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 [Editeur] Rivière Blanche

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ninik

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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Lun 23 Nov - 9:44

Rancoeur, de Simon Sanahujas

Critique de ninik

Durant ma lecture, j'ai eu l'impression que cet ouvrage n'était pas un roman isolé. En effet, le lecteur sent, tout au long du livre, que le monde dépeint, très riche, avec les évocations de nombreuses cultures, de guerres, de légendes, dépasse le cadre de ce récit, qui prend place dans une ville précise et, bien que relatant le destin d'une nation, ne quitte pas les rues et les ruelles du lieu. Rancoeur (Chroniques de Karn) se termine par un essai de chronologie suivant les péripéties de son héros (Karn, donc) depuis sa naissance. Et cette chronologie confirme ce sentiment, que l'auteur, Simon Sanahujas, a déjà écris sur son héros et cet univers, à l'occasion de deux ouvrages publiés chez Asgard éditions, Nereliath et Seuls les dieux (deux livres que, par conséquent, j'ai très envie de me procurer).
Pour autant, il est tout à fait possible de découvrir Karn et ce monde d'héroïc fantasy grâce à Rancoeur. Il est certes fait références au passé de notre héros tourmenté, ainsi qu'à de nombreux conflits plus ou moins ouverts, mais Simon Sanahujas fournit toutes les clés permettant de comprendre les différences références, qui ne servent finalement qu'à rendre cet univers vivant, avec un passé riche et connu.
Rancoeur, du nom d'emprunt de Karn, est une quête initiatique. Notre héros, devenu grâce à ses faits d'armes maréchal de la ville, est trahi et est obligé de fuir la cité. Mais, réalisant qu'il n'a fait que fuir toute sa vie, il y revient sous couvert d'anonymat et s'infiltre dans l'étrange pègre des bas-fonds, pour s'en servir pour sa vengeance. Aors que la folie, la rage et, bien entendu la rancoeur le dévorent, il va comprendre l'inanité de ses actes et finir par se trouver lui-même.
Ainsi, derrière une histoire très simple, quasiment basique, le lecteur découvre un personnage complexe (dévoilé entre-autre à travers de nombreux flash-back montrant sa vie comme maréchal et pourquoi et comment il est trahi), un paysage politique étrange (compliqué mais aussi mystique, les dieux étant très présents, de même qu'une étrange créature résidant dans les égouts), un anti-héros dans toute sa splendeur qui finira par mériter, dans le sang et la sueur, son statut de héros (à ce titre, cette quête initiatique peut s'apparenter à celle relatée dans la série Spartacus).
Simon Sanahujas propose, pour ce faire, une écriture fluide et superbe, complexe dans son utilisation précise des termes militaires, dans sa description imagée et vivante des combats, utilisant le nom des bottes d'escrimes ou des pièces d'armure, ou encore s'aidant de la terminologie du corps humain pour décrire les ravages des coups portés ou reçus par ses personnages. Le récit est court, intense, vivant, et difficile de lâcher le livre à peine commencé. De plus, Rancoeur est extrêmement violent, sanglant, dérangeant par moment, tant il provoque le dégoût en décrivant longuement le héros nageant dans les immondices des égouts, ou le sang et les membres volant de tous côtés (le combat final est assez effarant).
Ainsi, Rancoeur est à réserver aux amateurs de fantasy glauque et sauvage, mais ceux-ci seront aux anges, tant l'histoire simple est magnifiée par le style et par la violence graphique, tant le personnage principal est attachant malgré la folie qui l'anime.
En bonus, Simon Sanahujas offre deux nouvelles se situant dans le même univers (l'une d'elle avec Karn comme héros, avant ce qui sert de cadre ici), plaisirs non-négligeables permettant d'apprécier l'univers créé ici.

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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Mer 25 Nov - 8:21



Un Rêve Mandarine, de Francis Valery





"A l'appartement du Cours Pasteur, où j'habitais, avant, il y avait une fenêtre cosmique. Elle donnait sur un étroit rebord en pierre qui s'étirait jusqu'à la descente d'évacuation des eaux de pluie, au coin de l'immeuble. C'était là, à l'extrémité de la gouttière, que se trouvait la porte entre les mondes..."

Ce recueil est un mélange d'autobiographie et de fantastique. Du fantastique, puisqu'on y croise vampires et fantômes ; on y affronte des entités venues d'on ne sait quel autre monde ; on y découvre des lieux hantés et des objets dotés de conscience... Quant à l'autobiographie, elle est omniprésente. Quasiment tous les événements décrits ou évoqués dans ces nouvelles se sont réellement passés, les lieux sont bien ceux où ont vécu les personnages mis en scène ou auxquels il est fait allusion.

Francis Valéry évolue dans le monde du spectacle vivant, comme musicien de scène et de studio. Compositeur éclectique, il écrit des chansons, des pièces électroacoustiques pour des spectacles et des événements artistiques, et réalise des livres audios musicaux. Ecrivain et essayiste fécond, on lui doit plus de soixante-dix ouvrages (romans, essais, recueils) ainsi qu'une centaine de nouvelles.


  • Genre : fantastique

  • Nombre de pages : 252

  • Format : papier





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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Mer 25 Nov - 8:23

Un Rêve Mandarine, de Francis Valery

Critique de Malka

La préface de l’auteur informe le lecteur de sa démarche. 
« Un rêve mandarine » propose des nouvelles fantastiques qui oscillent entre surnaturel et autobiographie. Il reprend ainsi l’esthétisme d’un des ses romans précédents. Il s’agit donc d’un projet littéraire spécifique, comme un défi pour l‘auteur. L’ambiguïté du recueil réside dans le fait que certains des événements se sont réellement passés pour une personne, ou plusieurs, tout en s‘ancrant dans le rêve. La vie, la réalité offre donc matière à l’écriture de ces nouvelles. Plusieurs narrateurs habitent chacun de ces récits à la première personne et le lien entre eux apparaît au fil des pages. »
Le recueil a fait l’objet d’une publication chez « Fleuve noir », puis d’une réécriture. L’aboutissement final de ce projet s’étale sur plus de 10 ans. Il éveille donc la curiosité, mais j’avoue que je n’ai compris vraiment le concept qu’une fois immergée dans la lecture, la préface me laissant plutôt dans le flou, même si ses propos se sont éclairés une fois la lecture du livre achevée.

Le style importe beaucoup dans cette œuvre et offre une unité à l’ensemble. Fluide, parfois cru tout en restant poétique, il est maîtrisé, nuancé et offre à la narration un côté vivant, que l’emploi du présent vient renforcer. On sent à la lecture que le choix de mots n’est pas dû au hasard et apporte de la force et de la réalité au récit. La caractérisation des personnages, via la narration à la première personne, s’avère également parfaitement réussie : l’auteur l’utilise avec aisance et naturel.

Ses personnages n’apparaissent pas comme des héros, bien au contraire. Qu’on s’attache aux uns, et non aux autres, il ne laissent pas indifférents. Leur révolte envers le monde, la société, voire leur cynisme, leur haine et pour certains leur violence restent omniprésents. On s’intéresse à leur histoire, à leur parcours et une biographie nous donne des éléments d’informations utiles et intéressants à la fin de chaque nouvelle.

Dans le recueil, la musique représente un autre fil conducteur. Omniprésente, on sent la touche du musicien, autre facette de l’auteur. Les références sont nombreuses, souvent inconnues pour moi (j’avoue mon inculture), et attribuent au récit une atmosphère particulière, baignée d’une musique absente à l’oreille, mais pourtant essentielle à la lecture : allusion aux groupes, aux chansons, aux influences diverses. On pourrait même s’imaginer se constituer une playlist pour l’accompagner.
Les personnages sont des musiciens, des fans inconditionnels qui fréquentent concerts et autres cafés musique. Leurs relations entre solidarité et rivalité, mais franc respect, habitent chacune des nouvelles.

La touche fantastique légère et subtile entraîne le lecteur entre rêve et réalité. Fantômes, possessions, vampires, portails vers d’autres mondes et objets maudits, s’invitent dans la réalité, et dans la vie de chaque narrateur. La frontière entre réalité et surnaturel reste floue, à peine perceptible et pourtant appréciable. En effet, la réalité s’ancre dans le récit par le style et la narration employée. Ils entraînent le lecteur, qui se fait surprendre agréablement par l’arrivée de cette touche énigmatique, envoûtante, étrange.

Les personnages sont au cœur de la nouvelle qui les concerne, mais ne disparaissent pas totalement une fois celle-ci terminée. On les retrouve dans des lieux qu‘ils fréquentent, en passionnés de musique qu‘ils sont, ou dans des histoires communes, de près ou de loin. Certains voient leur destinée se croiser de manière plus précise. D’autres ne feront qu’une brève apparition. Pourtant on se réjouit de les retrouver, de les suivre un moment avec d’autres personnages, de glaner quelques rares informations les concernant.
L’auteur offre ensuite une chronologie permettant de reconstituer les événements concernant chacun d’entre eux. Elle s’avère intéressante, permet de remettre les histoires de chacun en place, de les situer selon leur âge dans un axe temporel précis.

En conclusion, « Un rêve mandarine » propose une aventure littéraire fort intéressante et appréciable. Je remercie « Rivière blanche » et le forum « Au cœur de l’Imaginarium » pour la découverte de cet excellent recueil.

