histoires se tournant vers le Capitaine Liatoukine), et nous rencontrons par moment d'autres héros populaires. Ainsi, le parallèle avec Les Compagnons de l'ombre se retrouve, et offre un formidable vivier d'imagination et de réappropriation. L'amateur des personnages mis en scène sera aux anges, mais même le lecteur peu connaisseur appréciera, du moment qu'il aime l'ambiance vampirique.
Cet ouvrage est peut-être à éviter si le lecteur est un connaisseur des Compagnons de l'ombre, qui pourrait, en ce cas, ne découvrir que peu de nouvelles qui lui seraient inconnues (et aucune s'il les lit en version originale). Mais pour quelqu'un ayant peu lu de ces ouvrages, L'Almanach des vampires est un bonheur, et aucune des nouvelles ne lui déplaira.
Pour ne citer que quelques nouvelles qui m'ont particulièrement marqué (mais tout l'ouvrage mérite le détour), je me permets de nommer, en plus des Trois vies de Maddalena, Le Vampire de la Nouvelle-Orléans, pour son ambiance spécifique à cette ville, son côté film noir, ainsi que la particularité assez abominable de la sensuelle vampire de cette histoire. Il y a aussi Le Coeur de la lune, qui voit Solomon Kane et Maciste affronter des vampires. Le Sang des Frankenstein envoie la créature rechercher, sous l'instigation du docteur Herbert West, les 7 Vampires d'or (issus d'une co-production Hammer/Shaw Brothers) et les découvre contrôlés par Dracula. Le Moindre des maux laisse un vampire particulièrement marquant affronter les nazis. Les Enfants de la nuit, de Steven A. Roman, n'est certes pas le seul récit à se pencher sur le Comte Orlok, mais il s'attarde sur lui de telle manière que le Comte en devient un prédateur inoubliable, particulièrement monstrueux et faisant froid dans le dos. Les Lèvres rouges laissent Nestor Burma et la fille d'Arsène Lupin affronter l'aussi sublime qu'effrayante Comtesse Bathory, et L'Invitation de Nadine prend comme héroïne vampirique la création de Jess Franco dans son film Vampyros Lesbos, et y met suffisamment d'érotisme pour rendre hommage au prolifique et regretté réalisateur.
Ainsi, les références sont nombreuses et viennent de plusieurs époques et médiums, mais offrent un délicieux panorama de l'évolution du vampire (heureusement, personne n'a pris comme point de départ les pseudo vampires de Twilight), pour un florilège d'ambiances et d'histoires aussi intéressant que passionnant.

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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Mer 4 Mar - 8:50



Sale Temps, de Lou Jan





"Tous mes biens pour un peu de temps," disait la reine Elisabeth I à la veille de sa mort.

Le temps est notre ressource la plus précieuse. Qui n'a jamais rêvé de pouvoir l'arrêter ?

Olgann, le champion de ski, le peut, lui. Il stoppe les chronomètres en course pour gagner. Le premier cas de dopage par le temps. Une mécanique bien huilée jusqu'à ce que d'autres se mettent à l'imiter. Si chacun arrête le temps à sa guise, le monde ne risque-t-il pas de sombrer dans le chaos ?

Le temps nous instruit, nous soigne parfois, mais il finit toujours par nous tuer. Sale temps.


  • Genre : science-fiction

  • Nombre de pages : 180

  • Format : papier





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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Mer 4 Mar - 9:09

Sale Temps, de Lou Jan

Critique d'Illion

Les partenariats avec les éditions Rivière Blanche promettent toujours de découvertes qui vaillent vraiment la peine, avec des œuvres complexes et de qualité. Mais, fatalement, plus l’œuvre est complexe et moins il est aisé d'en écrire une analyse à la hauteur de ce que l'on a ressenti. Ce que j'essaie de dire c'est que j'ai littéralement dévoré ce livre en une seule nuit et je me retrouve incapable de mettre le doigt ou les mots qu'il faut sur ce que j'en pense. Alors je suis allée voir sur Internet ce que dit l'auteur de son propre ouvrage en espérant pouvoir y trouver l'inspiration. Et je me suis perdue dans des appellations de genres littéraires sans vraiment comprendre de quoi il s'agissait. Mais ça m'a aidé à trouver ce qui me perturbait. Bien qu'il en parle de manière lapidaire, l'auteur décrit son œuvre comme étant à mi-chemin entre la SF et l'écriture blanche, un concept dont je n'avais jusque-là jamais entendu parler. Pourtant sur la première de couverture on peut clairement voir que ce livre semble plutôt à classer dans le genre de l'anticipation. Avec une illustration très futuriste. J'ai donc fait mes petites recherches pour démêler le vrai du faux et comprendre dans quoi classer ce livre, en espérant trouver au passage suffisamment d'éléments pour la présente chronique.

