Bienvenue au Cœur de l'Imaginarium !
 
AccueilCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 [Editeur] Rivière Blanche

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5  Suivant
AuteurMessage
ninik

avatar

Masculin Messages : 2833
Date d'inscription : 29/05/2014
Age : 39
Localisation : Liège

MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Mer 29 Avr - 7:15



Katorga, de Jean-Michel Archaimbault





Nous avons commis les plus graves des crimes. Nul souvenir ne nous en reste, sauf une date identique pour tous. Déportés dans une colonie pénitentiaire spéciale, nous travaillons à des recherches dans nos domaines d'excellence. Contrôles et examens périodiques évaluent nos progrès vers la réhabilitation.

Jamais nous n'avons vu nos gardiens. Jamais nous n'avons vu, par-delà les limites du camp, l'inconnu total et mortel qui nous environne. Nous sommes exilés sur un monde qui n'est pas notre Terre, et qui relève d'un plan différent.

Notre seul espoir de franchir le seuil dans le sens du retour... Accepter la part de l'ombre, renoncer à l'évasion... nous adapter à la KATORGA...

Pour les 10 ans de RIVIERE BLANCHE, voici une version revisitée de N'accusez pas le ciel, un ouvrage de 1964 qui a placé Richard Bessière au confluent de Philip K. Dick, de Richard Matheson et du thriller noir.


  • Genre : science-fiction

  • Nombre de pages : 304

  • Format : papier





_________________
lecture en cours : Les Lames du cardinal de Pierre Pevel
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://niniksland.eastasia.fr/
ninik

avatar

Masculin Messages : 2833
Date d'inscription : 29/05/2014
Age : 39
Localisation : Liège

MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Mer 29 Avr - 7:19

Katorga, de Jean-Michel Archaimbault

Critique de Malka

A l'occasion des dix ans de « Rivière Blanche » Jean Michel Archaimbault nous propose avec « Katorga » une version revisitée et modernisée de « N'accusez pas le ciel », de Richard Bessière (publié en 1964). J'avoue ne pas avoir lu ce précédent roman et ne pas proposer une comparaison de ces deux œuvres. Cette critique se centrera donc sur mon ressenti à la lecture de « Katorga » uniquement.

Dans « Katorga », Alexeï Goriantchiko, personnage principal du récit, nous raconte sa vie dans la Katorga, située sur la planète Agruun Syrthra.
Emprisonné dans la colonie pénitentiaire pour une faute qu'il ne se rappelle plus avoir commise, sa mémoire ayant été effacée avant son incarcération, il y mène des travaux de recherches et d'expérimentations. Les prisonniers qui l'entourent sont aussi des savants, qui se voient affecter des taches, en fonction de leurs compétences spécifiques.
Leur vie quotidienne semble rythmée autour de ces travaux qui retiennent la majeure partie de leur attention.
Pourtant, Alexeï s'interroge. Quelle est sa faute ? Et celle des autres ? Ont-ils commis le même crime, puisqu'ils furent tous emprisonnés le même jour ? (la date d'effacement de la mémoire semble, en effet, la même pour tous). Sinon, par quel hasard auraient-ils commis leur crime le même jour ? Et surtout quel est ce crime ? Sont-ils des assassins ?
Alexeï voudrait savoir, comprendre. Ces questions semblent l'obséder plus encore que son emprisonnement lui même.
D 'ailleurs dans la Katorga, la liberté ne s'obtient qu'après réhabilitation, car ce n'est pas le rachat de la faute qui compte, mais la guérison. Des tests organisés quotidiennement permettent de juger du traitement approprié. L'évasion reste improbable, car elle serait à coup sûr découverte, vu la surveillance constante de l'état d'esprit des prisonniers et de leurs intentions, grâce à ces mêmes tests. Mais, ce n'est pas ce qui motive Alexeï, avant tout en quête de vérité.

Au départ de son aventure, Alexeï se réfugie dans la solitude et tente de ne pas être percé à jour. Seules de rares confidences sont échangées avec celui qu'il appelle « le professeur ». Les autres attachent plus d'importance à leurs travaux de recherche et sujets d'expérimentation, sans se mêler aux éléments perturbateurs.
La solitude d'Alexeï le pousse à l'obsession, ainsi qu' à la prise de risques pour essayer d'en découvrir plus. Le professeur lui reprochera même son attitude imprudente et source d'ennuis pour les prisonniers et la colonie. Inga, fille du professeur est la première à se rapprocher de lui et à comprendre ses plans.
Une important explosion permet pourtant à certains prisonniers de réaliser qu'ils ne sont pas aussi seuls qu'on cherche à leur faire croire et qu'on leur cache des choses. Voilà qui leur donne l'envie d'en savoir plus !
Cet événement s'avère donc propice au rapprochement et un petit groupe de complices rejoint Alexeï qui pousse son exploration toujours un peu plus loin.

Si les protagonistes du récit deviennent vite nombreux, l'intrigue se ressert sur ce petit groupe, ce qui permet de mieux cerner les personnages et de garder le fil sans être perdu. De plus, la bonne caractérisation des principaux personnages et la narration à la première personne du point de vue d'Alexeï permet au lecteur de garder des repères précis. Adopter le point de vue d' Alexeï, se révélant le plus « rebelle » de tous, ne se contentant pas d'évidences assénées à coup de suggestions et conditionnement, s'avère un très bon choix, car on aime le suivre et on partage sa soif de vérité. Les révélations auxquelles il se trouve confronté, vont au delà de ce qu'il peut imaginer et accepter.

La narration à la première personne présente bien des avantages. L'auteur insiste avec justesse sur les émotions et réflexions d' Alexeï. De plus, les informations fournies au lecteur découlent de ses découvertes (ou de ce qu'il croit découvrir). Elles sont le fruit de ses visions, de ses tourments et incompréhensions. On ne connaît pas son degré de lucidité face aux événements. L'auteur peut ainsi moduler le récit dans la direction désirée, à l'aide de ces semi-vérités, entre surprise et épouvante. Le lecteur, pas plus qu'Alexeï, ne peut détecter ce qui est réel ou non, ce qui est suggestion et ce qui est réalité. Le doute reste permanent. L'auteur emmène donc le lecteur à sa guise, pour mieux le surprendre et y réussit fort bien ! En effet, si le point de départ et l'arrivée forment des classiques SF prévisibles et attendus, le chemin parcouru, par contre, ne manque pas d'originalité et d'imagination.
S'il semble un peu dommage que l'exposé final apporte la « Vérité »tant recherchée de manière un peu mécanique, elle apporte toutefois des éléments de compréhension supplémentaires sur le choix de la narration : celle ci prend tout son sens sur le fond, comme sur la forme. Tout a été préparé calculé, mis en place, maîtrisé par l'auteur et le lecteur se laisse piéger avec plaisir !

La Katorga, lieu mystérieux et élaboré, s'organise autour d'un mode de fonctionnement pensé et calculé de manière optimisée : des tâches, confiées aux savants exploités selon leurs compétences, découlent les inventions validées et concrétisées et les avancées technologiques. Ces hommes représentent donc les maillons indispensables de son bon fonctionnement, mais sont conditionnés pour s'en remettre entièrement aux robots qui gèrent la colonie. La véritable nature et fonction de ces robots, ainsi que de l'inquiétant commandant, qui impose une autorité sournoise et sans faille, font partis intégrante des secrets bien cachés de la Katorga.
L'autorité mise en place, passe également par l'individualisme : on tient chaque savant focalisé sur ses recherches, encouragé à délaisser toute conscience collective. On lui apprend à douter constamment des autres, à respecter la discipline, mais surtout à la faire respecter.

L'explosion, élément perturbateur du récit, permet à notre petit groupe de complices, nouvellement formé, de se projeter à l'extérieur de la Katorga, alors qu'ils ne l'auraient jamais envisagé auparavant, persuadés de se trouver sur une planète inhabitée et hostile.
L'extérieur révèle d'ailleurs bien des surprises et des paradoxes, que ce soit sur la nature même d' Agruun Syrthra ou sur les cités visitées. Ces dernières, envoûtantes et intangibles, paraissent en pleine ébullition, alors qu'elles sont vides de toute vie. Le phénomène qui les caractérise leur accorde également une étrange immortalité.

L'écriture précise, juste et fluide, les chapitres courts, la narration à la première personne et l'emploi du présent, offrent un rythme de lecture très plaisant et une plongée totale dans l'univers proposé par l'auteur. L'immersion, ainsi facilitée, rend le récit plus vivant.
Si l'intrigue et les sous-intrigues peinent parfois à s'imbriquer au début, elles se fluidifient ensuite au cours du récit, qui reste toujours très prenant.
On apprécie également les paradoxes proposés et le doute constant entre suggestion et réalité, très bien mis en place, bien décrits, à la fois surprenants et intrigants.
L'auteur joue des faux-semblants, des fausse vérités et les convictions du lecteur se font et se défont au fil du récit, jusqu'au dénouement final.
Si un soupçon d'explication germe vite dans l'esprit du lecteur, il ne s'attend pas au chemin parcouru pour la vérifier, ni à la tournure que prend finalement l'intrigue. De plus, si la révélation finale semble assez machiavélique (voire choquante), elle suit pourtant un raisonnement logique,construit au fil des effroyables découvertes réalisées par Alexeï et ses amis, et apparaît tout à fait cohérente avec la culture SF.

L'atmosphère de Katorga, souvent oppressante, parfois horrible et glaçante, toujours troublante, représente un point fort du roman. On peut noter également l'équilibre intéressant entre éléments de l'intrigue et détails techniques. J'avoue mon ignorance sur ce point, pourtant ces détails fort intéressants pour qui s'y entend un minimum sur ce sujet, ne sont pas pesants pour les non initiés et n'occasionnent aucune gêne à la lecture.

En conclusion, « Katorga » est un excellent roman de SF, prenant et surprenant. J'ai apprécié l'univers riche, l'intrigue tortueuse et les personnages attachants proposés par JM Archaimbault. Grâce à la plume de l'auteur, et l'atmosphère froide, parfois glaçante, je me suis immergée sans mal dans l'intrigue. Une fois lancée, difficile de lâcher, tant j'avais envie de connaître et comprendre la vérité à l'instar d'Alexeï.
Voilà qui me donne bien envie de découvrir « N'accusez pas le ciel », afin de discerner points communs et apports faits avec l'adaptation.
A la fin du livre, on retrouve d'ailleurs le témoignage de Mick Bessière, épouse de Richard Bessière (aujourd'hui décédé) qui a accordé son soutien et sa confiance à Jean-Michel Archaimbault, avec le désir de voir vivre encore l’œuvre de son mari.
Jean-Michel Archaimbault nous livre aussi le cheminement de ses préparations, des lignes directrices choisies pour la réécriture, son souhait d'y conserver l'esprit du roman original et sa volonté de rendre hommage à l'auteur.
Ces compléments d'informations pertinents se lisent, donc, avec intérêt à la suite du roman.
Je remercie « Rivière Blanche » et « Au cœur de l'Imaginatium » pour cette très belle découverte.