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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Sam 28 Nov - 10:52



Radu Dracula 2: ... Que cette coupe s'éloigne de moi!, de Philippe Lemaire





Le calme qui s'ensuivit me sembla délicieux. Le navire maintenait son cap en brisant à son rythme régulier la houle de la Mer Océane, les flots noirs avaient accueilli dans un silence parfait ma dernière victime et l'élément marin m'apparut l'espace d'un instant comme un allié très fiable dans ma condition de nosferatu. J'avais pris la place du jeune Lieutenant sur le balcon afin de profiter du spectacle qu'offraient les hautes vagues du grand large mais des ronflements irréguliers en provenance du pont inférieur me rappelèrent à la prudence ; je ne devais pas m'attarder ici et regagner ma caisse au plus vite.


Quand Radu Dracula meurt en Octobre 1476, il ne sait pas que sa vie ne fait que commencer. Le Diable lui confie une quête qui justifie sa condition de non-mort.

Dans ce deuxième opus, Radu Dracula quitte son repaire pour Jérusalem où un prêtre le met sur une piste qui doit le mener au Graal. Seulement pour cela il devra embarquer avec Christophe Colomb en direction du Nouveau Monde.

De son côté Satan va lui offrir un magnifique cadeau : le retour à la vie ou plutôt à la non-vie de sa fille Maria.

Après ... Prenez et buvez, ceci est mon sang, Philippe Lemaire continue à réécrire le mythe du Vampire. Les illustrations qui agrémentent le roman sont tirées de l'album bd du même nom dont il est également l'auteur.


  • Genre : fantastique

  • Nombre de pages : 216

  • Format : papier





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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Sam 28 Nov - 10:56

Radu Dracula 2: ... Que cette coupe s'éloigne de moi!, de Philippe Lemaire

Critique d'Aelynah

Avec Philippe Lemaire, nous évoluons dans deux réalités, le passé et le présent.
Le passé, réminiscence de la vie de Radu au début de sa transformation nous entraîne dans les débuts de sa quête et aux travers eux la découverte toujours surprenante des pouvoirs qu’il acquiert ou possède du fait de sa nature nouvelle de nosferatu.
Au travers du présent, on ressent une petite pointe de nostalgie mais aussi de dépit pour les erreurs commises qui lui ont coûté parfois des amis, parfois des indices pour sa quête.
Cette fois-ci les énigmes du passé vont trouver des réponses au présent et des remords trouver rédemption. Même la solitude de Radu va trouver une échappatoire, paradoxalement grâce à Satan. Celui-ci va lui octroyer une compagne à sa mesure pour poursuivre le long chemin que semble devenir cette quête du Graal.

Tout comme je l’avais déjà stipulé pour le tome 1, je continue à apprécier cette approche décalée du mythe, plus introspective, plus détaillée sur le processus d'évolution du vampire au travers des siècles.
L’ennemi de toujours va d’ailleurs prendre visage grâce à la plume de l’auteur qui va nous ramener aux prémices de leur inimitié et à leur première rencontre.
Torquemada, version moyen-âge ou moderne, reste un fanatique, un inquisiteur empli de sa foi au détriment de ce qu’IL considère comme hérétique. Une bonne image en ces temps troublés d’intégrisme religieux, de fanatisme aveugle.
Ce deuxième opus va nous fournir de nombreuses surprises tant par ce retour dans le passé au côté de Christophe Colomb et de son voyage qui se révélera être les Amériques, que par les indices qui vont permettre à Radu d'avancer enfin de façon significative dans sa quête.
L'adjonction de nouveaux alliés à son camp va nous ouvrir alors de nouvelles opportunités que laisse entendre cette fin pleine de questions.
L'auteur a, cette fois encore, su développer ce côté hors norme du vampire, ici enfant de Satan, à la recherche du Graal, pour nous plonger dans des événements historiques de l'intérieur. Partir aux côtés de Christophe Colomb à bord de l'une des caravelles afin de découvrir ces peuplades indigènes et cannibales d'outre Atlantique est une expérience absolument divertissante.
Voir s’imbriquer dans l’Histoire la présence de notre vampire et sa quête rajoute un atout intéressant à cette série qui n’en manquait déjà pas.
De plus, cela nous permet au fil des ans de découvrir plus avant Radu, les déboires de sa quête mais aussi ses avancées parfois succinctes mais toujours narrées avec une plume aventurière et entraînante.
L'évolution des personnages au fil des chapitres nous donne encore et toujours plus envie de découvrir qui ce cache derrière ce Graal et son protecteur mais aussi de continuer à suivre les développements des pouvoirs de Radu lors de ses incursions dans son passé.
C'est donc là encore un deuxième tome réussi et surtout une suite toujours plus attendue.
J’allais oublier aussi ces illustrations qui au cours du tome nous donne une image sombre et réaliste de nos personnages. Illustrations déjà présentes dans le tome 1 et que le lecteur continue à apprécier découvrir au fil de sa lecture.

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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Lun 30 Nov - 10:32



Radu Dracula 3: L'un de vous me livrera !, de Philippe Lemaire





La morte-vivante était rivée à son cou depuis des heures lui semblait-il et Mat avait la sensation grandissante qu’elle ne le lâcherait jamais. L’étreinte était oppressante mais, même s’il avait par moments l’impression que son cœur allait lâcher, il se prêtait de bonne grâce à l’indolore morsure. La scène d’un vieux film, le Bal des Vampires de Polanski où le metteur en scène/acteur se faisait croquer par la belle Sharon Tate, lui traversa l’esprit et il sourit à cette pensée. Y’avait quand même pire comme mort ! Sa Sharon Tate à lui différait de l’original de par sa chevelure d’ébène mais n’en était pas moins craquante, délicieusement glacée et parfumée à… la Bergamote


Quand Radu Dracula meurt en Octobre 1476, il ne sait pas que sa vie ne fait que commencer. Le Diable lui confie une quête qui justifie sa condition de non-mort.

Dans ce troisième opus, Radu Dracula doit se justifier son séjour à Londres à la fin du XIX° siècle et sur sa rencontre avec les chasseurs de vampires de Van Helsing. Londres où il doit revenir pour y retrouver sa fille qui a fui le château familial et où se cacherait toujours le gardien du Graal. Mais les chasseurs veillent…

Après ...Prenez et buvez, ceci est mon sang et Que cette coupe s’éloigne de moi, Philippe Lemaire continue à réécrire le mythe du vampire et sa quête du Graal. Une nouvelle vision de Dracula.


  • Genre : fantastique

  • Nombre de pages : 200

  • Format : papier





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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Lun 30 Nov - 10:34

Radu Dracula 3: L'un de vous me livrera !, de Philippe Lemaire

Critique d'Aelynah

Et voici le tome 3 tant attendu de ce nouveau vampire des temps modernes qu’est Radu Dracula.
Depuis que sa solitude est terminée grâce à la présence en son manoir de Solange, la belle et piquante archéologue française mais aussi Maria, sa fille, Radu a bien du mal à garder son sang froid face à deux pareilles donzelles. Leur curiosité n’a d’égale que leur intelligence et leur mentir n’est vraiment pas la chose à faire s’il veut les garder en sécurité mais surtout en alliées.
Cette fois, mythes et légendes vont encore se rencontrer au travers d’une histoire que les fans de vampires connaissent bien, puisqu’il s’agit du Dracula de Bram Stoker.
Là encore le récit va être particulièrement bien pensé pour le lecteur que nous sommes, en se positionnant du côté vampire et non plus de celui de Van Helsing, Mina Harper ou Jonathan Harker. Nous y retrouvons bien évidemment des passages communs, mais vus par notre prince Radu et avec ses propres conclusions.
C’est là encore ce qui fait le charme de cette série vampirique, ce côté hors des sentiers battus et totalement hérétique.
Outre le passé de Radu, c’est aussi celui de ces précédentes compagnes que nous allons survoler ainsi que le présent de ses compagnes actuelles. Cela va là encore nous entraîner dans des complots, des interrogations pour cette quête mais aussi des conflits familiaux.
Car Maria a beau avoir 500 ans de retard, elle a gardé son caractère farouche de belle moldave et c’est avec une attention particulière qu’elle va tenter de se mettre au goût du jour. Seule sa garde-robe semble cependant résister à cette modernisation. Pourtant, un événement grave va la pousser à reprendre sa liberté et à partir quérir elle-même des réponses à ses questions. Ce qui va donner cette fois une nouvelle tournure à ce tome puisque si nous continuons à profiter des pensées et actes de Radu, nous allons aussi pouvoir évoluer dans celles plus jeunes et féminines de sa fille.
Le récit va en être suffisamment intéressant pour que le final de ce tome ne tombe pas comme un cheveu sur la soupe dans notre lecture enthousiaste.
Je n’ai donc qu’un mot à dire, cette série continue à me surprendre par son originalité au fil des tomes et la peur que j’avais de me lasser est, depuis belle lurette, tombée dans les oubliettes insondables du château de Radu.
Me voici donc impatiente d’en découvrir le quatrième tome au titre accrocheur de : Jesus, Fils de David, aie pitié de moi !

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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Sam 19 Déc - 10:08



La Voix Brisée de Madharva, de Mathieu Rivero





Les courses, les missions, les jobs borderline, David de Vries connait ça par coeur : quand sa pote Caro lui propose un plan bien rémunéré, il n'hésite pas une seconde. Peut-être aurait-il dû ? Au siège d'une méga-corpo, il fait la connaissance de Madharva, une jeune femme cyborg propulsée au firmament des pop-stars par son agent Ari Weiss. Passée à tabac à la sortie d'un concert, son corps synthétique a été disloqué et elle attend du privé qu'il retrouve les auteurs de ce forfait et qu'il le leur fasse payer. Cher. C'est une véritable plongée en eaux troubles qui attend David, qui devra pénétrer les quartiers les moins fréquentables de la cité, combattre en pleine rue comme dans le cyberespace et déjouer les sombres machinations des fanatiques, des politiciens et des businessmen... ne serait-ce que pour rester en vie !