Si on veut faire ça schématiquement la Science-Fiction (abrégée en SF) est un genre littéraire et l'anticipation en est un sous-genre. Sauf que d'un site sur l'autre on nous dit aussi que ce sont deux genres voisins. Et le fait est qu'il est facile de les confondre car ils possèdent tous les deux des caractéristiques communes et la différence est une histoire de nuance. C'est souvent le cas aussi pour les genres de l'utopie, de l'uchronie, la dystopie et la contre-utopie*. L'une comme l'autre prennent pour base les recherches scientifiques contemporaines pour bâtir un monde imaginaire. Dans le cas de la SF, ce monde peut se situer aussi bien dans le passé que dans le futur à partir du moment où le lien avec le présent ne fait pas partie des caractéristiques premières du scénario et que l'univers inclus des inventions qui n'existent pas et qui restent hors de notre portée technologiquement parlant (songeons à la célèbre DeLorean qui voyage dans le temps dans la série Retour vers le futur). La SF, comme d'autres genres telle que la Fantasy, a principalement pour but l'émerveillement du lecteur. En ce qui concerne l'anticipation, le récit prendra toujours place dans le futur à plus ou moins brève échéance -à peu près 50 à 100 ans en moyenne- puisqu'il anticipe. Le lien avec le présent est conservé de manière forte et reconnaissable, le but étant d'interroger notre présent en imaginant ce que le futur deviendrait si nous ne changeons rien ou si une amélioration technologique possible et probable venait à apparaître. En gros la SF est du domaine du rêve, et l'anticipation de celui de la raison.

Ceci étant posé, revenons à la classification du livre de Lou Jan. En termes de genre littéraire, il contient des éléments de trois genres distincts et pourtant très proche comme je viens de l'expliquer : l'anticipation et la SF dont nous venons de parler, et également des éléments le rapprochant de l'Utopie. D'où la difficulté de le ranger dans une catégorie. D'où aussi (en partie) mon engouement pour cette œuvre : plus c'est complexe et plus ça m'intéresse ! J'ai fait un tri rapide des différents thèmes et motifs littéraires du livre selon leur genre et on peut dire qu'ils sont assez communs, voire carrément banals, si l'on considère l'ensemble de la production livresque sur le sujet. Côté SF, on retrouve les univers parallèles et la notion d'une société technologiquement plus en avance que nous le sommes actuellement. Côté utopie, on retrouve un monde de perfection apparente, basé sur le bonheur, et qui sert essentiellement à mettre en abîme les défauts de notre monde actuel.Pour l'anticipation, on se trouve dans un futur proche, immédiat même car l'intrigue se déroule entre 2015 et 2016. Enfin le thème du temps (voyages et autres manipulations) est récurrent de la SF comme de l'anticipation. Comme je l'ai fais remarqué plus haut, pris séparément ou limités à leurs genres intrinsèques, ces motifs sont assez communs et faciles à retrouver. La nouveauté autant que l'originalité de l’œuvre vient de leur association en une unique trame scénaristique. C'est parfois un peu maladroit à mon avis, par exemple lorsque l'auteur introduit un monde parallèle où se trouverait le "créateur" de tous les autres, seul personnage capable de résoudre le problème, mais ça n'enlève rien au charme et à l'attrait du livre dans son ensemble.