_________________
lecture en cours : Les Lames du cardinal de Pierre Pevel
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://niniksland.eastasia.fr/
ninik

avatar

Masculin Messages : 2833
Date d'inscription : 29/05/2014
Age : 39
Localisation : Liège

MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Sam 2 Mai - 8:44



Et Le vent se mit à souffler, de Gabriel Jan





De tout temps, notre bonne vieille Terre connut des ténors politiques, mais les plus remarquables furent ceux qui apparurent dès le XXè siècle. Grâce à eux, nos aïeux apprirent que les générations qui leur succéderaient connaîtraient, avec les nouvelles découvertes, un avenir serein.

Lorsque nombre d'entre eux, pour ne pas dire tous, se transformèrent en devins, monstres de guerre ou clowns, ils ne provoquèrent pas nécessairement le rire. Habilement néanmoins ils firent croire aux peuples qu'ils seraient heureux. Saint-Fric prit du galon et devin Dieu.

Car sur le monde idéal qu'ils n'avaient cessé de repeindre aux couleurs de la mode, avec un art consommé très tendance, la grisaille peu à peu se déposa... ET LE VENT SE MIT A SOUFFLER...


  • Genre : science-fiction

  • Nombre de pages : 244

  • Format : papier





_________________
lecture en cours : Les Lames du cardinal de Pierre Pevel
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://niniksland.eastasia.fr/
ninik

avatar

Masculin Messages : 2833
Date d'inscription : 29/05/2014
Age : 39
Localisation : Liège

MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Sam 2 Mai - 8:45

Et Le vent se mit à souffler, de Gabriel Jan

Critique de Malka

Dans un monde rongé par la cupidité, la corruption et la pollution, Virgile fait la rencontre de Sibylle et Vigo, deux extra terrestres pacifiques, grâce à qui il découvre un monde parallèle à l'opposé du sien : Reconquête 102.

On se lance très facilement dans le roman, grâce à la plume fluide et agréable de Gabriel Jan. En effet, il nous conte son histoire, nous ouvre la porte du récit et on y entre avec plaisir et curiosité.
Les mots employés par l'auteur sonnent justes : il n'essaie pas d'impressionner le lecteur par de mots sophistiqués, mais ne tombe pas non plus dans le piège de la simplification. Le récit est clair, les descriptions détaillées et précises. On visualise sans mal les lieux. Les scènes, les atmosphères, et émotions sont également bien mises en place : que ce soient les scènes amicales et intimes, le climat de violence, l'étrangeté du Pangéa, la sérénité éprouvée sur Reconquête 102.
Le lecteur, vite captivé par le récit, a l'impression d'accompagner les personnages au sein de celui ci, en partageant leurs sensations et émotions.
On apprécie aussi la construction pertinente et riche des univers et des faits surnaturels. Le Pangea, passage entre les univers, s'avère en ce sens extrêmement intéressant.

L'auteur prend le temps de poser les personnages et de développer l'intrigue, qui avance progressivement et confortablement. Cependant, s'il ne brusque pas le lecteur et l'installe paisiblement dans la lecture, il amène tout de même son lot de rebondissements et de revirements de situation, et cela avec un naturel et une facilité quelque peu insolents, mais si plaisants.

Si l'intrigue passionne, elle met également en jeu la vie des personnages, auxquels on s'attache sans mal, car ils sont bien caractérisés. Malgré leur grand nombre, la confusion semble difficile, car l'auteur propose des repères bien ancrés : Virgile, amical et astucieux, s'impose comme le personnage principal, mais les personnages secondaires paraissent tout aussi importants : comme son ami Horace, vieil homme sage et lucide, Sibylle et Vigo, les extra terrestres pacifiques, mais aussi Socrate, le philosophe, Ingrid, petite fille (aux étranges pouvoirs), les Amphoms, étranges créatures, résultat des manipulations génétiques des Muzuls, extra terrestres ennemis qui menacent les deux mondes... Tous possèdent un rôle bien défini à jouer dans l'intrigue.
D'ailleurs, la narration révèle ce degré d'importance par une alternance judicieuse des points de vue. Les changements s'enchaînent de manière fréquente, mais fluide : Horace/ Virgile, Sybille/Vigo principalement, mais on note aussi l'incursion propice des autres personnages. Il n'y a pas pour autant confusion à la lecture, grâce à une organisation en chapitres clairs.

Au début de l'histoire, le discours écologique et moralisateur semble un peu répétitif et manque d'originalité, mais le message passe tout de même et s'affine au fil du récit. Les conséquences de l'irresponsabilité des humains, poussées à l'extrême, restent vraisemblables, cohérentes et aisées à retranscrire dans notre propre monde : dérèglements climatiques, irruptions volcaniques et autres cataclysmes.
Pourtant, des perspectives d'avenir s'offrent à ceux considérés comme récupérables, c'est à dire non rongés par la cupidité et la violence. Cette note d'espoir atténue la portée sombre et pessimiste de l'histoire.
Ce message fort, certes moralisateur, passe assez facilement, car l'auteur s'en est donné les moyens, par sa plume et la construction du récit, avec intelligence et légèreté.

On note également un zeste de romance, se profilant au fil de l'histoire, mais qui s'efface vite devant les événements. Elle semble bien dosée, même si un peu timide.

En conclusion, « Et le vent se mit à souffler » est un roman assez court (environ 230 pages), mais j'aurai pu continuer l'aventure sans problème, tant j'ai apprécié l'histoire, l'univers et les personnages développés par Gabriel Jan. J'ai apprécié sa fausse simplicité. Je me suis laissée transportée par la plume de l'auteur et ai été surprise par les revirements de situation...Un vrai coup de cœur ! Je remercie Au cœur de l'Imaginarium et Rivière blanche pour cette belle découverte.

_________________
lecture en cours : Les Lames du cardinal de Pierre Pevel
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://niniksland.eastasia.fr/
ninik

avatar

Masculin Messages : 2833
Date d'inscription : 29/05/2014
Age : 39
Localisation : Liège

MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Dim 10 Mai - 6:54



Naufragés éternels, de Patrice Lajoye





Daniel se demandait bien ce qui avait pu le pousser à accepter ce rendez-vous avec Philippe Lepuits. Était-ce à cause du style de la lettre, à la fois sérieux et chaleureux, avec des tournures habiles rendant impossible tout refus ? Mais peut-être aussi parce que Lepuits était éditeur, le genre de personne à conserver parmi ses relations quand on exerce la profession d'historien.

La vie de Daniel ne va pas fort, son amie l'a quitté et son emploi à l'université ne le passionne plus, au point de se morfondre durant les cours qu'il donne. C'est uniquement pour changer d'air qu'il décide d'accepter la proposition d'un châtelain désireux d'établir l'histoire de sa famille. Mais il ne sait pas dans quelle étrange aventure il vient de s'engager.

Patrice Lajoye travaille au CNRS. Il est docteur en Histoire des religions comparées, et dans ce roman, il mélange sa passion de la science-fiction avec son amour pour l'histoire.


  • Genre : science-fiction

  • Nombre de pages : 192

  • Format : papier





_________________
lecture en cours : Les Lames du cardinal de Pierre Pevel
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://niniksland.eastasia.fr/
ninik

avatar

Masculin Messages : 2833
Date d'inscription : 29/05/2014
Age : 39
Localisation : Liège

MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Dim 10 Mai - 6:56

Naufragés éternels, de Patrice Lajoye

Critique de Petiteherissonne

Voici donc le premier roman de ce genre que je lis. Je l’ai choisi car j’ai été très attirée par son résumé et j’ai eu encore davantage envie de m’y plonger après avoir lu dans la présentation de l’auteur que celui-ci tenait à nous faire partager sa passion de l’histoire, étant moi-même très intéressée par ce sujet.

Me voici donc à commencer la lecture de ce livre par un prologue étrange à mes yeux, n’étant pas habituée à ce style de lecture, je ne m’attendais pas à un début tenant déjà de la fiction. Et pourtant, celui-ci a titillé ma curiosité et m’a donné envie de poursuivre ma lecture.
Nous retrouvons donc Daniel, historien et Maître de conférences à l’université, se rendant à un rendez-vous avec Philippe Lepuits, un éditeur, suite à une lettre de celui-ci. Daniel arrive dans une vieille maison d’Editions où il est accueilli par un certain Monsieur Moustier qui lui explique que son directeur l’a choisi pour établir l’histoire de la famille Lepuits. Daniel refuse.

Cependant, lorsque Daniel se rend à la bibliothèque de l’université dans laquelle il travaille, celui-ci tombe par hasard sur des documents relatifs à la ville de Puitay, ville d'où est originaire la famille Lepuits depuis le Moyen-âge. Il ne peut pas s’empêcher de s’y intéresser, sans vraiment s’en rendre compte. Ne trouvant rien de concluant dans ces documents, il décide tout de même de joindre Monsieur Lepuits pour lui expliquer que même s’il n’avait pas refusé sa proposition, il ne pourrait rien lui apprendre de plus car il n’a tout simplement rien trouvé d’intéressant. Philippe Lepuits lui propose alors d’autres documents, bien plus susceptibles d’éveiller son intérêt… Encouragé par le contexte actuel de sa vie, Daniel décide alors de revoir sa décision, confirmée par sa première rencontre avec Christine Lepuits. Nous assistons donc ensuite aux premières recherches de Daniel.

Ce roman se lit de manière agréable après avoir compris son fonctionnement et le déroulement de l’histoire. En effet, celui-ci nous fait plonger, en parallèle du présent de Daniel, dans différentes périodes de l’histoire, de l’époque gallo-romaine au Moyen-âge, en période de seconde guerre mondiale. Ces différentes remontées dans le temps permettent d’enrichir le récit, et de nous apporter des éléments concernant la compréhension et le dénouement de la situation mais également des informations sur Philippe et Christine Lepuits ; deux personnages très intéressants et très humains au sens noble du terme, que j’ai beaucoup apprécié.

En parallèle, nous continuons de suivre l’enquête de Daniel ainsi que l’émergence de ses premiers doutes concernant les Lepuits.