Mathieu Rivero nous entraîne dans un monde cyberpunk sous la férule de sociétés multinationales, où robots et êtres de chair ne sont plus séparés que par une frontière existentielle. Aussi quand les conservateurs s'interrogent sur ce qui fait de nous des hommes et qu'une chanteuse cyborg prend la défense des augmentés, il y a de quoi mettre le feu au poudre. Un roman haletant au suspense impitoyable, où l'on retrouve les thèmes chers à Philip K. Dick et Isaac Asimov.


  • Genre : cyberpunk

  • Nombre de pages : 232

  • Format : papier





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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Sam 19 Déc - 10:11

La Voix Brisée de Madharva, de Mathieu Rivero

Critique d'Illion

La voix brisée de Madharva est un ouvrage d'à peu près 230 pages (un peu moins d'un long lettrage en ce qui me concerne) majoritairement tourné vers les genres du cyberpunk et de l'anticipation. Les cyborgs en sont le thème central car ils permettent d'interroger les limites de l'humanité en tant qu'entité corporelle organique. Le thème est cher aux auteurs du genre et les références à Isaac Asimov et Philip K. Dick sont assumées et même mentionnées sur la quatrième de couverture.
Premier (très) bon point de ce livre : la première de couverture. Elle est vraiment très classe avec son esthétisme sobre et épuré mêlant ombres et lumières ainsi que des motifs visiblement influencés par l'Art Nouveau et le futurisme technologique. Bien qu'on ne s'en rende compte qu'au cours de la lecture, elle est un condensé des thématiques et scènes emblématiques du scénario.

La narration est effectuée à la première personne par le héros principal. Ce n'est pas forcément ce que j'apprécie le plus mais ça se justifie très bien par un style rétro fortement inspiré des romans noirs des années 50, généralement contés par un privé engagé en début d'histoire. De fait sur la forme on a un mélange plutôt détonnant entre lesdits romans et les récits de science-fictions (cyberpunk en tête bien sûr), ce qui fonctionne très bien grâce à l'espace-temps volontairement flou : nous sommes dans une mégapole européenne vers 2100 et nous n'en sauront guère plus, ce qui laisse le soin au lecteur d'imaginer le décor qu'il veut sur la base du récit (et moi j'aime bien l'esthétisme sombre et un peu old school des polars à l'américaine des années 50 donc je vous zut ^^).

J'adhère à 100% au concept de la couverture parce que c'est elle (et le titre aux accents de conte initiatique indien) qui m'a attirée. Les ombres et lumières symbolisent bien toute la contradiction du personnage de Madharva : rester en pleine lumière en tant que pop-star commerciale ou passer du côté obscur (non, je n'ai pas honte de cette blague ^^) en "brisant" sa voix/voie pour être elle-même. La même symbolique peut aussi s'appliquer au monde du show-business dont l'ouvrage livre une critique désabusées des pratiques commerciales.
À propos de Madharva, j'aurais aimé que son nom représente quelque chose en accord avec l'inspiration indienne assumée par l'auteur à travers son personnage. Cependant la démarche de Mathieu Rivero de créer un personnage engagé mais dont le nom n'a aucune significations se défend aussi et rentre malgré tout dans le jeu d'ombres et de lumières en cristallisant l'attention du lecteur sur un point finalement insignifiant pour l'amener à réfléchir sur l'apparence et la réalité de ce qui nous entoure. Ou pour reprendre la formulation d'un autre personnage : "Ce n'est pas parce que l'on n'est pas une femme que l'on ne peut pas se prétendre féministe."
Au-delà du thème sans cesse renouvelé de l'homme et de la machine, ainsi que celui du monde du show-business, Mathieu Rivero interroge finalement notre propre monde en mutation face aux évolutions technologiques, en particulier la surmédiatisation croissante d'informations (parfois - souvent ? - sans importance) via Internet ou les réseaux sociaux. Sur ce sujet, j'aime sa gestion de son univers, volontiers rétro, qu'il a tenu à étoffer et crédibiliser en ajoutant des annexes (fictives) extraites d'ouvrages scientifiques (fictifs) sur certains aspects-clés de son monde.

Je termine ici cette chronique en portant à l'attention de l'auteur et de l'éditeur deux grosses coquilles, manifestement passées à la trappe des relectures et corrections (ce qui n'est pas forcément très grave mais la première est quand même gênante pour comprendre le sens du texte :s ) :
- page 11, lors d'une description de son environnement, David de Vries emploie deux fois de suite les mots "à droite". À moins qu'il ait deux mains droites comme d'autres (dont je suis ^^") ont deux mains gauches, je crois qu'il s'agit d'une erreur de frappe ^^.
- page 96, un "de" superflu s'est subrepticement glissé dans une réplique d'Ari Weiss.

Bilan : encore un bon livre à découvrir

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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Sam 30 Jan - 9:04



L'Etrange disparition de Lady Delia, de Louis Tracy





"Cette affaire me plonge dans des abîmes de perplexité."

Qu'est-il arrivé à Lady Delia Lyle ?

Partie un soir de novembre de son hôtel particulier pour aller rendre visite à sa soeur, elle n'est jamais arrivée chez celle-ci. Le dernier à l'avoir aperçue est l'avocat Reginald Brett, un vieil ami de Sir Charles Lyle, qui l'a croisée à la gare Victoria.

L'inquiétude monte, jusqu'à la découverte d'un cadavre de femme dans la Tamise. Peu à peu, Sir Charles sombre dans le désespoir. Mais Reginald Brett décide de mener sa propre enquête.

Il entre alors dans un labyrinthe de duplicité qui l'entraînera à faire d'étranges découvertes...

Journaliste puis romancier prolifique, Louis Tracy (1863-1928) s'est illustré dans le roman de guerre future, le roman d'aventures et le roman policier, genre auquel il a fini par consacrer sa carrière. Il est le créateur de plusieurs détectives, dont l'avocat Reginald Brett, et il est resté dans les mémoires pour les enquêtes de Winter et Furneaux, un tandem de policiers détonnant.


  • Genre : policier

  • Nombre de pages : 264

  • Format : papier





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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Sam 30 Jan - 9:07

L'Etrange disparition de Lady Delia, de Louis Tracy

Critique d'Aelynah

On retrouve avec ce roman un des titres de la collection Baskerville des éditions Rivière Blanche. Qui dit « Baskerville » dit un contexte à la Conan Doyle et c'est ce que j'ai apprécié retrouver sous la plume aisée et totalement sherlockienne de Louis Tracy.

Nous y retrouvons tous les bons ingrédients de ce genre de littérature qui a eu son heure de gloire. Elle reste actuellement sur le haut de la pile quoique parfois un peu désuète par les réactions des personnages.
Car tout y est très Old School dans ces romans et cela donne un aspect suranné particulièrement agréable au récit.
Honneur, amour quasi courtois, déclarations grandiloquentes sont au rendez-vous mais aussi et surtout une intrigue complexe et tissée avec habilité.

Tous les indices portent à croire en la culpabilité d'un seul et unique personnage et ce, dés le début de l’intrigue.

Puis tout se complique à foison au fil de l’histoire qui défile. L’écheveau compliqué des preuves semble mener tout droit à un coupable que nous sommes bien en peine de vouloir dans ce rôle. Et pour Reginald Brett, avocat de renom mais aussi enquêteur à ces heures, cela semble trop logique et trop éloigné du caractère de ce personnage pour être la vérité. Car tout semble se liguer contre lui sous la plume de l’auteur et c’est ce qui va faire tout le bonheur de ce roman.

Au travers de déductions toujours logiques et sobres de notre avocat, nous entamons une enquête de plus en plus complexe qui va nous mener de Londres à Cannes, d’Angleterre en France en passant par l’Italie et le nouveau monde.

L'enquête apporte son lot d'indices troubles et terriblement efficaces pour perdre les enquêteurs et le lecteur. Tout porte à croire que nous tournons autour d'une information capitale pour la suite des événements mais que, chaque fois, un élément nous en éloigne avant de nous laisser apercevoir une lueur de compréhension.
De plus, la sympathique mais tendue concurrence entre l’avocat et l’inspecteur de police de Scotland Yard va parfois compliquer les choses.
Il ne faudra attendre que les dernières pages pour obtenir ENFIN les révélations tant attendues. Mais en attendant, que de rebondissements, de sentiments exacerbés, de personnages attachants et aussi énervants par leurs traits de caractère ! Tous sont prêts à se dénoncer pour protéger un(e) proche, tous pensent savoir la vérité alors qu'ils n'en possèdent qu'une infime partie, car, au final, seul l'assassin et sa victime auront été présents au lieu et à l'heure du crime.
C'est là tout le bonheur de cette lecture, se bouleverser le cerveau de bout en bout pour deviner, creuser et chercher l'indice laissé peut être par l'auteur mais omis par notre ami Reginald qui nous ferait trouver la réponse avant lui.
Un très bon moment de lecture pour les adeptes de Sherlock Holmes ou Hercule Poirot.

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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Lun 1 Fév - 10:47



Dimension Moyen-Âge, de Collectif





Textes de Jean-Pierre Andrevon, Jean-Michel Calvez, Fabien Clavel, Fabien Fernandez, Jess Kaan, Patrice Lajoye, Antoine Lencou, Meddy Ligner, Agnès Marot, Olivier May, Pierre Stolze, Rachel Tanner et Jean-Louis Trudel.