Si le genre littéraire détermine en partie le thème et la classification du livre, le style d'écriture joue également beaucoup. Il varie généralement beaucoup d'un auteur à un autre mais on peut quand même trouver des ressemblances permettant de classer les auteurs selon leurs approches littéraires. Ici, Lou Jan se revendique de l'écriture blanche. L'écriture blanche est une expression construite en référence à celle qui dit "parler d'une voix blanche", signifiant parler sans intonation particulière. L'écriture blanche c'est le même principe : une écriture neutre, sans intonation, une sorte d'absence énonciative. Sur les différents sites que j'ai consulté à la recherche d'une explication, on cite traditionnellement en exemple L'Étranger de Camus avec la phrase d'ouverture étonnamment distante malgré le "je" de la narration : "Aujourd'hui, Maman est morte." L'écriture blanche, c'est un minimalisme stylistique, pauvre en adjectifs et adverbes -en particulier de couleurs bien que ce ne soit pas systématique- mais riche en détails objectif, le tout dans une narration intégralement au présent, même ce qui est supposé se dérouler dans le passé. L'émotion n'étant pas énoncée par l'auteur mais déléguée au lecteur, l'ensemble donne une sensation d'absence, de désincarnation. Le personnage se retrouve réduit à un rang de spectateur de sa propre histoire. On retrouve la plupart de ces éléments dans le style d'écriture de Lou Jan, avec notamment dans le premier chapitre la description objective de la piste de ski où se trouve Olgann. Néanmoins, au fil de l'avancée du texte et de l'intrigue, ce sentiment de désincarnation tend à s'effacer un peu. Le style ne change pas, mais la quête quasiment désespérée des personnages pour sauver leurs mondes et leur vie s'accorde à l'écriture pour donner une impression autant d'urgence que d'impuissance face à la situation. On retrouve également cette idée dans la structure du livre. Il est divisé en 23 chapitres dont deux interludes qui servent à introduire et faire disparaître de la scène le personnage du "créateur"dont le rôle est à la fois secondaire dans l'intrigue et primordial dans l'univers développé. Durant tout le livre la narration se fait par roulement, se fixant tantôt sur l'épaule d'Olgann, tantôt sur celle de l'un des deux autres personnages principaux ou parfois sur des personnages secondaires. Au début, ce roulement se fait par chapitre et on change de personnage en changeant de chapitre. Plus on avance plus ce roulement devient important et rapide à l'intérieur même des chapitres. L'idée est de créer une forme d'angoisse qui va accentuer le sentiment qu'il faut se dépêcher, qu'il n'y a pas un instant à perdre (et accessoirement vous empêcher de refermer le livre avant la fin).

Au travers de tout ceci, l'auteur interroge notre rapport au temps, décortiquant au passage les vices de notre société hyper-connectée où tout va vite et où il faut aller vite si l'on veut réussir, ce en les confrontant à une société idyllique, utopie du bonheur par la maîtrise du proverbe latin Carpe Diem**. Considérant qu'il y a trois personnages principaux et que chacun d'entre eux a un destin différent à la fin du livre, j'y vois une sorte d'avertissement ou de conseil de la part de l'auteur sur ce qu'il pourrait nous arriver à être trop dans un extrême ou l'autre, chaque personnage ayant une fin correspondant à la conception qu'il a du temps et du bonheur. Un peu comme dans les jeux vidéos, il y a plusieurs "fins" possibles, mais celui qui s'en sort le mieux est celui qui est le moins radical de tous. Il ne s'agit là bien sûr que de mon interprétation personnelle (et je vous laisserai trouver la vôtre en lisant cet excellent ouvrage) mais je crois que pour être heureux, il faut faire preuve de consensus et d'harmonie dans sa quête du bonheur.

La terre continue de tourner autour de son axe en 23 heures 56 minutes et 4 secondes.
Extrait de Sale Temps de Lou Jan
Je vais quand même faire deux-trois critiques. Même si je comprends le mode de pensée du personnage et le fait que le style d'écriture vient aussi pour exacerber le propos, je désapprouve ce cliché scénaristique qui veut qu'une personne issue d'un monde technologiquement plus avancé prenne de haut -et avec une forme de mépris- ceux qui le sont moins. Comme si, quoi que l'on fasse, le retard technologique symbolisait une forme de retard mental et induisait supériorité et intelligence chez ceux qui sont en avance. J'ignore si le passage auquel je fais référence a été conçus exprès dans ce but mais il m'a bien exaspéré et je trouve ça dommage. Lou Jan est parvenu à transcender dans une nouvelle forme d'alchimie des motifs un peu clichés -eux aussi- de différents genres littéraires, mais celui-ci par contre est passé entre les mailles du filet... Bon, au niveau du scénario, c'est le seul mais ça reste frustrant. Tout comme les coquilles et erreurs de frappe sur la quatrième de couverture : "limiter" au lieu de "l'imiter" par exemple. Et aussi "pourvoir" au lieu de "pouvoir". C'est pas grand chose. Je suis même persuadée que la plupart des gens ne le remarque pas au premier abord, mais c'est vraiment dommage d'avoir un tel niveau de qualité sur l'ensemble de l’œuvre et de trébucher (j'ai presque envie de dire "bêtement") sur ce type de détails.