« Cette histoire n’avait rien de normal. Il savait que les archives qu’on lui avait confiées étaient authentiques mais cette histoire de noms, de dessein familial, le tourmentait. Soit il était en train de devenir fou, ce à quoi il ne pouvait se résoudre, soit on le menait en bateau, soit il était vraiment tombé sur quelque chose d’anormal. Le seul moyen d’y voir un peu plus clair était encore d’aller jusqu’au bout de l’étude.»

Je me suis laissée prendre au jeu moi aussi, partageant l’envie de Daniel de connaître la vérité sur la famille Lepuits, d’avoir une explication à toutes les incohérences trouvées lors de l’enquête. Et pourtant, j’ai été déçue par la façon dont a eu lieu la révélation que Christine fait à Daniel. Celle-ci a eu lieu de manière trop rapide, trop directe, presque invraisemblable alors que Christine venait de lui expliquer qu’il est important de prendre du temps. J’admets que j’aurais préféré un dénouement annoncé de manière plus subtile, et surtout une réaction différente de la part de Daniel. En effet, celui-ci accepte simplement ce que lui révèlent Philippe et Christine, sans avoir peur, sans trop se poser de questions, sans même être surpris. Cependant, il accepte tout ceci pour une jolie raison.

« Ils s’enlacèrent.
- Tu vois : je touche, je caresse, j’embrasse une femme. C’est tout.
- C’est la chose la plus belle que j’aie jamais entendue depuis que nous sommes sur ce monde. »

Malgré cela, et bien que je n’ai pas vraiment de points de comparaison car il s’agit du premier livre du style que je lis, j’ai passé un bon moment de lecture grâce à une plume fluide et agréable, à de nombreuses descriptions et à une histoire très plaisante. Je regrette simplement que ce roman n’ait pas contenu quelques pages de plus qui auraient permis de développer davantage le dénouement de l’intrigue.

J’ai également bien aimé les cinq planches de BD ajoutées à la fin du roman, qui permettent de nous donner un aperçu de ce qu’aurait été cette histoire sous la forme d’images mais également de mieux nous représenter ce que nous venons de lire. J’aurais apprécié de pouvoir bénéficier de la totalité du roman sous forme de BD, mais à condition d’avoir pu le lire au préalable pour ne rien perdre des subtilités de l’histoire.

Quoi qu’il en soit, la qualité de ce livre m’a donné envie de m’intéresser d’un peu plus prêt à ce style de littérature. Je remercie donc le forum Au cœur de l’Imaginarium ainsi que les Editions Rivière Blanche pour cette agréable découverte.

_________________
lecture en cours : Les Lames du cardinal de Pierre Pevel
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://niniksland.eastasia.fr/
ninik

avatar

Masculin Messages : 2833
Date d'inscription : 29/05/2014
Age : 39
Localisation : Liège

MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Sam 23 Mai - 8:01



Homo-Deus, de Félicien Champsaur





Découvrez le Dr Marc Vanel, fils d'un savant et d'une belle espionne étrangère, doué d'une force extraordinaire et d'une intelligence prodigieuse, formé par les fakirs de l'Inde mystérieuse. Quand Vanel acquiert le pouvoir d'invisibilité, il devient Homo-Deus, invisible sauf pour ses brillants yeux verts émeraude, qui hantent les cauchemars des méchants et les rêves des femmes.

Homo-Deus de Félicien Champsaur (1924) est un roman révolutionnaire qui combine fiction spéculative biomédicale et le thème des super-héros. Après le Nyctalope de Jean de La Hire (1911), il représente une étape capitale dans l'évolution du thème du surhomme, et sa problématique fondamentale : dans quelle mesure une personne qui peut agir en toute impunité est-elle susceptible de se plier aux contraintes découlant de la morale ?


  • Genre : science-fiction

  • Nombre de pages : 372

  • Format : papier





_________________
lecture en cours : Les Lames du cardinal de Pierre Pevel
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://niniksland.eastasia.fr/
ninik

avatar

Masculin Messages : 2833
Date d'inscription : 29/05/2014
Age : 39
Localisation : Liège

MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Sam 23 Mai - 8:06

Homo-Deus, de Félicien Champsaur

Critique d'Illion

Ce coup-ci je vous invite à une plongée dans le passé de l'anticipation. Car si le roman de Félicien Champsaur, paru en 1924, était à l'époque de l'anticipation, on pourrait aujourd'hui le classer, par certains côtés, dans ce qu'on appelle désormais le steampunk et dont Jules Verne est l'un des plus éminents représentants, du moins en France.

Mais avant toute analyse de l'ouvrage, un mot sur le titre. Car c'est bel et bien ce titre qui m'a interpellée au premier abord et sur lequel j'ai fondé mes premières réflexions avec les éléments fournis par le résumé. "Homo-Deus" donc, du latin homo signifiant "homme" et deus "dieu", littéralement "Homme-Dieu" ou "l'Homme-Dieu" ce qui ne fait pas une très grande différence me direz vous. Point sur lequel je me permets de vous détromper. Dans la première je vois une affirmation universelle d'un homme ayant atteint un statut de dieu de quelques manières que ce soit ou, si on se place du côté de certaines religions, un dieu fait homme. L'un dans l'autre, il s'agit d'une créature de chair ayant un statut divin, acquis ou inné, et peut-être même les pouvoirs qui vont avec, qu'ils existent réellement ou non. Dans la deuxième, je pressens plutôt l'idée d'un homme purement mortel s'étant arrogé le titre de Dieu par des actes l'ayant artificiellement hissé au-dessus du commun des mortels, un homme égal aux dieux ou qui se prétend tel. Les scientifiques (fous ou non) à la Docteur Frankenstein, dont les travaux vont à l'encontre de la logique habituelle de la vie, rentrent dans cette deuxième catégorie.

Dans les deux cas néanmoins il s'agit de personnes ayant à leur disposition une forme de toute-puissance qui les rend semblables à des "sur-hommes", capables de tout sans souci des lois.

Écrit en 1924 donc, ce livre est à la fois l'héritier, l'une des étapes ET une révolution dans le "genre" littéraire qu'il incarne. Sous-titré "Le Satyre Invisible", l'ouvrage appartient à la littérature des super-héros, les ancêtres français que sont Le Nyctalope ou Homo-Deus étant plus des proto-ancêtres que de vrais super-héros à l'américaine. Cependant, sans eux et sans le révolutionnaire (à de nombreux égards) Homo-Deus, Batman et Superman n'auraient définitivement pas le même charisme. Reconnaissons leurs au moins ce mérite malgré les défauts et le kitch. Si Homo-Deus est si révolutionnaire c'est surtout parce qu'il est le premier à poser la question fondamentale de l'éthique superhéroïque : dans quelle mesure une personne capable d'agir en toute impunité est-elle susceptible de se soumettre aux contraintes de la morale (contemporaine/civile) ? Homo-Deus est en effet le premier de sa génération à ne pas respecter la loi dans son activité de justicier redresseur de torts, se rapprochant par là des vigilante américains et cela près de 60 ans avant l'engouement des comics américains.

Le genre est cependant totalement nouveau (ou presque) à l'époque de Champsaur et est plus perçu dans une logique de divertissement et d'attraction de certains publics. Champsaur ayant des ambitions littéraires plus élevées qu'un de la Hire, il cherche à faire de son ouvrage une spéculation biomédicale, une analyse critique de la société de son époque et une réflexion donc sur la moralité d'une personne toute puissante. Son style d'écriture est très poétique, voire lyrique, notamment dans les descriptions par ailleurs très imagées. Il est un peu comme un Zola ou un Balzac du XXème siècle, à qui il semble avoir emprunté le goût des très longues phrases. S'il est ambition dans son propos, les contraintes éditoriales le poussent à bâcler son travail et à traiter de manière superficielle tous les sujets qu'il semblait vouloir aborder. De plus son écriture "filmique" du scénario nuit considérablement à la qualité et à la cohérence d'ensemble. Ce que j'entends par filmique est assez simple : dans les films d'aujourd'hui on tourne parfois les scènes dans le désordre et ensuite on remonte dans la chronologie du scénario. Ici c'est la même chose, sauf que là où les films font le bonheur des fans avec les faux-raccords qu'il est plaisant de chercher - et sur lesquels jouent parfois les scénaristes et réalisateurs -, cela embrouille le lecteur dans le livre. Exemple typique : une "scène" est supposée se passer en Mars dans la chronologie de l'histoire et au chapitre d'après, on nous dit que nous sommes en Juin. Ce parce qu'en fait Champsaur a écrit séparément les deux ou trois intrigues parallèles qui composent l'ouvrage et les a ensuite ré-assemblées. Sur la forme, ce qui m'a le plus gênée et m'a proprement horripilée tout du long furent les nombreuses coquilles et défauts d'impression. J'ai arrêté de les compter mais c'est gênant parce qu'à certains endroits on se retrouve à déchiffrer le texte pour en comprendre le sens. Et ça m'agace profondément. Heureusement ce n'était pas une par mot ou par ligne...

Sur le fond il est intéressant de noter que si les trois personnages principaux se donnent tous le titre de "dieu" (Homo-Deus en tête), aucun n'utilise les pouvoirs qu'ils possèdent grâce à la science dans un but purement altruiste (du moins pas au début). Les Fortin poursuivent l'amour de la Recherche et du Mystère scientifique et ne se livrent à des activités de détectives et de vengeurs que pour passer le temps et se divertir en attendant les résultats d'une expérience. Marc Vanel/Homo-Deus est un misanthrope qui accepte dans un premier temps de suivre les Fortin pour tenter de conquérir Jeanne et parce que son invisibilité lui a permis de satisfaire une tendance au voyeurisme (charnel devons-nous le préciser ?). S'il y a clairement des méchants à punir, le sens de la justice n'est pas le moteur principal des "héros", même si au final le résultat est le même. Cependant Homo-Deus, "L'Invisible" comme il se nomme, est un héros hors-la-loi qui, pour faire plonger un méchant, n'hésite pas à tuer un innocent et à faire accuser la crapule (innocente de ce crime donc) pour qu'il expie ses autres méfaits. On est bien loin d'un Superman ou d'un Batman qui, certes, agissent hors-la-loi pour amener les vilains en prison. Au demeurant Champsaur semble ne pas avoir une très grande estime de son personnage principal qu'il qualifie de "Satan" et autres joyeusetés "démoniaques" du début à la fin. Il semble aussi s'inspirer d'autres œuvres majeures pour baser sa fiction "spéculative" : l'expérience de Jeanne Fortin pour ressusciter Julien de Vandeuvre n'est pas sans rappeler celle du Docteur Frankenstein dans Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley (paru en 1818) et le personnage d'Arsène Vauclin a plus que quelques consonances en commun avec l'Arsène Lupin de Maurice Leblanc (créé en 1905) mais n'en est qu'une pâle parodie.