Accompagné d'un article de Lucie Chenu.


TABLE DES MATIERES:
Préface
Lucie Chenu : Le Merveilleux Médiéval, entre Histoire et Imaginaire
Jess Kaan : L'Ours
Antoine Lencou : Symbiose
Fabien Clavel : Chamane
Fabien Fernandez : L'Envol écarlate
Patrice Lajoye : Dafydd ap Sais
Jean-Pierre Andrevon : La Dernière croisade
Agnès Marot : Les Amants du temps perdu
Pierre Stolze : Les Chevaliers chiens
Jean-Michel Calvez : Droit de passage
Jean-Louis Trudel : De l'origine des espèces nouvelles
Olivier May : Je suis revenu fermer la boutique de Pierre
Rachel Tanner : Vivre et mourir à Palerme
Rachel Tanner : La Sixième Croisade
Meddy Ligner : La Geste du Joker par l'Archange Gabriel


  • Genre : fantasy

  • Nombre de pages : 248

  • Format : papier





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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Lun 1 Fév - 10:57

Dimension Moyen-Âge, de Collectif

Critique de Malka

Dans la préface, Meddy Ligner, responsable de l’anthologie rappelle qu’il s’agit d’un troisième opus historique chez Rivière blanche, puisque ce volume « Dimension Moyen âge » a été précédé par « Dimension Antiquité » et « Dimension Préhistoire ».

A cette préface succède un article de Lucie Chenu, riche et intéressant intitulé «  le merveilleux médiéval entre Histoire et Imaginaire » . Complet, il reste tout de même accessible, même aux non historiens, tout comme moi (je peux donc juger très facilement, vu mon médiocre niveau). Elle pose les jalons importants, en insistant sur l’influence de la foi, des croyances et légendes et propose des références pertinentes pour les différents genres qu’elle évoque:
- le roman gothique
- le roman historique, teinté de surnaturel
- les voyages dans le temps
- la fantasy
- les légendes arthuriennes
- le roman historique moderne
- SF et uchronie
- Et un savant mélange des genres…
Il s’agit au final d’un Moyen âge fortement fantasmé et qui, nous le rappelle Lucie Chenu, connaît un revival avec l’évolution de l’image que l’on s’en fait à l’heure actuelle, et cela pour notre plus grand bonheur !
Cet article apporte un éclairage sur les nouvelles correspondant aux différents genres, mais j’y reviendrais plus longuement ensuite.

Le recueil clair et organisé permet une entrée en lecture avec des repères précis. La préface et l’article cité y contribuent, mais également une présentation unifiée pour chaque nouvelle : présentation de la nouvelle et circonstances de l’écriture ou de la publication (certaines nouvelles ont été écrites spécifiquement pour le recueil, d’autres y ont trouvé leur place sans lui être spécifiquement destinées, d’autres encore constituent le passage d’un roman, un chapitre pouvant être lu indépendamment), puis la nouvelle est suivie d’une présentation de l’auteur. A noter, que ces nouvelles ont été placées selon un ordre chronologique, permettant de les situer les unes par rapport aux autres et c’est fort appréciable pour le lecteur.

Que la touche qui teinte la nouvelle soit plutôt fantastique ou SF, plus ou moins importante, les repères historiques restent dans chaque nouvelle omniprésents. L’intrigue et l’atmosphère empreintes de l’influence moyenâgeuse, quel que soit le lieu où se déroule le récit (car le recueil nous fait voyager dans bien des lieux et pays) prennent souvent le dessus sur le personnage principal. Même si celui-ci y joue bien sûr un rôle primordial, il se plie aux exigences et croyances historiques. En non historienne, j’ai ainsi pu enrichir mes connaissances, baigner dans une période intéressante et riche d’enjeux et de croyances, où la religion et les conflits la concernant sont nombreux. Quelques textes abordent d’ailleurs de manière détaillée les croisades. La richesse des descriptions, de l’atmosphère proposée, les intrigues qui se développent autour du thème imposé, tout en gardant leur originalité par leur touche d’imaginaire, entraînent le lecteur et les rendent agréable à la lecture, même pour les non initiés.

Comme dit précédemment, la touche d’imaginaire reste en marge, plus ou moins discrète selon la nouvelle, mais aussi de natures différentes.
Certaines jouent sur l’aspect surnaturel, sur les croyances, telle « L’ours de Jess Khan » qui reprend la légende de St Vaast et de l’ours, « Chamane » de Fabien Clavel qui évoque donc le chamanisme, « l’envol écarlate » qui reprend des croyances nordiques, « Daffyd ap Sais »  s‘appuyant sur une source galloise relate un combat qui doit se poursuivre jusqu‘à la fin des temps et « les chevaliers chiens »   de Pierre Stolze évoque une malédiction punitive.
Certaines évoquent la religion et les croisades comme dans « la dernière croisade » de Jean Pierre Andremont, d’autres remettent clairement en cause la religion tel « Je suis venu fermer la boutique » de Pierre Olivier May ou « vivre et mourir à Palerme » de Rachel Tanner où Frédéric II haï par l’église trouve l’aide de Merlin. Dans « Le geste du Joker de l’archange Gabriel » de Meddy Linner, Dieu et l’archange s’adonnent sans scrupules à des « jeux de guerre ».
Quelques nouvelles s’appuient plus sur la SF et jouent sur la temporalité : « Droit de passage » de Jean Michel Calvez propose une connexion temporelle entre passé et présent (deux situations parallèles se faisant écho, bien que séparées par des siècles, « La dernière croisade » propose un voyage dans le temps à son personnage, qui va finalement changer le cours du temps, avec les conséquences qui en découlent, et dans « Symbiose » d'Antoine Lencou, des savant redonnent « vie » à Charles Martel et ses proches afin de connaître leurs données historiques, quelques siècles après les faits.
Deux nouvelles s’éloignent de ces sujets par leur singularité : Agnes Marot a décidé d’aborder l’amour Courtois dans « Les amants du temps perdu » où un homme visitant les ruines d’un château est investi des événements passés et tragiques touchant deux amoureux. La touche surnaturelle y est légère.
Dans « De l’origine des espèces nouvelles », l’esprit SF est par contre très présent. Le personnage principal y est un mystérieux buste doté d’une tête parlante et qui raconte une histoire des plus surprenantes.

Les nouvelles du recueil, bien que diverses selon l’axe ou le sujet choisis, proposent toujours un style fluide, efficace et une intrigue cohérente. Toutes sont développées de façon à faire voyager le lecteur à travers le temps et l’espace, possèdent leur charme propre. Très subjectivement, on peut préférer certaines à d’autres, mais on ne peut nier leur qualité, ce qui fait de l’ensemble un recueil riche, diversifié et intéressant à la lecture.

Je remercie Au cœur de l’Imaginarium  et Rivière Blanche pour cette découverte agréable, intéressante et enrichissante.

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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Ven 5 Fév - 10:27



Les Poussières de l'Aube (Les Chroniques de Susylee, Tome 1), de Cathy Coopman





24 mars 2012. C'est mon anniversaire ce soir. J'adore les anniversaires. Enfin, j'adorais avant, aujourd'hui je n'en suis plus aussi certaine, les temps changent et mes envies évoluent. Toujours est-il que celui-ci est particulier : je fête mes 102 ans !

La belle et jeune Susylee se réveille un soir sans aucun souvenir d'une vie d'avant. Un homme au teint pâle se présente comme son tuteur. Il va l'aider à composer avec sa nouvelle vie de vampire en suivant à la lettre les multiples règles liées à sa toute récente condition. Un parcours initiatique et chaotique de près de cent ans qui va redonner sens à son existence.

Après une enfance en Ecosse, pays qu'elle chérit et qui l'inspire puis une licence de cinéma, Cathy Coopman débute sa carrière comme scripte sur des courts-métrages, avant de devenir productrice déléguée au sein de la société 5ème Planète. Les poussières de l'aube, le tome 1 des Chroniques de Susylee est sa première entrée dans le monde de la littérature.


  • Genre : fantastique

  • Nombre de pages : 328

  • Format : papier





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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Ven 5 Fév - 10:31

Les Poussières de l'Aube (Les Chroniques de Susylee, Tome 1), de Cathy Coopman

Critique d'Aelynah

Voici un roman sur les vampires comme je les aime. Bon il est vrai qu'ils sont plutôt sexy, bourrés de talents mais cette fois ils ont aussi leur lot de misère, amour contrarié et conflits en tous genres, mais principalement psychologiques. Cela amène donc, sous la plume de Cathy Coopman, un récit entraînant quoique pas forcément toujours empli d'action.
Nous suivons la vie de Susylee, jeune vampire transformée à l'âge de 27 ans au début du 20ème siècle. Au travers de sa nouvelle éducation, nous allons voir avec elle le siècle défiler, des grands événements bousculer le quotidien mais aussi des personnages historiques prendre un rôle différent dans le relationnel humains/vampires.
Saviez-vous que le reine Victoria était le chef de file des Traqueurs de vampires pour l'Angleterre? Et qu'elle fut la première à ratifier un traité important et imposant entre leurs deux communautés, leur amenant une certaine paix sous couvert de lois et règles à ne pas transgresser ?
On découvrira avec amusement les clins d'œil de l'auteur aux éditeurs américains et à la relation d'un auteur avec ses fans, mais aussi, et cela est très actuel, la rencontre surprenante de son personnage avec Davie Bowie (il faut savoir que l’auteure en est fan et cela se ressent). Le plus important dans ce texte n'est pourtant pas l'apprentissage même de la jeune femme, qui sera curieusement toujours au second plan et assez peu décrit, ce qui est important ce sont les émotions de la jeune femme.
Elle, la vampire, nous conte au fil d'une autobiographie post-mortalité humaine son acheminement vers une destinée qu'elle n'a pas choisi et qu'elle ne comprend tout d'abord pas. Qui est-elle ? Qui est son créateur ? Pourquoi l'a-t-il transformé puis abandonné au bon soin de Soriel, désormais son tuteur ?
Là sont les grandes questions qui vont nous interpeller tout au long du récit.
Parfois de façon détournée mais toujours en filigrane Susylee se cherche, cherche ses racines pour pouvoir créer son avenir.
L'auteure a su faire de ce vampire un être sensible et particulièrement humain. Elle souffre, aime, réagit avec colère ou compassion comme les hommes.