Pour conclure, c'est très rafraîchissant de lire ce genre de livre à la fois atypique, divertissant mais avec un message à méditer à la fin quand on tourne la dernière page. Merci pour cette belle découverte !

*Pour la définition de ces quatre genres, je vous invite à vous référer aux chroniques que j'ai pu faire dans le cadre des partenariats sur Dualed ou Svastika.

** Traditionnellement traduit par "Cueille le jour", c'est une invitation à savourer l'instant présent.

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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Sam 21 Mar - 10:02



L'Opération R8, de Sellig





D'après les médias et les gouvernements, les complots n'existent pas.

Une famille tranquille et sans histoire va découvrir, par hasard, que le monde n'est pas ce qu'il semble être et qu'il est peuplé de terribles secrets et de gens capables du pire pour le dominer. Bernard, Olga et leur fils Jurgen habitent un lotissement tranquille aux alentours de Lyon. Ils vont malgré eux être mêlés à une intrigue démentielle et internationale et vont se transformer en commandos pour sauver leur vie au cours de l'Opération R8.


  • Genre : thriller

  • Nombre de pages : 272

  • Format : papier





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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Sam 21 Mar - 10:04

L'Opération R8, de Sellig

Critique de Petiteherissonne

Voici donc le deuxième roman des Editions Rivière Blanche que je lis. Après avoir beaucoup apprécié le premier, je n’ai absolument pas été déçue par celui-ci, bien au contraire.

Une gentille petite famille habitant la banlieue de Lyon se retrouve malgré elle au cœur d’un complot et menacée de meurtre. Cette famille tranquille a été mêlée à ce complot un peu par hasard, uniquement parce qu’elle faisait partie des voisins et amis d’Henri depuis trois ans. Henri, un botaniste et chimiste qui, lors d’un voyage en Amazonie, avait reçu de la part d’un chef de village une plante miraculeuse qui ôte définitivement toute envie de fumer. Une association de fabricants de tabac, le Consortium, dirigé par Wilson, a donc pour but de les faire parler et de les éliminer dans le cas où ils seraient au courant de quelque chose qui pourrait provoquer l’effondrement du marché du tabac.

Tout commence lorsqu’Olga et Jürgen, la mère et le fils de la famille, obligent Bernard, le père, à composer un numéro déchiffré à partir d’un code. Ce code, leur voisin leur avait confié dans une enveloppe à n’ouvrir que s’il arrivait quelque chose d’inhabituel ou de bizarre. Or ce voisin vient de mourir. Commence alors une aventure qui ne sera pas de tout repos pour cette famille censée être ordinaire, qui ne manquera pas d’entraîner quelques autres personnes au passage dont René, un ancien béret vert faisant partie des forces spéciales des services secrets, et ami fidèle d’Henri.

L’histoire de départ pourrait sembler loufoque en raison des traits de caractère assez particuliers des différents protagonistes, et pourtant elle se révèle diablement efficace car elle arrive à nous entraîner de façon agréable au fil des pages ; l’auteur ayant eu le talent de ne jamais trop en faire pour que l’ensemble ne devienne pas lourd ou ridicule.

Les personnages tout aussi dérangés les uns que les autres pourraient sembler stéréotypés et pourtant il n’en est rien. En effet, l’auteur a pris soin de construire une identité propre à chaque protagoniste en lui attribuant des traits de caractère très marqués, parfois étranges comme c’est le cas pour Jürgen par exemple qui a construit un laboratoire avec l’aide de deux de ses amis afin de mener à bien tout un tas d’expériences les plus loufoques les unes que les autres, incluant souvent des animaux. Mais nous pouvons également penser aux parents et citer Bernard, le père de famille, bricoleur du dimanche, dont les inventions entraînent souvent des catastrophes au sein de leur habitation. Olga, quant à elle, est une mère de famille particulièrement musclée, qui passe ses journées à travailler dans un garage et qui n’hésite pas à utiliser la violence pour gagner quelques places dans une fille d’attente. Encore une fois, l’auteur a réussi à ne pas tomber dans la facilité car ces personnages dont les traits de caractères pourraient sembler exagérés, se révèlent finalement assez drôles. Le chien de la famille, Pupuce, « la terreur du lotissement », « un animal étrange presque aussi gros qu’un veau qui mangeait en plus de ses trois kilos de viande quotidiens, des chambres à air, des clous, des éponges ou tout ce qu’elle pouvait se mettre sous la dent », complète parfaitement le tableau de cette petite famille pleine de folie.