Bilan de tout ceci : un ouvrage très intéressant et alléchant sur le papier (ahah...) mais qui n'a pas (eu ?) les moyens de ses ambitions. Précipitation, contraintes éditoriales, contexte social... De nombreuses raisons (d'ailleurs explicitées dans la préface) expliquent le travail bâclé et le rendu confus et brouillon de l'ouvrage. De fait je ne peux malheureusement pas lui donner la "note" (si j'avais dû noter) qu'il mérite. Reconnaissons au moins l'aspect visionnaire de l'ouvrage qui pressent la crise de 1929 avant l'heure et ses dramatiques conséquences notamment la guerre de 39-45.

_________________
lecture en cours : Les Lames du cardinal de Pierre Pevel
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://niniksland.eastasia.fr/
ninik

avatar

Masculin Messages : 2833
Date d'inscription : 29/05/2014
Age : 39
Localisation : Liège

MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Jeu 28 Mai - 9:30



Les Aventures de Judith Lee, de Richard Marsh





“Miss Judith Lee, vous êtes l’une des choses les plus étranges de ce monde très étrange.”

Revoici Judith Lee, professeur pour sourds-muets, que son talent pour lire sur les lèvres plonge parfois dans des situations délicates, voire explosives.

Mais cette détective malgré elle commence à être bien connue des malfrats en tout genre, qui n’hésitent pas à recourir aux grands moyens pour tenter de l’éliminer.

Saura-t-elle déjouer leurs tentatives et continuer de traquer assassins, voleurs de bijoux, espions et autres criminels ?

Richard Marsh (1857-1915) publia quatre-vingts livres en vingt ans de carrière, dont Le Scarabée (1897) reste le plus durable. Mais on lui doit aussi des romans et des contes, fantastiques ou policiers, qui “possèdent entre autres qualités celle de n’avoir pas pris une ride” (Richard D. Nolane). Après Les Enquêtes de Judith Lee, précédemment paru dans cette collection, voici le second volume consacré à la plus originale de ses héroïnes


  • Genre : thriller

  • Nombre de pages : 292

  • Format : papier





_________________
lecture en cours : Les Lames du cardinal de Pierre Pevel
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://niniksland.eastasia.fr/
ninik

avatar

Masculin Messages : 2833
Date d'inscription : 29/05/2014
Age : 39
Localisation : Liège

MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Jeu 28 Mai - 9:32

Les Aventures de Judith Lee, de Richard Marsh

Critique de Frei (à lire aussi sur son blog ici)

Les aventures de Judith Lee est un recueil de nouvelles, qui sont parue initialement en 1916 dans le journal The Stand Magazine. Ces histoires mettent en scène Judith Lee, professeur pour sourds-muets et espionne à ses heures perdues, grâce à son talent qui est celui de lire sur les lèvres. Bien que ce talent peut se révéler pratique, il peut très vite devenir une gêne quand on essaye de vous tuer à cause de celui-ci...

Au nombre de dix, chacune de ces nouvelles présente une histoire bien à part qui peut se lire indépendamment des autres sans aucun problème de compréhension. Toutes d'environ une trentaine de page chacune, on est très vite immergés au cœur des enquêtes de Judith sans prendre de pincettes. En effet, l'auteur nous emmènes vite au cœur du sujet : il n'y a que l'enquête et rien d'autre.

Cependant, ces textes deviennent très vite redondant si on essaye de tous les lire à la suite, car ils se présentent de la même manière : présentation du lieu où est Judith, quelques lignes sur son don, lecture "fortuite" sur les lèvres d'un inconnu qui révèle au choix un meurtre, un vol ou une disparition, puis Judith se retrouve d'une manière ou d'une autre mêlée à l'enquête, elle trouve des éléments, boucle son enquête, conclusion et clap de fin.

Côté écriture, l'auteur a surtout misé sur la description des lieux et des scènes que le comportement et la psychologie des personnages, au détriment même du personnage principal qui n'est absolument pas approfondi. Les descriptions ne sont ni trop longues ni trop courtes : juste le nécessaire utile à l'histoire. Côté personnages, l'auteur nous en présente toujours quelques nouveaux, jamais plus de cinq, mais il y en a deux qui sont assez récurrent : Judith et un enquêteur de Scotland Yard. Bien que l'auteur n'ait pas cherché à approfondir chacun d'entre eux, ils ne se ressembles pas. Avec un langage soutenu, Les aventures de Judith Lee donnent l'impression de lire les confidences d'une très vieille dame qui radote un peu.

La lecture de ce recueil me laisse quelque peu indifférente malgré la richesse des récits de Mr Marsh. Car bien que cela reste que des enquêtes menées par une espionne qui lit sur les lèvres, l'auteur avait mené une véritable recherche sur les poisons, les façons dont un homme pouvait mourir "accidentellement", qu'est-ce qui différenciait une véritable pièce d'une pièce contrefaite... Une découverte sympathique, mais pas inoubliable.

_________________
lecture en cours : Les Lames du cardinal de Pierre Pevel
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://niniksland.eastasia.fr/
ninik

avatar

Masculin Messages : 2833
Date d'inscription : 29/05/2014
Age : 39
Localisation : Liège

MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Sam 30 Mai - 8:19



Multiple était la Lune, de Hervé Thiellement





Dieu est de retour. En fait, Dieu n'est pas parti, Dieu est toujours une lune du nom de Gaude. C'est Labette qui s'est fait la malle, laissant se prélasser jusqu'à la routine le quatuor qui constitue son équipage. Mais tout a une fin et cette fin peut prendre une tournure fort définitive. Surtout avec Gaude souffrant du syndrome de personnalités multiples, dont certaines sont atteintes d'une mégalomanie s'apparentant étrangement au complexe de Dieu... Eh oui, Multiple était la lune.


  • Genre : science-fiction

  • Nombre de pages : 220

  • Format : papier





_________________
lecture en cours : Les Lames du cardinal de Pierre Pevel
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://niniksland.eastasia.fr/
ninik

avatar

Masculin Messages : 2833
Date d'inscription : 29/05/2014
Age : 39
Localisation : Liège

MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Sam 30 Mai - 8:21

Multiple était la Lune, de Hervé Thiellement

Critique de Malka

Multiple était la lune d'Hervé Thiellement est un deuxième tome, puisque les aventures de Labette et son équipage, ainsi que celles de la lune ont débuté avec « Le dieu était dans la lune ». Même si ce tome peut être lu indépendamment du premier, il serait dommage de se priver du plaisir de faire connaissance avec les personnages dans le premier et ce serait gâcher la possibilité de réjouissantes retrouvailles avec ceux-ci dans le deuxième. Bien des anecdotes du premier tome resurgissent dans ce deuxième tome et même si l'auteur prend soin de restituer les personnages dans leur contexte, il semble logique et préférable de commencer la lecture dans l'ordre établi.

Le roman, à l'image du premier tome se rythme au fil de chapitres courts, dans un univers travaillé et immersif. Certaines planètes déjà connues sont de vrais petits paradis, d'autres ont un intérêt universitaire ou commercial. On découvre également dans ce deuxième tome d'autres étranges planètes, dont Hervé Thiellement aime nous décrire la faune et la flore. Si on pouvait reprocher un petit manque d'ambiance générale pour le premier, l'auteur corrige ici ce détail gênant, pour notre plus grand plaisir. L'aventure n'en est que plus dépaysante et distrayante. On sent la touche de l'auteur et son style s'y affine.

On retrouve donc l'équipage de Labette, personnages découverts dans le premier tome et auxquels on s'est peu à peu attaché. En ce début de roman, ils s'adonnent à une de leur spécialité : profiter de la vie. C'est quand même assez rare de trouver dans un roman, et d'autant plus dans un roman de SF, des personnages qui prennent le temps de se poser et de vivre, de faire des bains de soleil, de profiter de moments intimes, dans une joie simple et assez fascinante. Capacité d'autant plus surprenante qu'ils savent en faire preuve même quand les pires ennuis les guettent !
Ils n'en sont pas pour autant inactifs et il s'agit même d'un équipage très capable. Chacun possède sa fonction, s'active à la tâche sans gêner l'autre. L'auteur leur laisse plus d'autonomie et de caractère dans ce tome. La mixité de l'équipage, bien appréciable, prend également plus de sens, car les femmes jouent leur rôle au même titre que les hommes. Les simples strip-teaseuses, autrefois divertissantes et attachantes, montrent ici leur caractère. Chang la changeling démontre sa finesse et ses talents d'actrice, en changeant de forme plus vite que son ombre et joue un rôle important dans l'intrigue. Julie fait preuve de perspicacité et de sagesse. Elle arrive plus d'une fois à calmer les esprits et intervient toujours à bon escient.
Labette confirme de son côté, l'instinct maternel qui la pousse à superviser et protéger son précieux équipage. Pourtant, on lui découvre également des failles, et on s'interroge un peu plus sur sa nature et ses origines.

Gaude, la lune qui voulait être un Dieu fait de nouveau des siennes, et cette fois, elle est multiple. L'auteur sait lui donner une caractérisation plus pertinente, mieux définie et qui gagne en intensité au fil du récit. Elle participe plus, reste au cœur de l'intrigue et si on suit souvent l'histoire de son point de vue, c'est une manière ingénieuse de l'auteur pour lui conférer une toute puissance. On connaît tous ces coups, ce qui lui confère toujours une longueur d'avance sur Labette et son équipage. On tremble pour eux et on se demande comment ils vont s'en sortir, mais ils possèdent plus d'un tour dans leur sac et nous réservent des surprises.

L'intrigue parait également plus soutenue dans ce deuxième tome et l'action plus présente.
L'auteur joue des différents points de vue adoptés, ajoute de nouveaux personnages et de nouvelles sou-intrigues, se joue également de la chronologie des points de vue abordés, pour mieux piéger le lecteur et le mener du bout du nez. On le suit avec plaisir, sans bien comprendre comment se dénouent les fils, mais c'est très appréciable.

Si j'ai aimé « Le dieu était dans la Lune », j'ai encore plus apprécié « Multiple était la lune », plus abouti, tout en conservant le côté divertissant, ainsi que la touche imaginative et le style d'Hervé Thiellement. Ce fut également une joie de retrouver les personnages. J'ai dévoré ce tome en quelques heures, sans pouvoir lâcher le livre et j'espère sincèrement pouvoir lire un jour un tome 3. Merci au forum « Au cœur de l'Imaginarium » et à « Rivière Blanche », pour cette très chouette balade interstellaire !