Grâce à la plume fluide et entraînante de Cathy Coopman, aucun moment d'ennui ou de déplaisir au fil des pages qui défilent et nous entraînent. La plupart des vampires nouveaux-nés oublient leur vie précédente et c'est pourquoi c'est une renaissance que vivent ces jeunes vampires à leur premier réveil. Ils doivent se recréer une identité, un lien avec le monde en se créant une nouvelle vie.
Susylee semble s'y faire assez bien malgré des flashes récurrents qui la troublent et ne trouvent aucune réponse. Car ce qui nous tient en haleine c'est ce secret de sa "naissance", pourquoi, et surtout qui elle était avant. Mais bizarrement, comme pour Susylee, il se passe des moments où sa simple vie de tous les jours nous happe et nous fait oublier cet élément somme toute crucial. Par exemple, sa nouvelle condition d’auteure à succès nous entraîne cette fois non plus dans l’histoire mais dans les différents pays du monde.
La question revient parfois nous titiller, histoire de nous replonger dans le fil si nous avions peur de nous lasser, ce qui soit dit en passant n'a jamais été mon cas. Un élément, un souvenir, un flash ou un personnage mystérieux fait alors son apparition. Le lecteur y croit, attend une réponse, un indice, une révélation de Soriel ou d’un autre. Mais non!
De nombreux secrets semblent donc entourer Susylee et il faudra attendre les derniers chapitres pour entrapercevoir les débuts de réponses.
Au final je dirais que j'ai été subjuguée par ma lecture au point de ne pas pouvoir m'endormir avant de l'avoir terminée. Et pourtant quand je reviens en arrière sur le roman je me rends compte que quelque part il est assez simple. Attention mes paroles n'ont rien de péjoratives.
J'entends par là que c'est une histoire de vampires, avec leurs lois, leurs familles et leurs conflits entre eux et avec les humains. Mais ici pas de combats autres que ceux que l'Histoire nous raconte, pas de scènes d'actions dignes d'un film fantastique, ni même de prophétie miraculeuse qui changerait le monde.
Non, seulement la vie de Susylee, vie qu'elle découvre au jour de sa transformation, sans souvenir de son passé et qu'elle va nous amener à vivre avec elle, à travers elle pendant les 102 années avant sa majorité vampirique, date fatidique à laquelle elle peut souhaiter quitter la famille pour créer la sienne propre ou simplement vive sa vie.
Et pourtant, j'ai été happée par la plume de l'auteure, par son style, par cette histoire dans l'Histoire avec ses personnages complexes et torturés pour certains.
Voir dérouler le fil de sa vie, ses découvertes jusqu'à la révélation finale sur ses origines m'a vraiment enthousiasmée.
Il y a du suspens au bon moment, de l'amour aussi et des frustrations. Mais il y a surtout le personnage central, Susylee, si humaine malgré sa nature de vampire, elle a beau évoluer au fil du temps, elle ressent toujours les choses avec passion, et parfois un manque totale de retenue.
Cependant elle apprend tout de même énormément au contact de sa nouvelle famille. Cathy Coopman a aussi su l'entourer de personnages charismatiques ou troublants.
Soriel, tout d'abord, son tuteur, la trouble profondément. Leurs relations ambiguës vont jeter parfois des bases à des scènes intéressantes entre eux et à des événements importants de l’intrigue.
Les autres membres de la famille ne sont pas en reste. Chacun a un rôle important dans la nouvelle vie de Susylee. Outre son apprentissage des règles et lois, ils deviennent aussi tantôt ses amis, ses confidents ou restent plus dans le rôle de tuteurs chacun dans son domaine.

Pourtant on a beau la choyer, la garder un peu sous cloche, elle a du caractère et ne veut pas s'en laisser conter sans réagir. Cela lui vaudra quelques périodes d'abattement, de désespoir parfois ou de stase prolongée (période de sommeil, genre coma, où le vampire peut rester parfois des années après un choc moral ou physique). Pourtant toujours elle remontera la pente et par la ruse, la gentillesse ou la colère elle finira par obtenir des réponses.
Et ce sont ces réponses qui vont plonger le lecteur dans un marasme frustrant car elles arrivent à point nommé pour nous laisser pantelant d’interrogations et impatient de lire la suite.
Je remercie donc le forum Au cœur de l’Imaginarium et les éditions Rivière Blanche pour cette découverte. Et si vous ne l’avez pas encore lu, lancez-vous dans cette fresque vampirique sur fond d’Histoire emplie de personnages complexes et intéressants.

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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Jeu 18 Fév - 9:43



Dimension Trash, de Collectif





Textes de Gilles Bergal, Sarah Buschmann, Cancereugène, Nelly Chadour, Corvis, Francois Darnaudet, Robert Darvel, Julian C. Hellbroke, Romain D'Huissier, Guy Kermen, Patrice Lamare, Adolf Marx, Charles Nécrorian, Catherine Robert, Christophe Siébert, Brice Tarvel, Artikel Unbekannt vs Schweinhund, Christian Vilà , Kriss Vilà et Zaroff.

Fut un temps où les films de Frank Henenlotter et Brian Yuzna sortaient au cinéma. Où les romans de la collection Gore s'écoulaient à plus de 100.000 exemplaires. Disons-le tout net : cette époque-là est révolue. Hélas. Mais si TRASH est ouvertement nostalgique, pas question de sombrer dans le passéisme. Nous ne sommes pas les enfants, mais les "bâtards" de Gore.

Si nos artisans bouchers se décarcassent, ce n'est pas pour vous servir du réchauffé. Nous sommes certes déférents, mais aspirons aussi à la différence. Car le genre horrifique n'est pas aussi étroit que les bien-pensants voudraient le faire croire, et si la Rivière devient rouge, c'est pour mieux vous présenter toutes les couleurs du TRASH.

Les années ont passé, la Collection Gore est morte depuis longtemps... Mais voilà, son corps allait remonter à la surface heureuse de nos souvenirs. Bon sang, si Daniel Riche avait su qu'un jour Rivière Blanche et TRASH reprendraient une partie du flambeau, gageons qu'il en aurait été particulièrement fier... Du Gore dans la Rivière, de la Rivière qui TRASHise, et du TRASH qui en veut enGore. Le confluent de ces trois fleuves s'appelle Dimension TRASH, monstrueuse anthologie des temps présents et des littératures qui saignent.
(Extraits de la préface de David Didelot.)


  • Genre : horreur

  • Nombre de pages : 292

  • Format : papier





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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Jeu 18 Fév - 9:57