Bien qu’étranges, ces personnages n’en sont pas moins touchants malgré leur particularités. En effet, grâce à des descriptions complètes et de nombreuses interactions entre les personnages, nous finissons par avoir l’impression de bien les connaître et ceux-ci paraissent tellement vrais et sincères, qu’il peut nous arriver d’être touchés par le lien qui unit ces membres pourtant si différents mais tellement solidaires face aux difficultés. Chaque personnage met ses talents ou ses connaissances à contribution pour aider l’ensemble de la famille à s’en sortir. Mon seul petit regret concerne justement leur facilité à se sortir de toutes les situations, à avoir une solution à chaque problème alors qu’ils sont opposés à une organisation puissante dont les membres sont formés pour obéir aux ordres et tuer sans hésitation.

J’ai également beaucoup apprécié le style de l’auteur qui se lit facilement et agréablement malgré quelques erreurs de ponctuation, notamment dans les dialogues, qui peuvent nous forcer à relire certaines phrases. Malgré cela, le style reste fluide, les interactions entre les personnages, assez nombreuses, sont justes mais assez complètes pour nous apporter des informations, et souvent drôles, ce qui ne gâche rien au plaisir de lecture.

De plus, malgré le côté décalé du récit, ce livre n’en reste pas moins une sorte de thriller d’aventures fait d’une vraie histoire complète et cohérente. En effet, dans les quelques premières pages, en tenant compte des caractères particuliers des membres de la famille qui ont dû se transformer en commandos, j’ai eu un peu peur que l’histoire parte dans tous les sens et finisse par être plus folle qu’intrigante. Heureusement, l’auteur n’a pas perdu le fil du récit concernant le complot et fait avancer celui-ci à un rythme soutenu. Je regrette simplement qu’il n’y ait pas eu assez de suspens car la majorité des situations difficiles ont trouvées un dénouement rapide ou attendu parce qu’un peu trop simpliste. J’aurais aimé quelques rebondissements supplémentaires.

J’ai également apprécié la fin, qui bien qu’un peu facile puisque tout s’arrange pour tout le monde avec en prime une nouvelle histoire d’amour, clôt notre lecture d’une façon agréable et satisfaisante en ayant au moins le mérite de ne pas nous laisser frustrés.
Je remercie les Editions Rivière Blanche ainsi que le forum Au cœur de l’Imaginarium pour ce partenariat particulièrement plaisant.

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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Lun 30 Mar - 10:08



Le Verseau veut la part du Lion, de Robert Stefinger





Baptisé par les médias : Le héros de l’an 2000, Richard Sauvère, dit le Verseau, né dans un engin spatial au sein de la ceinture des astéroïdes, est l’ennemi juré du Pouvoir Mondial Occulte. Il est rattaché au Centre, dirigé par Karl Shuler, savant mondialement connu.

Doué par la science de formidables pouvoirs dont lui-même ne connait pas les limites, Richard, assisté du fidèle Nang et du Docteur Gloria Adams, affronte de mystérieuses entités également incarnées par les Signes du Zodiaque.

Le Verseau ne savait pas qu’une simple pierre noire allait le conduire du Pôle Sud au Groenland, à la recherche d’un mystérieux trésor convoité aussi par le Pouvoir Mondial Occulte. Mais LE VERSEAU veut la part du LION.


  • Genre : science-fiction

  • Nombre de pages : 264

  • Format : papier





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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Lun 30 Mar - 10:10

Le Verseau veut la part du Lion, de Robert Stefinger

Critique de SaB

En premier lieu je tiens à remercier le forum "au cœur de l'imaginarium" ainsi que les editions "Rivière Blanche" pour ce service presse.

"Le verseau veut la part du lion" est le troisième tome de la série "les aventures du Verseau". Je n'ai pas lu les précédents tomes (je n'avais pas remarqué la mention tome 3), mais cela me permet de vous dire qu'il peut se lire indépendamment des autres. J'ai sans doute perdu quelques détails concernant les liens entre les différents personnages, mais rien qui ne puisse gêner à la compréhension.

L'objet livre est d'excellente qualité, avec une couverture qui colle au style. Il n'est pas très long, pourtant il n'est pas réellement rapide à lire. Explications à suivre.