_________________
lecture en cours : Les Lames du cardinal de Pierre Pevel
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://niniksland.eastasia.fr/
ninik

avatar

Masculin Messages : 2833
Date d'inscription : 29/05/2014
Age : 39
Localisation : Liège

MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Mar 7 Juil - 7:29



Imbroglio temporel, de Daniel Piret





Imbroglio Temporel
suivi de
La Porte d'Ailleurs

Les technocrates, les techniciens, les biologistes, tout le "gratin" en avait décidé ainsi : l'exploration du Nuage de Magellan serait effectuée par deux équipages, l'un uniquement masculin, l'autre féminin. Les deux astronefs avaient décollé à quelques jours d'intervalles. Mais personne n'avait pensé à un IMBROGLIO TEMPOREL...

Je me nomme Adès; je sais maintenant que les Très Anciens appelaient ainsi le Dieu des Enfers. Je ne suis pas un Dieu, mais l'endroit où je vis a bien été l'enfer, un enfer dans lequel les Hératos, les femmes, les Sangues, les Saures, les Arachnies et les autres ont vécu pendant des siècles. Dans quelques heures les enfants de nos enfants vont quitter la ville, quitter le monde et n'y reviendront jamais. Pour cela, ils devront emprunter LA PORTE D'AILLEURS...


  • Genre : science-fiction

  • Nombre de pages : 248

  • Format : papier





_________________
lecture en cours : Les Lames du cardinal de Pierre Pevel
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://niniksland.eastasia.fr/
ninik

avatar

Masculin Messages : 2833
Date d'inscription : 29/05/2014
Age : 39
Localisation : Liège

MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Mar 7 Juil - 7:35

Imbroglio temporel, de Daniel Piret

Critique d'Illion

Cet ouvrage, édité par Rivière Blanche dans sa collection "Anticipation", contient non pas un mais deux textes : Imbroglio temporel et La Porte d'Ailleurs. Bien qu'écrit en majuscule dans le résumé, il est difficile (voire impossible) à la seule lecture de ce résumé de deviner ce fait. Tout simplement parce que ce que j'appellerais les conventions éditoriales nous ont habitué à attendre une présentation du type "Truc-muche suivi de machin-chose" lorsqu'un ouvrage contient un long et un moyen lettrages ou, en l'occurrence, deux moyen lettrages puisque les deux histoires prennent sensiblement le même nombre de pages (à 10 ou 20 près). C'est un premier point négatif d'entrée de jeu et, malheureusement, c'est loin d'être le dernier ce qui est vraiment dommage parce que Rivière Blanche est une bonne maison d'éditions avec des œuvres qui sont généralement de bonnes surprises. J'avais fait grâce à elle de bonnes découvertes dans de précédents partenariats, au fil des différentes collections proposées, et dont le meilleur souvenir reste probablement Les Parias de l'espace, et je découvre ici une immense déception. Pire, du gâchis proprement désolant compte tenu de ce à quoi Rivière Blanche m'avait habituée....

Si je mentionne en premier ce problème de signalétique concernant les deux œuvres présentes, c'est parce que finalement les deux récits ont les mêmes points forts (très restreints) et faibles (envahissants), bien que traitées différemment. Les deux ont un scénario de base qui pourrait être intéressant avec des développements plutôt bien pensés. Et c'est le seul point positif que je leur accorde car les défauts "mineurs" sont tellement nombreux et/ou récurrents qu'ils bouffent complètement le plaisir de lire et empêchent d'apprécier à sa juste valeur le travail d'écriture et d'imagination de l'auteur !! C'est bien simple, par endroit je ne pouvais pas me concentrer sur autre chose, c'en était rageant ! Pour La Porte d'Ailleurs, la gestion du vocabulaire m'a clairement gênée. Je suis d'accord que nous sommes dans un monde post-apo ultra-violent où la lutte hommes-femmes ne s'arrête que pour copuler ET que la narration est à la première personne, mais est-ce bien une raison pour être aussi vulgaire de bout en bout, y compris pendant les passages narratifs ??? Sur ce point précis, le fond me dérange autant que la forme.

Mais globalement le problème majeur de ce livre, c'est bel et bien la forme et tout particulièrement dans Imbroglio Temporel, nettement moins (mais il y a aussi des défauts) pour La Porte d'ailleurs. Dans un livre la forme prime autant que le fond. Un mauvais livre peut tout aussi bien être un livre avec une très mauvaise histoire malgré une excellente mise en forme qu'un livre avec un scénario plein de promesses et de potentiel mais une mauvaise mise en forme comme le présent livre. Dans les deux cas le livre est perçu comme mauvais par le lecteur par manque d'harmonie entre les deux constituants primordiaux. Ici, j'ai eu le plus grand mal à rentrer dans l'histoire, pas parce qu'elle est mauvaise - au contraire le résumé était alléchant malgré un défaut de précision sur le contenu réel du livre -, mais parce qu'il est inhabituellement truffé de fautes de frappes et de phrases biscornues, comme si l'auteur avait changé d'idée en plein milieu...
Mais une chose après l'autre. Dans un premier temps ce qui est le plus énervant sont clairement les virgules intempestives, les majuscules sans raisons d'être, les phrases rendues difficilement compréhensibles et "what-the-fuckesques" par des fautes de frappes improbables et une ponctuation fantaisiste et/ou inexistante, des mots manquants, une concordance des temps ratée par endroits (et je ne parle pas des temps compliqués, mon dieu non ! mais des basiques), sans parler de l'absence de mise en forme traditionnelle des dialogues. Ceux-ci n'ont pas ou peu de tirets ou de guillemets pour signaler le début/la fin/la reprise du dialogue et les échanges entre personnages. On distingue à peine la différence entre narration et dialogues, ce qui est d'autant plus énervant que la narration ne cesse d'alterner, sans transition ni raisons, entre la troisième et la première personne et souvent en plein milieu des "dialogues" ! Ça ne sert à rien, si ce n'est à perdre et agacer le lecteur qui ne parvient plus à suivre le cheminement de l'auteur car la narration est souvent révélatrice de ce qu'a voulu faire l'auteur de son ouvrage. Ici aussi on dirait que Daniel Piret a changé d'idée sans arrêt et - plus grave ! - sans parvenir à se décider. Il y a même carrément un résidu de schéma préparatoire en plein milieu de la narration dans Imbroglio Temporel !!
Ensuite l'auteur se répète énormément, tant dans la structure que dans les mots employés pour son récit. On a l'impression de tourner en circuit fermé avec les mêmes phrases (presque au mot près) qui reviennent régulièrement, parfois à moins d'une page d'écart, notamment à la fin du chapitre 10 d'Imbroglio Temporel. Qui plus est la deuxième partie de ce moyen lettrage est un véritable fouillis que j'ai le plus grand mal à remettre en perspective. Les personnages parlent de choses dont on n'a pas entendu parler dans la première comme si l'auteur avait écrit les deux séparément mais sans relire pour s'assurer de la cohérence de l'ensemble.

Au final l'ensemble du livre, et particulièrement (mais à un point que je n'avais jamais vu auparavant) Imbroglio Temporel, pose la question du travail de relecture effectué. C'est bien simple, pour Imbroglio Temporel on dirait qu'il n'y en a pas eu et pour La Porte d'Ailleurs, qu'il a manqué de vigilance et de rigueur ! Et ça m'énerve parce qu'à côté, il y a des bonnes choses dont je pourrais parler mais ça m'agace déjà tellement d'évoquer les problèmes - ou, en l'occurrence, de savoir que je vais devoir les évoquer - que j'ai même pas envie de m'attarder sur les bons points du livre. En plus je n'aime vraiment pas avoir à taper sur les livres ou les auteurs, et il faut vraiment pousser loin pour que ça m'empêche de lire. Mais - et je suis désolée d'avoir à le dire - ici j'ai passé mon temps à avoir envie de le refermer et de faire ma critique sans être allée au bout. J'ai tenu bon mais ce fut long et douloureux...

Si je résumé tout ça : Imbroglio Temporel est tellement décevant en terme de mise en forme que je ne trouve même pas le bon mot pour le qualifier, quand à La Porte d'Ailleurs il ne m'a pas du tout plu parce que le traitement narratif du scénario me semble excessif de vulgarité et parce que j'étais bien énervée par le moyen lettrage qui le précédait. C'est quand même triste d'en arriver là, non ?

_________________
lecture en cours : Les Lames du cardinal de Pierre Pevel
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://niniksland.eastasia.fr/
ninik

avatar

Masculin Messages : 2833
Date d'inscription : 29/05/2014
Age : 39
Localisation : Liège

MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Dim 12 Juil - 9:43



Dimensions Galaxies Nouvelles (Tome 1), de Collectif





Anthologie de nouvelles de science-fiction francophones parues dans Galaxies Nouvelle Série, présentée par Pierre Gévart.

Textes de Jacques Barbéri, Aliette de Bodard, Jean-Michel Calvez, Fabien Clavel, Alain Dartevelle, Sylvie Denis, Dominique Douay, Sybille Fairmarch, Xavier Mauméjean, Daniel Paris, Laurent Queyssi, Timothée Rey, André Ruellan, Frédéric Serva, Pierre Stolze, Christian Vilà et Martin Winckler.

Dix-sept récits de science-fiction publiés pour la première fois dans la revue Galaxies Nouvelle Série...