Dimension Trash, de Collectif

Critique de ninik

Le but de Dimension Trash n'est pas que de proposer une série d'histoires d'horreur extrêmes. Trash fait en effet autant référence au côté sanglant et sauvage des récits qu'à cette petite maison d'édition qui se proclame ouvertement descendante de la Collection Gore de chez Fleuve Noir. Cette dernière offre aux amateurs, depuis quelques temps, des livres qui sont tout autant de dignes descendants de Gore que possédant leur identité propre. Dimension Trash se veut ainsi un joli pont entre Gore et Trash Editions, et le prouve avec les noms convoqués pour participer à l'aventure. Ainsi, David Didelot, auteur d'un ouvrage décortiquant la mythique collection Gore de Fleuve Noir, s'occupe de la préface, et explique de manière passionnante ce qui anime Rivière Blanche ici, et parle avec pertinence de Gore et de Trash. Indispensable, autant pour les connaisseurs que pour d'autres qui découvriraient.
Passé cette introduction, de nombreux auteurs, certains œuvrant chez Trash, d'autres étant d'ancien du Gore (parfois des deux) proposent des textes plus ou moins courts, mais d'une rare cohérence, très peu étant oubliables. Parmi ceux-ci, Schweinhund, grand nom de Trash, est comme toujours convoqué à l'exercice, mais livre encore une fois des textes présomptueux, jouant tellement sur la forme qu'il en oublient le fond (comme dans son roman Bloodfist, seul ratage de la première salve de Trash Editions).
Christian Vilà surprend avec Splash ! Sous couvert d'une invasion extra-terrestre délicieusement immonde, il bascule sans prévenir dans une histoire de tueur en série vieillissant et complètement fou. Cette histoire ouvre le bal, et est emblématique de la démarche. En effet, les auteurs sont là pour écrire de l'horreur extrême, souvent sanglante, n'hésitant pas à ajouter de l'érotisme dérangeant au milieu de l'horreur et du sang, mais ils veulent aussi surprendre, déstabiliser, prendre le lecteur aux tripes et ne plus les lâcher. Dimension Trash est un ouvrage passionnant, à ne pas mettre dans les mains d'un lecteur sensible, mais l'amateur d'horreur extrême ne peut qu'adorer.
Brice Tarvel, connu pour ses thrillers violents, prend lui-aussi à contre-pied les attentes du spectateur, en positionnant, avec Kotok, un personnage principal violent, tueur en série qui prend en stop une gamine dont il entend bien faire son quatre-heure. Là encore, difficile de ne pas écarquiller les yeux face au retournement de situation (que je ne peux décemment pas révéler) qui fait basculer l'ouvrage dans l'immonde et le malsain le plus sordide, la plume de Tarvel nous aidant à aller toujours plus loin. Sarah Buschmann avec Tranche de nuit opte pour un récit qui pourrait être classique (un tueur en série enlève une nana paumée, qui découvre qu'elle veut vivre et va tout faire pour s'en sortir) sans la conclusion, d'une ironie mordante, enlevant tout espoir au lecteur.
Tous les genres se retrouvent ici, le but étant de faire dans l'extrême. Nous avons beaucoup de thriller, bien entendu, mais Julien Heylbroeck, par exemple, propose du post-apocalyptique bien immonde avec Junkfood Rampage. Horreur post-nucléaire, cannibalisme et rats géants se mélangent pour créer une histoire qui repousse magnifiquement les limites, comme cette séquence de sexe entre infectés, l'auteur prenant un malin plaisir à décrire bubons et autres immondices couvrant le corps des participants. Brillant.
Romain d'Huissier, qui aime les ambiances asiatiques, nous envoie avec La Veuve écarlate dans le monde des films de chevalier chinois, avec un mélange de fantastique, de torture-porn et d'érotisme sauvage avec une grande maîtrise et une superbe plume.
Nelly Chadour s'en va explorer l'Histoire, et le fait sans concession, allant effroyablement loin dans l'horreur et le malsain, et pourtant, la fin de l'histoire ne peut laisser indifférent, entre surprise, consternation et horreur.
Zaroff avec Zomb'short raconte 8 très courtes histoires de zombis, qui pourraient être connectées, contant la même invasion zombiesque de plusieurs points de vue, et arrive à changer d'ambiance dans chaque histoire, jusqu'à choquer le lecteur. Gilles Bergal, avec Nouvelle vie, parle lui aussi de zombie, mais de manière déstabilisante puisque le héros en est un, nouvellement créé. Le style s'adapte aux pensées de son personnage principal avec une grande intelligence et parvient à nous faire plonger dans sa psyché, mais n'oublie pas pour autant de surprendre, grâce à une fin ironique et déstabilisante.
Robert Darvel, déjà auteur de Nécroporno chez Trash Editions, offre une histoire délicieusement cinéphile, puisque ses protagonistes sont embauchées par l'auteure de 50 nuances de Grey pour tuer Joe d'Amato, en plein tournage de son Anthropophagous. Les choses ne se déroulent pas bien, et finalement le couple engagé finira dans le film du réalisateur italien lors d'une séquence repoussant les limites de l'immonde en terme de torture. L'histoire, pleine de références pour l'amateur de cinéma d'horreur, va extrêmement loin dans le macabre, pour le plus grand plaisir du lecteur.
Parmi les autres surprises, Catherine Robert, avec Je suis méchante, raconte l'histoire d'une enfant qui découvre certaines pulsions malsaines. Le style est adapté à son personnage, mais, au-delà de ce côté faussement niais, le lecteur découvre une indicible horreur, une noirceur effroyable, et plonge dans la psyché de ce personnage jusqu'à une conclusion certes prévisible mais sans concession. Cette histoire, un des grands moments du livre, n'égale pourtant pas le meilleur morceau de l'ouvrage, écris par Corvis, membre des Artistes fous associés venu se compromettre dans le Trash et prouvant qu'il n'a rien à envier aux auteurs plus connus du roman. En effet, son Une heure à tuer est autant une histoire intelligente (la fin est pleine de surprise) qu'un morceau de torture porn effroyablement extrême (Grotesque, film d'horreur extrême qui avait voulu montrer que les Japonais maîtrisaient le torture-porn comme personne, à côté, c'est du Disney) qui mélange érotisme et violence malsaine en diable. L'histoire, écrite du point de vue de la personne torturée, est magnifique, plongeant le lecteur dans les pensées de cet homme violenté, les sévices sont malsains et intelligents, et ne reculent devant aucune abomination. Un grand moment qu'on peut difficilement oublier.
Dimension Trash est ainsi un magnifique recueil de nouvelles plein de surprise, de sang, de violence, de sexe. L'amateur d'horreur extrême ne peut qu'apprécier la démarche, et cela lui donnera envie de partir à la découverte de Trash Edition, empli d’œuvres aussi malsaines que les histoires contées ici.

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Dernière édition par ninik le Sam 18 Fév - 15:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Dim 6 Mar - 11:43



Danse avec le taureau, de Philippe Ward





Le directeur d’une revue taurine est retrouvé assassiné d’un coup d’épée dans la nuque, nu, une marque étrange dans le dos. Puis c’est autour d’un agent de toréros d’être tué de la même façon, suivi par un surfeur, un dirigeant de club de rugby et un homme politique. À quinze jours des Fêtes de Bayonne qui attirent plus d’un million de festayres, la justice fait appel à Amaia Aguerre, une enfant du pays, mais surtout la première profiler française. Elle va devoir résoudre rapidement son enquête, de peur que le serial killer ne frappe une nouvelle fois comme il l’a annoncé sur les murs des arènes de Bayonne. Elle va avoir besoin de tous ses talents pour analyser le profil psychologique du meurtrier car aucun lien ne lie à première vue ces cinq hommes. Et pour couronner le tout, elle va se retrouver confrontée à la guerre que se livre les aficionados et les anti-corridas et à Bayonne, on ne plaisante pas avec les taureaux.


  • Genre : polar

  • Nombre de pages : 174

  • Format : papier





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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Dim 6 Mar - 11:47

Danse avec le taureau, de Philippe Ward

Critique de ninik

Philippe Ward, en plus de s'occuper de l'excellente maison d'édition Rivière Blanche, est aussi auteur. Après Manhattan Ghost, il revient avec un ouvrage complètement différent, Danse avec le taureau, un thriller se déroulant au sein du milieu de la corrida à Bayonne et alentours. Un pitch des plus alléchant, une ambiance rarement mise en avant, voilà qui a de quoi intriguer.
Cependant, le livre faisant 166 pages, il est logique de penser que l'enquête sera vite résolue, ou peu développée. Et effectivement, il s'agit d'un des points faibles de Danse avec le taureau. Des chapitres très courts dépeignent soit les exactions du tueur, soit l'enquête, menée conjointement par deux policiers locaux et par la première profiler française, en vacances sur place (mais originaire des lieux). Et, pendant longtemps, ils piétinent, exploitant quelques fausses pistes, interrogeant plusieurs suspects, jusqu'à ce que l'enquête s'accélère vers la fin de l'ouvrage, avec de grosses progressions assez fortuites qui mènent à une résolution assez rapide. En effet, par le plus grand des hasards, les clés de cette série de meurtres vont être données à l'héroïne par un protagoniste qu'elle croyait complètement étranger à tout ça. De même, l'identité du tueur est assez facile à deviner, et ses motivations se révèlent assez moyennes et plutôt simples, le méchant étant finalement un peu trop caricatural.
Pourtant, le livre est une lecture assez agréable. Philippe Ward écrit très bien, de manière fluide, et il est facile de s'attacher aux personnages – en particulier à l'héroïne, la jolie Amaia. Et l'auteur arrive terriblement bien à faire ressentir l'ambiance de Bayonne, à travers la musique, la nourriture, la corrida ou autre, mais sans noyer le lecteur sous des informations. Il place le décor, glisse des anecdotes, des noms de plats gastronomiques, et autres détails ou termes basques, qu'il décrit pour que le lecteur sache de quoi il parle, mais sans aller trop loin. Ainsi, Philippe Ward évite tout ennui et développe une histoire agréable qui tient en haleine le lecteur le temps d'une grosse journée, développant une belle ambiance que l'on a peu l'occasion de mettre en scène, et qui peut plaire même à quelqu'un n'ayant jamais mis les pieds à Bayonne – ce qui est mon cas.
Danse avec le taureau se lit vite et fait passer un bon moment. Même s'il n'aurait pas été déplaisant de voir une enquête plus complexe (elle semble ici aider à la toile de fond en assombrissant l'ambiance), le lecteur découvre la corrida, la lutte entre aficionados et anti-corrida, plonge dans une société secrète, le tout sur fond de gastronomie et de musique basque. Et c'est déjà bien.


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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Lun 7 Mar - 10:33



Sibilla: Cercles Mortels, de Nelly Chadour





Ils trouvèrent une colombe morte. Entre les plumes blanches, grouillait une armada d'asticots. Les nécrophages semblaient se multiplier sur la dépouille. Sous les yeux horrifiés des deux amis, l'oiseau fut nettoyé en quelques instants. Encagé entre les côtes frêles, se trouvait un origami d'un sinistre rouge sang, plié en forme de coeur.
- Pas de doute, dit Sibilla, mon soupirant s'impatiente.

Les lecteurs du Flash se régalent des articles de Sibilla, chroniqueuse de l'étrange. Pour eux, elle enquête sur les esprits revanchards, les poltergeists, les sorciers modernes et autres phénomènes surnaturels qui font grincer les dents de son ami Leonardo Verga. La belle italienne n'hésite jamais à se lancer dans des affaires ténébreuses, guidée par ses connaissances ésotériques et l'anneau hérité de son fantomatique mentor, Cagliostro.