Pour vous dire deux mots sur l'histoire sans spoiler, ce livre débute avec notre héros, Le Verseau, humain modifié aux capacités peu communes. Il appartient à une organisation mondialement renommée, le Centre. Organisation toujours en compétition avec une autre, appelée le PMO.
Le déclencheur de cette histoire est une simple pierre noire, abandonnée un beau jour devant la porte de notre héros. Remontant l'énigme de la pierre, Richard Sauvère (le véritable nom du verseau) et ses amis de l'organisation vont se retrouver en compétition avec le PMO pour une mystérieuse chasse aux trésors.
Chasse qui les mènera tour à tour du Pôle Sud aux confins du Groenland...

Ce livre est une anticipation, et nous retrouvons les détails scientifiques (physique quantique et autres) souvent présents dans la SF.

Richard Sauvère est un personnage assez caricatural. Produit de la science, les modifications qu'il a subies lui confèrent des pouvoirs extraordinaires. Télépathie, force surhumaine, la liste est assez longue. Malheureusement, ces pouvoirs ne sont pas exploités avec subtilité et c'est ainsi que Sauvère se retrouvera à affronter à mains nus et seul un ours blanc et un requin, situations qui tombent comme un cheveu sur la soupe par rapport au contexte.
La vie et les personnalités des différents personnages rencontrés ne sont pas assez développées pour que l'on puisse ressentir des sentiments vis à vis d'eux, qu'il s'agisse d'attachement ou de répulsion.
De plus, ceux-ci sont beaucoup trop nombreux et l'on finit par y perdre notre latin entre les différents noms et rôles. D'autant que certains jouent des doubles jeux, et au final, difficile de savoir qui fait quoi.

Mais je crois que le principal problème de compréhension et de difficulté de lecture tient à l'écriture. Anarchique. C'est le seul mot qui correspond. Je suis désolée de devoir mettre cela en avant, mais ce livre est tout simplement incompréhensible. La ponctuation est inexistante ou employée de manière totalement inappropriée. La plume est plutôt maladroite, avec des phrases peu fluides et très souvent dépourvues de sens, se mélangeant entre elles. Les dialogues sont surréalistes et se contentent de nous aligner des informations les unes après les autres, sans lien ni explication. Bref il n'y a aucun travail de relecture et cela devient une véritable b.a. de lire ce livre.
Je vous donne quelques exemples, sachant que chacune des page est recouverte de ce genre d'erreurs :

"Il jeta seulement un clin d'œil sur un petit carnet."
"Silencieusement ils avancèrent avec les stonemen pour fermer la marcher insensibles à leur environnement."
"Des animaux des sortes de reptiles du secondaire en version réduite on y voyait des de larges espaces occupés par de la végétation tropicale mais aussi par des animaux de taille réduite, issus du secondaire comme le Brachiosaure, le Titanosaure le Vélociraptor le tricératops le Plésiosaure le Brontosaure toute cette faune que notre civilisation croyait disparue depuis si longtemps."

Pourtant l'idée de base est originale, malgré mon incompréhension en ce qui concerne la mention "entités incarnées par les signes du zodiaque". Surtout, j'ai particulièrement apprécié les passages au Groenland, avec cette civilisation disparue, ces rencontres avec des animaux préhistoriques, et d'autres encore. Mais le développement est peu subtil est surtout, l'ensemble est illisible.

Ce texte mériterait une relecture approfondie, et, pour le moment, je ne peux me permettre de le recommander.

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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Lun 6 Avr - 8:53



La Templière, de Roger Facon





Il attend la mort depuis trop longtemps pour s'en émouvoir. Et puis, plus on s'approche de l'obtention du don, plus on est seul. Certes, il aurait préféré que cela se passe autrement. Dans la plus complète sérénité. Sans souffrances. Pendant son sommeil, par exemple, en rêvant du royaume inconnu. Mais le Karma en a décidé autrement...

C'est pour elle que Flaubert a séjourné en Egypte. Pour elle que l'empereur Napoléon III a engagé la lutte contre les vampires. Elle... La Templière. Que signifie son retour parmi nous ? Le Cycle qui est en train de s'ouvrir sera déterminant pour elle, pour nous, mais aussi pour le Paris souterrain de Nicolas Flamel, le Paris creusé sous l'ancien quartier du Temple.

Roger Facon s'est penché sur les énigmes de l'univers avant de traverser le Fleuve Noir. Puis il s'est longuement attardé sur les rives du polar (Gallimard, Baleine, L'Archipel). Aujourd'hui, il se frotte au courant de la Rivière Blanche, ravi de replonger avec nostalgie dans un fantastique mâtiné d'ésotérisme et d'occultisme, pour le plus grand bonheur des lecteurs.