  • Genre : science-fiction

  • Nombre de pages : 308

  • Format : papier





_________________
lecture en cours : Les Lames du cardinal de Pierre Pevel
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://niniksland.eastasia.fr/
ninik

avatar

Masculin Messages : 2833
Date d'inscription : 29/05/2014
Age : 39
Localisation : Liège

MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Dim 12 Juil - 9:59

Dimensions Galaxies Nouvelles (Tome 1), de Collectif

Critique de ninik

Rivière Blanche est un éditeur qui aime beaucoup les anthologies. Après m'être essayé aux prodigieux Compagnons de l'ombre (et à son dérivé l'Almanach des vampires), voilà que j'ai découvert Dimension galaxies nouvelles, qui s'intéresse à la science-fiction. Malgré une couverture (superbe) à l'ambiance SF très éloignée dans le futur, avec vaisseaux spatiaux et autres, les nouvelles ne sont parfois que légèrement teintées de science-fiction. En effet, ce qui les lie, c'est une revue, du nom de Galaxies nouvelles séries. 7 ans d'existence, 33 numéros, et Rivière Blanche a eu envie de ressortir 17 textes des dix premiers numéros de la revue. Comme expliqué en introduction, ces textes se devaient d'être d'un auteur francophone, et de n'avoir pas été réédité dans une autre anthologie.
Je ne connaissais pas cette revue, mais c'est avec grand plaisir que j'ai plongé dans cette découverte. Cependant, décortiquer un recueil de 17 nouvelles, aux thématiques potentiellement assez éloignées est loin d'être aisé.
Autant le dire immédiatement, je ressors plutôt satisfait de ma lecture, mais ce recueil est nanti des inégalités propres à ce genre d'exercice, à savoir que certains récits plaisent plus que d'autres et, avec des histoires parfois de quelques pages, les conclusions se révèlent par moment abruptes et laissent grandement sur sa faim. Comme toujours chez Rivière Blanche, chaque histoire est précédée de quelques paragraphes sur l'auteur et sur les raisons qui font que la nouvelle est présente dans ce recueil, une démarche des plus intelligente de l'éditeur, qui permet de connaître ces écrivains et, potentiellement, de continuer à se pencher sur leur travail.
Les deux premiers récits m'ont fait craindre de ne pas trop apprécier ce livre. En effet, si la première histoire (Engadine, de Xavier Mauméjean) est passionnante, avec ce récit centré sur l'ange de Manhattan, au comportement abscons, elle se termine beaucoup trop brusquement (et de manière aussi incompréhensible que les motivations de son étrange protagoniste). Et, comme le prévient l'éditeur en introduction de la deuxième (Hommes d'équipages, les papillons tissent les voiles de vos vaisseaux, de Frédéric Serva), l'écriture de cet auteur n'est pas d'un abord facile et m'a laissé complètement de côté, toute l'histoire m'étant restée complètement incompréhensible.
Si d'autres m'auront laissé perplexe, certaines, au contraire, m'auront emballé au plus haut point. Ainsi, Méduses, de Jean-Michel Calvez, a elle-aussi une fin beaucoup trop brutale, mais le postulat est on ne peut plus intéressant, racontant l'invasion de méduses extra-terrestres, vues par des enfants. La plume est douce, se mettant superbement bien au niveau de ses protagonistes principaux, et se révèle très agréable à lire.
Boulonaille, de Timothée Rey, prend pour thématique la recherche de sa place dans la société, ainsi que tout ce qu'on peut être prêts à faire pour devenir quelqu'un, pour se faire remarquer et ne plus avoir l'impression d'être un anonyme ignoré de tous. Des thématiques très actuelles, qui laissent un sentiment doux-amer, et dont la conclusion, assez atroce mais traitée avec mélancolie, tétanise le lecteur. Nuit noire, sol froid, de Laurent Queyssi, se positionne dans un avenir lointain, et vaut surtout pour une révélation finale aussi surprenante qu'intelligente.
La Vie synchrone, d'Alain Dartevelle, est une des merveilles de ce recueil. Entre une histoire montrant l'horreur de la nature humaine, prête à asservir une race extra-terrestre pour son plaisir, et une conclusion effroyablement intelligente, horrible et tellement logique, elle mérite à elle-seule la lecture de ce recueil aux histoires aussi diverses dans leur temporalité que dans leurs thématiques. Devoir d'achat, d'André Ruellan, décide de créer une ambiance décalée, presque Brazil, en plaçant dans son récit un gouvernement ayant pondu des lois forçant à acheter. Les dialogues sont pince-sans-rire, l'ambiance assez unique, drôle mais en même temps assez réaliste sur ses préoccupations concernant le pouvoir d'achat. Le Printemps des murailles, de Fabien Clavel, crée le même genre d'ambiance, mais en utilisant les thématiques de l'individualité à outrance, et du désir de l'homme de ne pas se mélanger avec les gens n'appartenant pas au même milieu social que lui. Avec ces murs qui se créent pour séparer les hommes, jusqu'à ce que le héros se retrouve seul, et ses allusions au labyrinthe du Minotaure, tout en gardant un ton décalé et ironique, le Printemps des murailles est une réussite, aussi intelligente dans la manière de raconter son histoire, que passionnant dans ce qu'il laisse entendre pour le futur de l'humanité.
Pas vraiment science-fiction mais plutôt fantastique, Mon ascenseur parle avec un accent allemand, de Pierre Stolze, est très intéressant, avec sa connexion entre enfer et paradis, et l'humour qui filtre de ce récit. Chute d'un papillon au point du jour, d'Aliette de Bodard, crée une uchronie policière fascinante et, si le récit policier en lui-même est aisément résolu, l'horreur de la guerre est dépeinte avec brio, hantant le lecteur comme il hante son personnage principal, jusqu'à une conclusion triste et belle à la fois, prouvant qu'on ne doit pas renier ses racines, aussi douloureuses soient-elles.
Ainsi, Dimension galaxies nouvelles est un recueil certes imparfait mais très intéressant, la plupart des histoires ayant des points positifs qui méritent d'être découverts, dévoilant des auteurs de science-fiction/fantastiques francophones très intéressants, aux univers forts, aux thématiques résolument actuelles, et aux plumes superbes.
Comme toujours avec Rivière Blanche, une belle découverte que je ne peux que conseiller à l'amateur de voyages aussi imparfaits que fascinants, à l'amateur de découvertes, tout simplement.

_________________
lecture en cours : Les Lames du cardinal de Pierre Pevel
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://niniksland.eastasia.fr/
ninik

avatar

Masculin Messages : 2833
Date d'inscription : 29/05/2014
Age : 39
Localisation : Liège

MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Sam 18 Juil - 8:54



Le Lycan Blanc: Le Monde de Xavi El Valent, de Phil Becker





Le XIIe siècle s'achève en Katland. Les Katalans hésitent à soutenir les dissidents Kathars. Alors que la tension monte entre le royaume Franc et le Pays d'Ock, le loup-garou Corcinos décide de retrouver celui qui l'a transformé en bête.

Des années avant les événements de la saga de Xavi El Valent, plongez dans un âge de magie, de créatures et d'acier. Du Canigó à Perpinya en passant par Kotlliure, sombre et sanglant sera le chemin du lycan blanc.


  • Genre : fantasy

  • Nombre de pages : 228

  • Format : papier





_________________
lecture en cours : Les Lames du cardinal de Pierre Pevel
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://niniksland.eastasia.fr/
ninik

avatar

Masculin Messages : 2833
Date d'inscription : 29/05/2014
Age : 39
Localisation : Liège

MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Sam 18 Juil - 8:57

Le Lycan Blanc: Le Monde de Xavi El Valent, de Phil Becker

Critique de Malka

Le Lycan blanc, premier roman de Phil Becker, s'avère être le troisième volet d'une saga dont les deux premiers volumes sont déjà publiés. Le récit s'inscrit dans le monde de Xavi El Valent, mais comme il se pose en préquelle, on peut tout à fait le lire pour débuter (ce fut mon cas) et apprécier la découverte.
La couverture attire vite l’œil et présente des créatures massives, voire monstrueuses et nous promet des loup-garous féroces et dangereux. Âmes sensibles, s'abstenir ! Mais amateurs du genre, le livre tient bien ses promesses...

L'auteur nous présente, en début de roman, Corcinos et son ami Esteban (jeunes adolescents orphelins et métamorphes (lycanthropes). Leur parcours et leur nature atypiques les destinent à une vie de marginaux auprès de leur maître, à qui ils rendent service et auprès de qui ils poursuivent leur apprentissage. Cet isolement est accentué pour Corcinos, que son albinisme rend singulier et difficilement discret. Esteban paraît moins impulsif, plus en phase avec sa véritable nature.
Cependant c'est Corcinos qui fera l'objet de notre attention et sera le personnage principal, puisqu'il est le Lycan blanc. Personnage complexe au destin hors du commun, il tire au travers de ce roman bien des leçons et se forge une personnalité torturée et farouche. On lui devine un rôle important, voire de meneur dans les guerres à venir dans l'histoire du monde de Xavi El Valent.

Quand leur maître meurt, des mains d'un mage intéressé par les deux jeunes gens, ceux ci doivent poursuivre seuls leur route (sous l'attention de ce nouveau maître) et lutter contre leur nature. Lors des combats, il doivent se contrôler pour garder forme humaine. Ils gardent leurs instincts de combattants et n'aiment pas agir en solitaires (Esteban cherchera vite à rejoindre une meute). La vie amoureuse de Corcinos n'est pas simple non plus. Ses instincts sauvages et meurtriers refont surface s'il se laisse submerger par ses émotions. De plus, il ne manque pas de défauts, se montre souvent égoïste et même déloyal. Pourtant, il en devient particulièrement humain. Joli paradoxe quand on connaît sa vraie nature et quand on découvre les secrets de sa naissance.
L'auteur Phil Becker a su mettre en balance l'équilibre de ses personnages, entre instinct humain et animal, entre bête sauvage et apprivoisée. On suit les deux amis avec intérêt et on éprouve vite de la sympathie et de l'empathie pour ces deux jeunes mal dans leur peau, mal aimés, en quête du secret de leurs origines, mais aussi en quête d'une famille.

Le roman se compose de quatre parties, toutes plus ou moins liées à un lieu où se déroule l'action (les monts Pyrènes, le fort Snek, Perpinya, (La Farga de) Borvo). Les paysages s'adaptent, l’intrigue également, mais reste tout à fait cohérente. Dans chacune des parties, des sous-intrigues se superposent à l'intrigue principale, un peu comme différents épisodes. Le tout est bien organisé et équilibré, donc ne lasse pas à la lecture, bien au contraire. Les sous intrigues dépendent ainsi fortement du lieu où l'action se déroule ( milieu montagnard, le fort, milieu urbain, la forêt et le forge de Borvo).
Le style fluide, un enchaînement des scènes et une narration rythmée gardent le lecteur en haleine.
L'intrigue principale reste très linéaire, non organisée en chapitres, mais seulement en plusieurs parties citées précédemment. Si cela déstabilise au début, on s'y fait très vite et on tourne les pages avec l'envie d'accompagner Corcinos et d'en savoir plus sur lui et ses secrets, car tout au long du récit (même quand il aura percé le secret de ses origines), il cherche son identité et sa place parmi les humains et parmi les loups.