Mais qui est vraiment Sibilla ? Leonardo le découvrira peu à peu, à travers leurs voyages dans les ombres inquiétantes de villes enchanteresses comme Paris, Milan, Florence et Bangkok. Ce duo mal assorti mais soudé sera confronté à ce que la soif de magie et de vengeance peut engendrer de plus abominable...

Nelly Chadour plonge avec délice dans les recoins les plus sombres de l'écriture en composant des nouvelles et des romans peu recommandables. Mordue de toutes les littératures, de musique gothique et de films d'épouvante, elle a aussi fait sienne cette citation de Colette digne de Sibilla : "Si vous n'êtes pas capable d'un peu de sorcellerie, ce n'est pas la peine de vous mêler de cuisine." Elle cherche encore la recette du muffin ultime.


  • Genre : fantastique

  • Nombre de pages : 276 pages illustrées

  • Format : papier





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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Lun 7 Mar - 10:40

Sibilla: Cercles Mortels, de Nelly Chadour

Critique d'Illion

Le présent ouvrage est un recueil de nouvelles, plus ou moins longues, centrées sur le personnage de Sibilla. Cette dernière est une héroïne de bandes-dessinées créée en 1975 par deux italiens : Pier Carpi au scénario et Luciano Bernasconi aux illustrations. L'un et l'autre sont respectivement connus pour avoir inventé des personnages dont les aventures ont été éditées en leurs temps par les éditions Lug. On doit également à Carpi le héros Martin Mystère dont les aventures ont été remises au goût du jour dans les années 2000 par une série animée diffusée sur les chaînes destinées à la jeunesse. D'ailleurs, après la mort de Carpi en 2000, de nombreux auteurs et illustrateurs se sont emparés de certains personnages parmi les plus connus, comme Sibilla, pour en proposer de nouvelles aventures, dont certaines éditées en recueils et romans par Rivière Blanche (déjà !) au sien d'une collection qui leur est dédiée.
Ce recueil-ci est intégralement écrit par Nelly Chadour et centré sur la seule Sibilla, où l'on retrouve une nouvelle remastérisée "La disgrâce de Cagliostro" qui était déjà présentée dans un autre recueil de l'éditeur, Dimension Super-Héros. À cela s'ajoute des illustrations réalisées par différents illustrateurs et artistes pour évoquer d'une part le caractère graphique de ce personnage et son évolution graphique depuis les créateurs Carpi et Bernasconi jusqu'aux jeunes générations. Ces illustrations sont magnifiques et très soignées (j'ai personnellement un faible pour celles de Stéphane Roux) et majoritairement issues de diverses histoires où apparaît Sibilla. Ce choix peut paraître étonnant mais je le trouve très cohérent par rapport à la nature et aux origines premières de ce personnage.

En plus de l'introduction et de la bibliographie illustrée, le recueil comprend cinq nouvelles de court et moyen lettrages répartie comme suit :
- La disgrâce de Cagliostro, 33 pages
- Un admirateur, 28 pages
- Cercles mortels (dont est tiré le titre du recueil), 100 pages
- Histoire de fantômes thaïlandais, 59 pages
- Lucia, 32 pages
Contrairement à ce que je pensais au début, ces nouvelles ont un lien plus fort que les simples personnages de Sibilla et Leonardo. Elles forment un tout. Les deux premières mettent les éléments en place en vue du déchaînement de violence des deux nouvelles centrales que sont "Cercles mortels" et "Histoire de fantôme thaïlandais". Cette prépondérance de ces deux-là sur les autres se discerne aisément par leurs tailles beaucoup plus importantes. À elles seules, elles représentent presque les deux tiers de l'ensemble du recueil. Quand à la dernière, elle sert en quelque sorte d'épilogue pour évoquer les conséquences des événements évoqués dans les deux précédentes. Cependant, Nelly Chadour n'oublie pas non plus l'ancrage de son recueil dans un univers riche de nombreux héros. Ainsi d'autres personnages, également créés par Carpi et Bernasconi, apparaissent telle que Phénix. Ce qui donne une sorte de cosmos façon DC Comics ou Marvel assez intéressant.

Le style de Nelly Chadour est cependant trop simple et sobre à mon goût. Je reconnais que le format court de la nouvelle oblige à cette concision pour ne pas gaspiller inutilement des caractères. En conséquence les auteurs vont directement à l'essentiel en ne décrivant que ce qui leur est directement utile. C'est généralement un élément qui me dérange dans ce type de format parce que j'estime qu'une bonne description permet de s'imprégner plus facilement de l'univers dans lequel l'auteur veut nous faire entrer. Concernant Nelly Chadour ce n'est pas excessivement gênant, sauf pour la première nouvelle consacrée à Cagliostro. Une partie de cette nouvelle se passe au XVIIIème siècle d'avant la Révolution française, réputé pour sa frivolité autant que pour son riche et joyeux foisonnement autant dans les arts de la conversation que dans les arts tout court. Certes, il n'était sans doute pas possible de rendre parfaitement compte de cela mais j'aurais aimé au moins une petite description savamment menée pour en donner une idée, ainsi que des dialogues qui "sonnent" réellement de cette époque. Or, à ce sujet l'auteure emploie des lieux communs du langage précieux de la France de l'Ancien Régime mais les tournures sont terriblement modernes ! Pour ne rien arranger la nouvelle finit sur une espèce de fin abrupte avec un dialogue qui ne mène a priori à (presque) aucune information utile pour la suite et la fin reste trop ouverte par rapport à l'enjeu du scénario proposé. Cela fait très bizarre au regard du reste des nouvelles qui sont plutôt pas mal. Bref, "La disgrâce de Cagliostro" est vraiment le récit qui m'a le moins emballée, sans parler du scepticisme forcené de Leonardo qui finit par devenir vraiment agaçant. Au bout d'un moment j'avais vraiment envie de lui mettre des claques et je pensais que de frôler la mort à plusieurs reprises lui ouvrirait les yeux. Mais même pas ! Ça en devient carrément absurde à la fin, même si la justification proposée par l'auteure est cohérente en soi. Heureusement, il y a tout le reste.
Les histoires ne sont pas dénuées d'humour, ce qui offre un comic relief bienvenu dans certains scénarios pour adoucir à propos la noirceur des événements fantastiques qui y sont décrits. Cependant, ce que je préfère par dessus tout ce sont les nombreuses références historiques et ésotériques qui émaillent le récit. Nelly Chadour s'appuie sur des faits historiques avérés (comme la tristement célèbre "Affaire du Collier" qui ruina un peu plus la réputation de Marie-Antoinette et la rapprocha un peu plus encore de la guillotine...) autant que sur de réelles légendes ou faits occultes dont de nombreux incontournables : les Comtes de Cagliostro et de Saint-Germain, la légende de rabbi Low etc... Dans ce domaine l'auteure fait preuve d'une grande érudition en matière d'ésotérisme en allant chercher des faits souvent méconnus du grand public comme par exemple la véritable signification du nom "Lucifer" (évoquée par Cagliostro dans la première nouvelle). D'une manière générale et autant que je puisse en juger ces données sont exactes et permettent des champs aussi divers et variés que l'occultisme, la kabbale juive (avec les golems), les croyances thaïlandaises ou les légendes occidentales (le mythe populaire de la Dame Blanche). J'aime beaucoup la façon dont Nelly Chadour jongle avec ses références ésotériques pour les introduire logiquement dans son récit. C'est un pur régal. Et ça a l'avantage inestimable de compenser agréablement les points négatifs de son œuvre en la rééquilibrant.

En conclusion, le recueil est plutôt bien équilibré si je soupèse attentivement éléments négatifs et positifs. Le côté très recherché des ancrages historiques et occultes est vraiment agréable et flatte ma corde sensible de guide profondément attachée à l'histoire. J'approuve également cette volonté de faire vivre, par delà la mort, l’œuvre créée il y a plus de 40 ans par Carpi et Bernasconi. Cela va dans le sens de la préservation et de la mémoire auxquelles je suis également sensible. Je me retrouve également curieuse de découvrir ce personnage tel que ces créateurs l'ont imaginée à ses débuts. À découvrir donc.

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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Mer 16 Mar - 8:41



L'Oeil vert de Goona, d'Arthur Morrison





Pour se jouer de nous, pour nous prouver notre impuissance, la fatalité se complaît à nous mettre à deux doigts de la réalisation de nos désirs sans que nous en sachions rien.

Entre aventuriers, on se rend de menus services. Ainsi, quand Mr. Crook repart des Indes, il accepte volontiers de convoyer en Angleterre la cargaison que lui confie Mr. Hahn : douze magnums de tokay dont il espère tirer un joli bénéfice.

Mais à bord du steamer, un milliardaire américain est prêt à les acheter pour le double de leur valeur. Ravi de l'aubaine, Mr. Crook accepte... et se fait tancer par Mr. Hahn ! Et si l'un de ces magnums recelait un objet précieux, par exemple un diamant volé à un rajah ?

La chasse au trésor est ouverte !

Célébré de son vivant comme un brillant représentant anglais du naturalisme à la Zola, Arthur Morrison (1863-1945) fut aussi un des maîtres de la detective fiction, notamment grâce au personnage de Martin Hewitt, le premier des "rivaux de Sherlock Holmes", dont on lira prochainement les exploits dans cette collection.