  • Genre : fantastique

  • Nombre de pages : 272

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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Lun 6 Avr - 8:57

La Templière, de Roger Facon

Critique de Ninik

Rivière Blanche étant un éditeur que j'affectionne tout particulièrement, c'est avec grande confiance que j'ai plongé dans La Templière, de Roger Facon. Et j'avoue avoir eu peur, tant le début de l'ouvrage ne cherche pas à mettre le lecteur à l'aise.
En effet, le style est saccadé, presque télégraphique, avec des phrases succinctes, parfois sans verbe. Les chapitres sont très courts (souvent une page) et posent une situation donnée et différente à chaque fois, faisant des allers et retours entre plusieurs époques (surtout entre les années 1850 et de nos jours). Les personnages (pour beaucoup historiques) sont présentés rapidement, les lieux peu décrits, et le lecteur se retrouve ballotté, malmené, cherchant à y voir clair, à s'accrocher, à comprendre mais aussi à faire en sorte que le voyage proposé par l'auteur soit plaisant.
Et les premiers chapitres demandent de la persévérance, mais, pour quiconque s'accroche quelque peu, l'ouvrage devient rapidement passionnant, et le mot est faible. Suivre l'histoire reste complexe, et malgré la petitesse du livre (moins de 300 pages), le dévorer prend du temps, tant il faut digérer certaines informations, tant l'auteur lie ensemble nombre de choses, mais, Roger Facon étant toujours cohérent, et malgré son récit en pointillé, parvient toujours à faire progresser son récit dans la bonne direction. La Templière se révèle donc être un excellent ouvrage.
Il raconte la lutte d'une société secrète contre des clans vampires gouvernant le monde discrètement. Mais, en développant son histoire, l'auteur fait des liens historiques, mystiques, et littéraires assez osés. Côté histoire, nous suivons Flaubert, on nous parle – forcément – de Mme Bovary, mais aussi de Philippe le Bel, de Jeanne d'Arc, des templiers, des Rose-Croix, de Napoléon 3, entre-autre. Au niveau du mysticisme, l'auteur fait des liens entre les vies antérieures, les voyages astraux, et la mythologie égyptienne, et l'ouvrage parle aussi, entre-autre, de Dracula.
Raconté ainsi, le récit peut paraître fouillis (d'autant que les allers et retours dans le temps brouillent encore la donne), mais ce serrait faire erreur, Roger Facon maîtrisant son récit à la perfection, et emmenant son lecteur dans une histoire dure à suivre, complexe, mais passionnante. L'auteur, avec son style télégraphique qui va à l'essentiel, élague tout ce qui pourrait détourner le lecteur de son intrigue, et ainsi, chaque page est passionnante, pleine de références, d'idées, et, sans même y prendre garde, le lecteur imagine ce que l'auteur ne décrit pas, comble les trous, visualise les lieux, teinte de rouge sanglant les meurtres atroces, ou de sensualité les orgies mystiques.
Ainsi, La Templière se dévore, même si pas vite, et il est dur de lâcher le livre avant la fin, tandis que l'histoire progresse, ne déviant jamais de sa route.
Le seul point négatif provient, en fait, de la fin, qui se révèle trop ouverte. Elle est certes logique, et il est aisé de comprendre que son auteur n'ait pas voulu clore son récit, qui, en s'étalant, en filigrane, sur plusieurs siècles, ne peut se conclure vraiment, la lutte étant éternelle, mais l'ouvrage présente un léger sentiment d'inachevé quelque peu frustrant. Cependant, Roger Facon n'ayant jamais voulu, au fil des pages, mettre le lecteur dans une sensation de confort face à cette lecture, pourquoi aurait-il commencé à cet instant ?
Au final, malgré mes craintes premières, La Templière est un prodigieux livre, comme toujours avec Rivière Blanche, éditeur décidément à suivre pour qui affectionne la littérature bis.

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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Dim 19 Avr - 9:21



Oncle Abner, le Maître du Mystère, de Melville Davisson Post





"Ce monde est empli des mystères de la justice divine !"

Dans cette terre de pionniers d'avant la guerre de Sécession, faire respecter la loi n'est pas une mince affaire. La capitale de l'état de Virginie est loin, le juge de paix n'a guère de moyens et les éleveurs sont prêts à se faire justice eux-mêmes.