De nombreux combats bien décrits, avec des adversaires variés, ponctuent et pimentent le récit. Les stratégies des métamorphes s'adaptent aux situations (plus basiques ou plus stratégiques) : on ne tombe donc pas dans le répétitif. Ceux ci permettent de contrebalancer les passages dédiés aux états d'âme de Corcinos avec beaucoup d'action.
Si la magie est présente dans le roman, elle garde un aspect primaire, animal et instinctif. Seuls les mages élaborent des actions plus poussées, mais là encore on s'arrête aux boules de feux et boucliers. Celle d'Achoris (second maître de Corcinos) semble un peu plus subtile. La magie ne vient donc pas entraver l'intrigue. L'auteur accorde plus d'importance au mystère entourant les métamorphes et dote son récit d' aspects mythologiques intéressants (avec Borvo et sa forge, par exemple).

En conclusion, Phil Becker nous propose un récit poignant, intéressant, palpitant. Je ne peux qu'admirer une telle maîtrise pour un premier roman. Il a réussi à me convaincre de lire les deux volumes précédents (mais dont les événements se situent après cette histoire), qui viennent justement d'être réédités ! Je remercie le forum « Au cœur de l'Imaginarium » et les éditions Rivière Blanche pour cette excellente lecture.

_________________
lecture en cours : Les Lames du cardinal de Pierre Pevel
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://niniksland.eastasia.fr/
ninik

avatar

Masculin Messages : 2833
Date d'inscription : 29/05/2014
Age : 39
Localisation : Liège

MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Jeu 10 Sep - 9:23



Radu Dracula tome 1 : Ceci est mon sang, de Philippe Lemaire et Philippe Ward





Je saisis ma servante par les épaules sans qu’elle n’esquissât le moindre geste. Je plongeai mes canines surdimensionnées dans sa carotide sans chercher l’artère, comme si ce geste était tout à fait naturel. Puis, ce fut l’extase. Une extase que je n’avais jamais connue, ni lors des batailles quand je triomphais de mes ennemis, ni dans mon lit au milieu de mes maîtresses et de mes amants. Son sang gicla à gros bouillons dans ma gorge et remplit tout mon corps d’un bien-être que je ne connaissais pas, ce fut un pur délice !


Quand Radu Dracula meurt en Octobre 1476, il ne sait pas que sa vie ne fait que commencer. Le Diable lui confie une quête qui justifie sa condition de non-mort.

L'intrigue de ce premier opus conduira Radu Dracula de son repaire transylvain à la Constantinople moyen-âgeuse, avant d'y retourner quelques centaines d’années plus tard, alors que la ville s’appelle désormais Istanbul et que les Turcs y fêtent leur bon parcours à l’Euro de foot 2008. Durant toutes ces années, il découvrira ses nouveaux pouvoirs, mais aussi les désagréments qu'ils engendrent.

Après la BD 16 rue du repos, Philippe Lemaire et Philippe Ward reviennent avec cette nouvelle version du mythe du vampire, fruit d'années de recherches autour du mystérieux "Comte Dracula". Ce roman est agrémenté d'illustrations de Philippe Lemaire tirées de l'album BD du même nom.


  • Genre : fantastique

  • Nombre de pages : 200

  • Format : papier





_________________
lecture en cours : Les Lames du cardinal de Pierre Pevel


Dernière édition par ninik le Dim 19 Fév - 9:09, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://niniksland.eastasia.fr/
ninik

avatar

Masculin Messages : 2833
Date d'inscription : 29/05/2014
Age : 39
Localisation : Liège

MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Jeu 10 Sep - 9:25

Radu Dracula tome 1 : Ceci est mon sang, de Philippe Lemaire et Philippe Ward

Critique d'Aelynah

Radu Dracula est le deuxième roman des éditions Rivière Blanche que je découvre. Il s'agit là encore d'un roman illustré et j'avoue que ce point rajoute une touche intéressante au récit. Les illustrations sont tirées de la BD du même nom de Philippe Lemaire.

Radu Dracula est le troisième fils de Vlad Basarab et le frère cadet de Mircea mais aussi du Vlad Tepes ou Dracula que nous connaissons. Cette précision donne de suite un éclat nouveau à cette énième version du prince de Transylvanie.
L'auteur nous la présente comme un récit autobiographique de Radu lui-même ce qui nous permet de suivre ses pensées, doutes ou rêves de l'intérieur.
Les circonstances qui vont faire de lui un autre Dracula (fils de Dracul "le dragon" en roumain) ou strigoï (suceur de sang) nous plongent rapidement dans un contexte surprenant et la mission que lui confiera le Diable en personne rajoutera un effet quête mystique étonnant.
Car voir partir sur les traces du Graal, un prince roumain élevé sous la religion musulmane a de quoi faire sourire.
Cette quête du graal a un côté blasphématoire du fait même de sa nature de vampire, suppôt du diable.
Mais c'est ce qui fait l'originalité du roman. Car nous suivons Radu les premières années de sa transformation, avec ses réflexions sur sa nature changeante, ses interrogations, les découvertes aussi sur ses nombreuses possibilités.
Et en parallèle nous le retrouvons à notre époque, empli d'une certaine puissance accumulée au fil des siècles, de pouvoirs qu'il maîtrise à la perfection mais toujours à la quête du sang du christ.
Lorsque le côté ecclésiastique va nous être présenté, ceux qui devraient représenter à nos yeux les bons, notre attachement à Radu, malgré un caractère fort et pas toujours agréable, est déjà en place.
On pourrait ainsi dire que nous sommes passés du "côté obscur de la force" sans heurt ni fracas, naturellement en suivant notre héros vampire.

J'ai beaucoup aimé cette approche décalée du mythe, plus introspective, plus détaillée sur le processus d'évolution du vampire au travers des siècles. De plus la quête que mène Radu, pour le Diable mais aussi pour lui-même et sa lutte contre cet opuscule religieux digne d'un Da Vinci Code rajoute une aura mystérieuse et pleine d'action.
Un seul regret, que certains événements ne soient pas assez détaillés comme les bagarres ou les pistes qui ont amené Radu à progresser dans sa quête du Graal. Mais peut-être en saurons-nous plus sur ces points dans la suite de cette série qui débute donc sur des chapeaux de roue et donne grandement envie de la suivre assidûment.

_________________
lecture en cours : Les Lames du cardinal de Pierre Pevel


Dernière édition par ninik le Dim 19 Fév - 9:16, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://niniksland.eastasia.fr/
ninik

avatar

Masculin Messages : 2833
Date d'inscription : 29/05/2014
Age : 39
Localisation : Liège

MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Jeu 24 Sep - 9:43



Hankh, de Piet Legay





Lors d'une randonnée en montagne, deux jeunes gens découvrent dans un glacier le corps congelé d'un homme portant une épée. Un templier qui va entraîner les scientifiques à la recherche d'un objet sacré qui va se révéler être l'arme la plus redoutable qui puisse se concevoir : L'HANKH.


  • Genre : fantastique

  • Nombre de pages : 252

  • Format : papier





_________________
lecture en cours : Les Lames du cardinal de Pierre Pevel
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://niniksland.eastasia.fr/
ninik

avatar

Masculin Messages : 2833
Date d'inscription : 29/05/2014
Age : 39
Localisation : Liège

MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Jeu 24 Sep - 9:45

Hankh, de Piet Legay

Critique d'Aelynah

Jean-François et Jennifer sont des passionnés de randonnée. Ils s’aiment et leur passion les réunit alors que leur boulot les éloigne. Cette fois-ci, ils ont décidé de se faire l’ascension du Küpferberg dans la vallée du Dolfüss.
Cela aurait du être une randonnée sympa, un peu fatigante certes, mais surtout pleines de souvenirs.
Le résultat est au dessus de leurs espérances.
Car après une manœuvre un peu risquée qui les voit tomber au fond d’une crevasse, avec plus de peur que de mal, la découverte qu’ils vont faire les marquera probablement longtemps.

Un corps enseveli sous la neige éternelle depuis des millénaires semble les appeler de sa main tendue.
A partir de là, d’autres prendront le contrôle des opérations et nous n’entendrons plus parler de nos tourtereaux.

Sur place des éminents spécialistes vont être dépêchés car il s’agit là d’une découverte immense d’un point de vue historique et archéologique.

D’un côté, une Finlandaise, le professeur Iléana Sven, titulaire de la chaire « Moyen-âge » d’Helsinki, est mandatée par Bruxelles pour devenir responsable du projet. Médiéviste et doctorante en histoire ancienne, elle est toute indiquée pour ce rôle. Son physique avantageux, sa verve haute et un peu acerbe ne vont de suite pas plaire à tout le monde. Elle est cependant subjuguée par l’un des personnages du glacier. Des cauchemars l’assaillent et le lecteur se prend au jeu du côté fantastique de cette extase mythique qu’Iléana ressent. Le besoin d’en connaître encore et toujours plus semble l’éloigner de la réalité dès qu’il s’agit de ce personnage venu du passé. Cela nous la rend plus humaine et surtout moins sûre d’elle.

De l’autre, un français, le professeur Yannick de Goëldieu, jeune chercheur au CNRS, est lui aussi assigné au projet mais par Paris cette fois, en compagnie du professeur Peyreveil. Autant l’un est jeune et en bonne forme physique, autant l’autre est plus âgé mais toujours alerte. Leur collaboration n’est pas récente et on sent une complicité en plus d’un respect mutuel. Yannick est bourru, mal luné, d’un humour parfois lourdingue mais aussi un chercheur intègre et très professionnel.

Cette fine équipe va devoir composer pour s’entendre car les frictions sont fréquentes et les points de vue opposés. Cela va donner immédiatement une ambiance un peu tendue mais aussi très électrique.
Pourtant seule la science les réunit même si parfois les méthodes des uns font frémir les autres.
Tel un combat de boxe, les deux camps vont s’affronter pour leurs idées. En résultera une équipe différente mais là encore unie par un seul objectif : la Connaissance.

Nous entrons alors dans le roman et avec lui dans l’Histoire.
Deux récits en parallèle, le passé et le présent.
Plusieurs personnages de siècles différents, et malgré tout une interaction, tout cela sans se connaître ou même le savoir.
Avec Thibaut et Zéïda, c’est le 13esiecle qui nous appelle à lui. Au travers eux, le Moyen-âge, les Templiers et les croisades en pays sarrasin, sont les contextes dans lesquels nous plonge l’auteur.
En parallèle, le présent et l'ascension, la découverte puis les enjeux scientifiques de celle-ci.

Ce qui va les réunir au travers du temps?
Outre cette chute accidentelle, ces corps gelés et ce qu’ils cachent en leur sein vont nous mener tout droit à un complot vieux de plusieurs siècles, une organisation secrète et prête à tout pour récupérer le Hankh, cet objet sacré ou maudit : arme redoutable placée entre de profanes ou mauvaises mains.
Thibaut et Zeïda , Iléana et Yannick, vont nous transporter au travers du temps et des hommes.