  • Genre : thriller

  • Nombre de pages : 240

  • Format : papier





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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Mer 16 Mar - 8:47

L'Oeil vert de Goona, d'Arthur Morrison

Critique d'Aelynah

Je retrouve avec ce roman très victorien (même s'il se passe juste après le couronnement d'Edward VII, son fils) un nouveau titre des éditions Rivière Blanche que j'apprécie et plus particulièrement de leur collection Baskerville, déjà chroniquée au travers du récit de L'étrange disparition de Lady Delia de Louis Tracy.
L'un des avantages non négligeable de cette collection est ce prologue enrichissant et instructif sur l'auteur, sa vie et son œuvre écrit, généralement par le traducteur, fervent passionné. Avant de pénétrer dans le monde littéraire d'Arthur Morrison, Jean-Daniel Breque nous présente cet auteur méconnu (du moins pour ma part) et pourtant célébré de son vivant comme un des maîtres de la détective fiction notamment grâce au personnage de Martin Hewitt, le premier des "rivaux de Sherlock Holmes".
Nous ne ferons pas la connaissance de ce Mr Hewitt pour cette fois mais, pourrait-on dire, d'un confrère, aventurier à ses heures et féru de négoce en tous genres, Mr Crook. Toujours en vadrouille de par le vaste monde, le voici en Inde pour le Great Durbar, événement sans commune mesure rattrapant tout ce qui se fait de plus riche et huppé en Inde ainsi que de nombreux étrangers en villégiature.
Qui dit "people" dit aussi crimes et larcins en tous genres.
Et l'un de ceux qui va marquer l'événement sera la tentative de vol commise sur le sultan de Goona et son précieux et magnifique diamant vert. L'œil vert de Goona, ainsi surnommé pour sa teinte smaragdine, sa grosseur, son nombre de carats affolants et surtout la "nuance de ses feux incomparablement riche" dixit l’auteur.
Notre héros, sur place pour l'événement est sur le retour en Angleterre lorsqu'un confrère négociant lui demande pour service de faire transiter à ses côtés un carton de magnums de grand prix d'un vin rarissime et de grand âge. Mr Hahn souhaitant en faire grand bénéfice une fois sur place et assurer ainsi un subside conséquent à ses proches, Mr Cook ne voit aucunement de souci à faire profiter de ce grand cru un passager américain prêt à y mettre un prix apportant un bénéfice supérieur à celui escompté par le négociant. Cependant la "joie" de Mr Hahn n'est pas celle prévue non plus à son arrivée en Angleterre lorsqu'il apprend la vente conclue.
Supputant alors une escroquerie à plus grande échelle ou une malversation douteuse, notre héros, Mr Cook décide de se lancer lui-même à la recherche des magnums de Tokay restants et par des moyens audacieux et une aide substantielle du commis greffier et de cet américain qui lui avait acheté la caisse, Mr Merrick et de sa fille, il va vivre des aventures au combien surprenantes.
Dans un registre parfois soutenu et sous une plume vraiment agréable Arthur Morrison nous emporte à la poursuite de Mr Crook et sur la piste de ce qu'il pense être un futur investissement lucratif.
Les aventures rocambolesques et parfois dramatiques dont il va faire les frais, de façon cependant moins comique et désagréable que ce cher Mr Hahn vont entraîner le lecteur dans une chasse au trésor hautement divertissante et agréable.
Ce qui au départ ne concernait que ces deux personnages va devenir une chasse à plus grande échelle, et de tous horizons les participants vont s'entrecroiser, se mystifier, se doubler et même parfois s’entre-tuer pour ce fameux diamant.
La dextérité de l'auteur à entraîner le lecteur dans ce jeu de piste empli d'énigmes et d'embûches n'a d'égale que la complexité de son scénario qui va nous mener jusqu'au bout de l'intrigue dans un sentiment de profonde perplexité. Humour, action, trahison et même une romance (discrète mais agréable) vont nous amener à tourner les pages de ce roman particulièrement plaisant et tout ce qu'il y a de plus léger et humoristique, aux personnages hauts en couleur.
C'est donc là encore une réussite pour les adeptes du genre et un moment de lecture à ne pas rater. Merci donc aux Editions Rivière Blanche de ressortir ces classiques du genre méconnus.

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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Sam 2 Avr - 8:29



Le Crépuscule des rois, d'Arnaud Cuidet





Sasha est une new-yorkaise d'une trentaine d'années au passé de loubarde. Au cours d'une rixe, elle découvre un anneau qui la transporte sur une planète étrange : Nalaâm. Elle et l'anneau sont désormais liés.

Capturée, elle combat dans une arène de gladiateurs. Elle découvre que son anneau lui confère une force incroyable, mais uniquement pendant ses accès de colère. Sasha finit par s'évader de l'arène et découvre un monde en proie à une guerre terrible : l'Empereur Tarkass veut régner sur tous les royaumes. Sasha sera propulsée au milieu des combats, qui sonneront le glas de bien des monarchies et ouvrira une nouvelle ère, celle du CREPUSCULE DES ROIS.


  • Genre : science-fiction

  • Nombre de pages : 364

  • Format : papier





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MessageSujet: Re: [Editeur] Rivière Blanche   Sam 2 Avr - 8:33

Le Crépuscule des rois, d'Arnaud Cuidet

Critique de Malka

Lorsque le partenariat a été proposé pour ce roman « Le crépuscule des rois », j’ai un peu hésité à m’inscrire. Le résumé me semblait alléchant, mais la couverture, certes superbe, ne correspondait pas à mes attentes : un personnage légèrement vêtu, dont la posture sur la moto met en avant ses charmes féminins… J’ai tout de même tenté, misant sur la qualité des romans SF de Rivière Blanche, qui ne m’ont jamais déçu. Bonne décision, puisqu’il aurait été dommage de passer à côté du personnage principal de l’histoire, Sasha, héroïne aucunement semblable au stéréotype féminin renvoyé par la couverture. Bien au contraire !

Sasha, jeune femme originaire de Brooklyn, grande et athlétique se fait agresser et s’échappe grâce à un anneau, qui la téléporte immédiatement dans un autre monde, où elle est une « élue » (porteuse d’anneau).
Capturée, elle devient gladiatrice, puis simple guerrière. Elle s’adapte vite grâce à son fort caractère et son expérience de la « baston » acquise dans les rues de Brooklyn. Sasha se révèle être une femme forte, têtue, belle et rebelle (mais ce n’est pas son physique son atout principal), souvent provocatrice, voire insolente, mais toujours pour de bonnes raisons. Impossible de de ne pas apprécier ce personnage bien construit et nuancé, riche, possédant des valeurs et un code de l’honneur qui lui est propre. C’est une vraie Héroïne, qui sait faire preuve de générosité et compassion, se bat pour la justice et la défense des opprimés. Certes rien d’original à première vue, mais totalement nouveau dans ce monde qui néglige son peuple.
Son rôle d’élu et son fort tempérament, ses actions héroïques forcent l’admiration : celle du peuple, aussi bien que celle des rois, ou de ses ennemis, et celle du lecteur bien évidemment !

Le lien qu’entretient l’élue avec son anneau, très particulier et original, est bien mis en place. Elle l’appelle « Sauron » par dérision et on sourit à cette évocation. Si elle se sert de l’artefact, elle lutte également contre son influence. Celui-ci se sert de sa colère qu’il catalyse pour décupler ses forces, mais lui ôte toute limite et l’entraîne à tuer ses ennemis.
Sasha éprouve des remords pour les meurtres qu’elle commet (même si justifiés par la bataille). Ce côté très humain et sensible de Sasha, la rend d’autant plus sympathique aux yeux du lecteur.
Pourtant, on se demande qui influence qui, de l’élue et de l'artefact.

La narration à la troisième personne, très bien menée, livre du point de vue de Sasha, ses émotions et interrogations, ses angoisses et sa détermination.
Si l’intrigue suit ses pas pendant une grande partie du récit, les points de vue se diversifient quand les événements finaux s’enchaînent. Ce changement demande un temps d’adaptation au lecteur, mais apporte des informations intéressantes sur les personnages secondaires.
La narration est vive, parfois rapide, alternant des scènes diverses entre combats, descriptions de l’univers et de l’état d’esprit du personnage. C’est tout de même l’action qui domine dans le roman.

Les personnages secondaires, également bien caractérisés s’avèrent tout aussi intéressants que notre héroïne Sasha. Les relations que celle-ci entretient avec eux, réalistes, évoluent, se renforcent en amitiés fortes et même en sentiments fraternels et amoureux : ils apprennent à se connaître entre alliances et traîtrises.

L’univers du roman, pas forcément original, reste cohérent.
On découvre avec Sasha les cités et royaumes, leurs dirigeants, et même si certains deviennent des amis, elle n’oublie pas que la population reste la victime principale des guerres qui les opposent. Si elle participe aux batailles, c’est pour la défendre et limiter les dégâts, non pour prendre parti dans les batailles de pouvoir.
Dans cet univers rongé par la guerre, des temples, où sont conservés de précieux artefacts, apportent un élément original et crucial dans l’intrigue. L’auteur ajoute également une touche technologique avec des énergies particulières, entre vibration et pulsation : on découvre ainsi des vibrajets (moto de la couverture), des vibranefs etc…

En conclusion : j’ai adoré le personnage principal du roman (qui m’a d’ailleurs fait rire par ses réparties savoureuses), une femme forte et généreuse, une véritable héroïne sans qu’on ne tombe dans le cliché.
Mon seul bémol serait l’intrigue simple et un peu prévisible, mais l’auteur fait la part belle aux personnages et ce serait dommage de ne pas faire leur connaissance. Un roman SF avec une Vraie Héroïne, ce n’est pas si courant et je le recommande !
Merci au forum Au cœur de l’Imaginarium et à Rivière Blanche pour cette très belle lecture.

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