Mais un homme se dresse pour confondre les criminels, armé d'un sens de l'observation hors du commun, d'une capacité aiguë à la déduction et... d'une Bible qui lui sert de guide.

Voici Oncle Abner, un des premiers grands détectives américains et le tout premier représentant du récit policier historique, dont les enquêtes sont pour la première fois traduites dans leur intégralité.

Célèbre en son temps pour ses nouvelles policières et ses romans parfois mystiques, Melville Davisson Post (1869-1930) est considéré aujourd'hui par les spécialiste comme un classique de la detective story. Il fait l'objet ces dernières années d'une véritable redécouverte qui rend enfin justice à son oeuvre unique.


  • Genre : policier

  • Nombre de pages : 400

  • Format : papier





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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Dim 19 Avr - 9:23

Oncle Abner, le Maître du Mystère, de Melville Davisson Post

Critique de Maliae

Voici un livre qui recouvre un grand nombre de nouvelles sur l’Oncle Abner. Un homme qui croit en la justice divine, et qui sur Terre fait un peu office d’enquêteur et essaie de faire régner la justice. Chaque nouvelle nous est contée par Martin, qui a neuf ou dix ans selon la nouvelle, et qui raconte les événements comme il les a vécu. On sent que l’écriture est mâture, le style presque un peu lourd, Martin n’est plus un enfant quand il raconte, il parle de ses souvenirs, et j’ai trouvé par conséquent assez difficile de s’identifier, de rentrer dans l’histoire.
Le style est descriptif, puisque c’est à partir de plusieurs détails qu'Abner va mener ses enquêtes, mais j’ai trouvé que parfois on emmagasinait trop de données en même temps. Entre ce que voit Abner, ce que fait Abner, ce que voit Martin, ce que pense Martin, ce qui est vraiment, je me perdais par moment un peu sur tout ce qui était raconté.
Dans les autres points négatifs, j’ai regretté que pour la plupart des nouvelles, le coupable soit aussi évident. L’intérêt de ces histoires n’est pas tant de trouver le coupable, ni ses raisons, mais plutôt comment Abner va l’emmener à avouer et comment il a trouvé les indices. Du coup, en tant que lecteur on reste assez passif, à l’extérieur de l’histoire, et on attend qu'Abner donne ses explications. J’avoue que j’aurais beaucoup plus apprécié un héros qui cherche à résoudre l’enquête, plutôt qu’un héros qui a déjà tout en main et qui fait durer le dialogue. Il est arrivé que je m’ennuie.
Les nouvelles les plus intéressantes finalement, étaient celles où Abner réussissait à réellement me surprendre. De par ses actes ou ses paroles. Ou bien simplement parce que le coupable n’était pas celui que l’on pensait, ou pas pour les raisons qu’on le pensait. Les nouvelles donc qui nous trompent par leurs faux indices et où le lecteur est entraîné dans l’histoire.
Pour les personnages, Martin et Abner sont les deux principaux. Martin n’a pas vraiment de personnalité, il admire son oncle et est surtout là en tant que spectateur de l’histoire. Il va parfois parler de ses sentiments, c’est là un moyen de nous induire en erreur quelque fois. Abner m’a paru plutôt plat, presque trop parfait finalement. Physiquement il est fort, il inspire le respect. Il est aussi très intelligent, très observateur. Sa croyance en Dieu est un peu trop présente. Habituellement ça ne me dérange pas, mais ici, j’ai trouvé que sa croyance était un peu trop mise en avant. Abner fait régner la justice à sa manière, il arrive par exemple qu’il laisse partir les coupables plutôt que de les livrer, selon ce qu’il pense juste, il fera payer le coupable autrement.
J’aurais apprécié voir chez lui des défauts, ou savoir qu’il n’était pas surhumain et pouvait se tromper, mais ce n’était pas le cas. Dommage.
Les autres personnages qui apparaissaient étaient souvent là pour l’intrigue et mettaient en valeur Abner – soit parce qu’ils enquêtaient avec lui et se trompaient, soit parce qu’ils étaient les coupables et Abner finissait toujours par être le plus malin.

En soi, j’ai passé un bon moment avec ces nouvelles, elles ne sont pas addictives, mais elles se laissent lire. Sans apporter un grand suspens, j’avoue que j’ai fini par me prendre au jeu de certaines d’entre elles – notamment quand elles se montraient surprenantes. Je reste tout de même un peu déçue par le style et par le fait que le lecteur reste trop passif dans l’histoire.
Tout de même un bon moment de lecture.

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