Quelle que soit la période, Piet Legay sait trouver les mots et les ambiances pour nous transporter dans son récit.
Le sable brûlant du désert ou le froid mordant du glacier nous imprègnent des éléments extérieurs. Pendant que les personnages et leurs missions vont nous impliquer dans leur Histoire.

Outre les frictions entre nos scientifiques, les découvertes qu’ils font petit à petit nous entraînent à leur suite.
Des événements particuliers voire d’un genre irréels vont se mettre en branle. Cela tiendra en haleine le lecteur vers la chute finale.
Un seul regret cependant, la sensation qu’une fois lancé, le roman va parfois un peu trop vite.
Les débuts nous entraînent régulièrement à la suite de nos deux époques. D’un côté comme de l’autre les aventures de nos protagonistes nous interpellent.
Et puis, petit à petit, Thibaut et Zeïda deviennent plus discrets. Leur présence apparaît différemment dans le récit, ce qui nous satisfait un peu sur la suite de leurs aventures, mais la fin du roman va nous emmener trop rapidement à une explication presque bâclée comparée aux événements antérieurs.
De leur côté, les aventures de Yannick et Iléana ne vont qu’aller de l’avant vers de nouvelles découvertes qui, si elles nous apportent un contexte historique indéniable, nous poussent aussi à en vouloir plus dans l’action.

Lorsque j’ai vu arriver les derniers chapitres (« l’inconvénient » d’une version papier) et le nombre de questions qui restaient en cours, j’ai espéré un instant un tome supplémentaire.
Hélas ! Les quelques pages restantes m’ont mené à un final certes bien amené mais pourtant, il reste une sensation désagréable de vide.

La « chute » de l’histoire est cependant plutôt bien trouvée et sème le désordre dans le cerveau du lecteur par ce qu’elle sous-entend de questions en suspens. Ce qui nous amène à penser que l’Histoire n’est qu’un éternel recommencement et que parfois mieux vaut laisser le passé où il est plutôt que de tenter de le faire parler.
Je me retrouve donc dans la situation où je ne saurais dire si j’ai aimé ou non ce livre mais où une chose est sûre, la plume de Piet Legay est à découvrir et je chercherai d’autres écrits de lui, sous ce nom de plume ou l’un des nombreux autres qu’il utilise.

_________________
lecture en cours : Les Lames du cardinal de Pierre Pevel
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://niniksland.eastasia.fr/
ninik

avatar

Masculin Messages : 2833
Date d'inscription : 29/05/2014
Age : 39
Localisation : Liège

MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Mer 11 Nov - 9:46



Les Cathédrales du temps, de Jean-Jaques Olivier





Confrontés à des modes de vie surprenants et à des conditions extrêmes, les Temporels visitent les mondes du futur, rencontrent des insectes géants, des robots belliqueux, des extra-terrestres aux motivations imprécises et des entités lumineuses qui cherchent à régenter le monde.

Le jeune intrépide journaliste Sven Holsen, rédacteur des Chroniques du futur, est le fil conducteur de cette épopée qui nous emmène des villes qui palpitent aux vaisseaux stellaires des Atlantes au sein des CATHEDRALES DU TEMPS...


  • Genre : science-fiction

  • Nombre de pages : 548

  • Format : papier





_________________
lecture en cours : Les Lames du cardinal de Pierre Pevel
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://niniksland.eastasia.fr/
ninik

avatar

Masculin Messages : 2833
Date d'inscription : 29/05/2014
Age : 39
Localisation : Liège

MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Mer 11 Nov - 9:47

Les Cathédrales du temps, de Jean-Jaques Olivier

Critique de Malka

Se plonger dans le roman « Les cathédrales du temps », c’est s’immerger dans l’univers, ou plutôt les univers créés par l’auteur Jean Jacques Olivier. Cet univers de pure SF propose des termes et un vocabulaire très spécifique que l’auteur met en place dès le prologue. Un glossaire détaillé permet au lecteur de comprendre chacun d’entre eux, de prendre ses repères. Et si cela parait laborieux au départ, cela permet ensuite un confort de lecture et une immersion totale dans le roman, sans perte de temps supplémentaire. Si ce n’est pour quelques mots nouveaux rencontrés au fil du récit, une fois la terminologie acquise, on ne revient que peu au glossaire.

« Les cathédrales du temps » , dont l’une d’elle est au cœur du récit, ou chronosphères, sont d’immenses machines à voyager dans le temps. Le lancement des premières cathédrales date de 2051. La cathédrale du temps, dont nous suivons l’aventure, a pour mission de remonter du 35ème siècle à 2046. Seulement, dès le départ, les ennuis commencent. Un mauvais fonctionnement l’envoie 11000 ans dans le futur !

A l’intérieur de la cathédrale vit une petite communauté de plus de 800 personnes. Parmi elles, se trouve un « transfuge », sorte de pirate temporel, en compagnie de qui nous débutons le récit. On pourrait croire qu’il s’agit du personnage principal, mais il n’en est rien. La narration alterne entre le journal du transfuge, des extrait du journal de la cathédrale « le globe » , et un point de vue plus général qui nous donne des informations sur le voyage et sur les premières missions. Si nous faisons vite la connaissance de nombreux personnages, un en particulier se démarque des autres au fur et à mesure et va devenir le héros du roman. Cependant tous les personnages sont très intéressants, aussi bien les personnages principaux que secondaires : leur caractérisation soignée nous rend chacun d’eux attachant.
Le transfuge ne disparaît pas pour autant. Son identité reste longtemps un mystère. L’auteur sait entretenir le suspense à son sujet. Son rôle assez trouble influe sur l’intrigue : entre aide bienvenue et désagréments qu’il impose à l’équipage de la cathédrale. Il poursuit un but précis et ses motivations ne s’éclaircissent que tardivement dans le récit.
Il ne vole cependant pas la vedette au personnage principal, dont on apprécie l’intelligence et l’ingéniosité, l’esprit d’initiative et la loyauté.

Le voyage dans le temps est donc au centre du récit. L’auteur intègre cette problématique temporelle à l’intrigue de manière intelligente : les notions et concepts utilisés ou évoqués sont parfaitement maîtrisés, organisés et précis, pensés dans le moindre détail.
Il propose un énorme saut en avant, puis la cathédrale remonte le temps par bons successifs, mais suffisamment éloignés entre eux pour que les évolutions et changements soient profonds. Cette remontée dans le temps permet de comprendre ce qui a permis l’évolution du monde au fil du temps. Les actes entrepris par la cathédrale ne sont également pas sans conséquences et on le comprend rétroactivement. Le fil conducteur temporel reste donc complexe, mais d’une grande cohérence et c’est un plaisir de découvrir les différents univers visités. La découverte et les réflexions se mettent en place naturellement et c’est avec plaisir que l’on se laisse titiller par le récit et ses subtilités.
Un autre aspect temporel s’ajoute au voyage de la cathédrale quand le héros découvre une boule quantique. Cet objet prodigieux lui permet de voyager dans le temps sur de courtes durées. Cette fois, la réflexion porte sur les différents univers parallèles, se déroulant sur des temporalités différentes. Quand notre héros intervient dans le passé pour rectifier l’avenir, se superposent deux réalités: celle qu’il abandonne à son sort et la seconde qu’il tente de sauver du désastre. Mais intervenir sur le cours des choses n’est pas si simple qu’il y parait.
L’auteur a donc multiplié les pistes de réflexions sur la temporalité et le voyage dans le temps, en explorant tous ses aspects. Il offre donc une réflexion complexe, complète et extrêmement intéressante au lecteur.

Les aventures sur les différents univers visités (même lieu, mais temporalité différente), entraînent également le lecteur, sans lui laisser de répit. Elles sont vivantes et captivantes ! Les univers proposés sont détaillés et riches. On s’y croirait tellement les descriptions précises nous transportent. Impossible de s’ennuyer.
Ces récits d’aventures alternent avec d’autres temps plus ou moins calmes où l’on explore cette fois la vie dans la cathédrale : celle d’une communauté bien organisée. On imagine sans mal la cathédrale, ses différents quartiers, où différentes activités foisonnent.
Par contre un petit détail m’a chiffonné concernant cette population. Le journal propose un compte rendu détaillé de la situation extérieure, des décisions prises, dans une transparence totale. Rien n’est caché. Pourtant malgré des événements hors du commun, l’auteur n’évoque jamais les réactions de cette population : pas d’accord ou de désaccord avec l’information donnée, les décisions prises.

Sur la forme, le style de l’auteur s’avère fluide et précis. Si les chapitres ne sont pas équilibrés, cela ne gêne nullement la lecture. En effet, ils s’adaptent au récit et prennent de l’ampleur quand le contenu le demande. On s’y fait rapidement et absorbé dans sa lecture, on ne peut qu’oublier toute notion de chapitre, tellement le récit nous porte.

En conclusion, j’ai adoré la lecture de ce roman complexe et riche, vivant et palpitant, même si on reste sur de la SF classique. C’est un réel coup de cœur et je remercie le forum « Au cœur de l’imaginarium » et « Rivière Blanche » pour cette excellente découverte.

_________________
lecture en cours : Les Lames du cardinal de Pierre Pevel
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://niniksland.eastasia.fr/
ninik

avatar

Masculin Messages : 2833
Date d'inscription : 29/05/2014
Age : 39
Localisation : Liège

MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Lun 23 Nov - 9:33



Rancoeur, de Simon Sanahujas





Dans la capitale du plus puissant des Royaumes, des nobles crapuleux se livrent à une lutte sans merci contre le mystérieux Creuset d'Ombres tandis qu'une horreur sans nom hante les profondeurs de la cité.

Alors que Karn - héros trahi, brisé et mué en truand - se fraye une route sanglante dans cette cité devenue prison, une métamorphose insoupçonnée se profile. Et si ce tunnel sans espoir pouvait finalement révéler qui il est réellement ? Et si son âme torturée pouvait encore receler autre chose que de la RANCOEUR ?


  • Genre : fantasy

  • Nombre de pages : 312

  • Format : papier

  • Nombre d'exemplaires : 1





_________________
lecture en cours : Les Lames du cardinal de Pierre Pevel
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://niniksland.eastasia.fr/
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   

Revenir en haut Aller en bas
 
[Editeur] Rivière Blanche
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 5Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Au Cœur de l'Imaginarium :: Partenariats :: Partenaires-
Sauter vers: