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 [Editeur] Lune Ecarlate Editions

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ninik

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MessageSujet: Re: [Editeur] Lune Ecarlate Editions   Mar 26 Mai - 7:53

Le bal des Iguanes, de Brice Tarvel

Critique de ninik

Brice Tarvel est un auteur français, qui a oeuvré aussi bien comme scénariste de bandes-dessinées (on lui doit entre-autre l'excellente série Mortepierre, mêlant sang, glauque, et un délicieux côté sexy) que sur des romans. Il a écrit quelques ouvrages pour la mythique collection gore et s'est intéressé à son descendant spirituel Trash Editions, entre-autre.
Le Bal des Iguanes, qui nous intéresse ici, est publié chez Lune Ecarlate, éditeur papier et numérique assez éclectique mais aimant le fantastique.
Le Bal des iguanes est un roman assez court qui prend place dans une maison de retraite, ayant pour héroïne la très discrète Lise, aide-soignante plutôt atypique, qui travaille là depuis peu. Tout le récit est vu par les yeux de la belle Lise, les descriptions sont envahies par ses pensées, ses réflexions, ses à-priori, mais pourtant, Brice Tarvel parvient à distiller un lourd mystère sur ce que cache la jeune femme. Nous savons très rapidement qu'elle est tout sauf un ange, et qu'elle est là pour une raison aussi précise que malsaine, mais la nature même de sa démarche, de sa mission, ne sera comprise que bien tardivement.
En attendant, Lise doit s'occuper de cette étrange maison de retraite, peuplée de résidents tous plus spéciaux les uns que les autres, et l'auteur peuple ses couloirs de secrets, de meurtres, de choses sinistres. Hélas, il résout certains trop rapidement, les abandonnant en cours de route, non pas comme s'il les oubliait, mais parce que, comme son héroïne, il ne les trouve pas suffisamment important, et c'est dommage. Le mystère planant sur la maison de repos sinistre aurait mérité d'être plus développé, plus pesant, et non d'être résolu complètement par hasard, et pour des raisons finalement pas si intéressantes que cela. De même, la conclusion du récit, bien que brusque, sauvage et désespérée, manque de développement, et laisse clairement le lecteur sur sa faim.
Pour ces raisons, Le Bal des iguanes (dont le titre prendra tout son sens dans le dernier acte du roman) se laissera oublier un peu vite. Cependant, l'ouvrage n'est pas dénué de qualité, loin s'en faut, et se laisse lire sans déplaisir. La plume de l'auteur est très agréable, fluide, et si les descriptions sont nombreuses, elles ne lassent pas, car Brice Tarvel sait poser une ambiance dérangeante. La maison de retraite fait, sous sa plume et donc vue à travers les pensées de Lise, froid dans le dos, et surtout, ses résidents sont terrifiants. L'auteur décrit la vieillesse de manière monstrueuse, malsaine, atroce, et rapidement le lecteur a l'impression d'assister à un bal de monstres tous plus effroyables les uns que les autres. De plus, Brice Tarvel sait faire s'attacher à un personnage pourtant assez abominable, et crée même, par moment, de petites touches de sensualité, grâce aux pensées de la jeune femme pour sa charmante collègue de travail.
Au final, Le Bal des iguanes déçoit quelque peu, car il avait le potentiel d'être un roman inoubliablement malsain, mais n'est qu'une lecture plaisante. Il n'en mérite pas moins le détour, et fera regarder la vieillesse d'un autre œil.

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MessageSujet: Re: [Editeur] Lune Ecarlate Editions   Ven 29 Mai - 8:19



Monstres à toute vapeur, de Collectif





8 histoires de créatures du folklore français teintées de steampunk pour les amoureux des étranges machines à vapeur.
Steampunk ?

Parfois traduit «futur à vapeur» ou «retrofutur», ce terme qualifie un genre littéraire né à la fin du XXe siècle, dont l’action se déroule dans l’univers industriel du XIXe. Le terme fait référence à l’utilisation de machines à vapeur dans une esthétique traditionnellement victorienne.

Doris Facciolo
Béatrice Ruffié Lacas
Xian Moriarty
Philippe Winkler
Eric Colson
Marie Angel
Catherine Loiseau
Igor Kovaltchouk


  • Genre : anthologie steampunk

  • Nombre de pages :

  • Format : numérique





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MessageSujet: Re: [Editeur] Lune Ecarlate Editions   Ven 29 Mai - 8:24

Monstres à toute vapeur, de Collectif

Critique d'Aelynah

Je me suis lancée dans ce recueil de nouvelles, appâtée par son quatrième de couverture « Monstres à toute vapeur 8 histoires de créatures du folklore français teintées de steampunk pour les amoureux des étranges machines à vapeur. »

Mon enthousiasme sous le bras et du steampunk plein mes pensées je me suis donc jetée dans ma lecture.
Déception n’est pas le mot le plus doux à en dire mais c’est hélas un peu ce qu’il en est ressorti d’un point de vue général. Je précise bien qu’il s’agit ici du contexte dans son ensemble et non d’un point de détail. Car si je peux targuer les auteurs d’une chose c’est bien d’avoir chacun une plume maîtrisée et fluide pour leur sujet.

Leurs personnages manquent parfois un peu de profondeur mais sans que cela ne soit rébarbatif car bien souvent une simple relecture permet de déceler cet élément qui nous a échappé au premier coup d’œil et ainsi d’appréhender à sa juste mesure l’idée cachée de l’auteur.
Pour exemple la nouvelle « Héloïse, à son avantage de Béatrice Ruffié Lacas » :
Héloïse, jeune femme frivole et peu encline aux fêtes et soirées mondaines telles que les conçoit sa mère va devenir un être à part sous nos yeux sans que notre première lecture ne nous le signale vraiment.
Relisez ces petits détails la concernant sur la fin, sa position face à la Seine ou son ressenti face à la ville lumière. Aux premiers abords vous êtes encore avec la jeune fille futile qu’elle vous a semblé être, notamment grâce à ses pensées de mariage et de frivolité, puis à la relecture vous devinez enfin sous la plume de l’auteur, ce secret, cette découverte importante et pourtant posée si tranquillement dans le récit qu’elle semble s’y fondre. Ce n’est que grâce à l’explication finale que le lecteur entrevoit toute l’horreur de la découverte et avec la relecture du passage qu’il en extrait aussi tout le penchant de l’auteur à la dissimulation.

Autre nouvelle qui mérite peut-être un brin de relecture pour en soutirer tout le génie tactique et fantastique de l’auteur : « Trois balles, au commandement » est un joyeux mélange de fantasy et d’histoire. Comme le stipule le titre il s’agit d’un duel mais tactiquement parlant sa chute est magnifiquement et politiquement bien jouée. Le lecteur peut, de suite ou après un questionnement subtil trouver le fin mot de l’histoire et le rôle joué par chacun dans ce qui peut ressembler au final à une mascarade. Certains personnages ne sont là que pour le décorum mais d’autres ont une présence plus discrète et cependant importante pour cette fin que j’ai trouvée très bien amenée. Là encore l’auteur par une plume simple et directe nous mène où il le veut et la surprise est dirigée de mains de maître.

Pourtant d’autres auteurs ont à l’inverse voulu accélérer le final pour le rendre plus actif mais en obtenant selon moi l’effet inverse à la lecture. J’aime les scènes d’action concises et bien détaillées et c’est pourquoi la nouvelle « Un chasseur sachant chasser de Doris Facciolo » m’a semblé un peu bâclée sur sa dernière ligne droite.
L’auteur sait tout du long, d’une plume pleine de détails et de descriptions du contexte tant social qu’historique, nous poser une ambiance. Le personnage principal est frondeur, soucieux du détail et pointilleux dans son enquête, ce qui nous le rend intéressant à suivre pas à pas et nous conforte dans l’idée que l’auteur nous mène vers une finale aussi détaillée et passionnante dans son déroulement.
Et là… c’est le drame !!
La scène d’action finale est là, mais écrite dans un style beaucoup plus rapide, avec des actions enchaînées les unes à la suite des autres sans un moindre souffle, pour finir, enfin, sur un choc abrupt et inattendu.
Cela aurait pu être un atout car le lecteur est alors obligé de suivre et de courir à la suite du personnage mais cette fin si brusque gâche pour moi le travail si pointilleux de l’auteur sur le reste de la nouvelle comme un manque de temps ou une envie de finir vite le trajet après avoir trop flâner sur le chemin.

Mais ma déception majoritaire a surtout été pour ce manque cruel de steampunk dans ces nouvelles. Peu ou pas de vapeur et d’inventions, de mode victorienne ou de créatures surnaturelles, du moins hors du contexte mythes et légendes plus communs.

Par contre une fois mis de côté cette petite frustration, j’ai pu constater que la partie « Monstres » du recueil était fort bien pourvue.
Monstres de légendes comme la bête du Gévaudan pour « Un chasseur sachant chasser de Doris Facciolo », géant mythique et régional pour le bécut de « La dernière chasse d’Alceste Petibon » , autres créatures de légendes et de magie comme la tarasque, la dame blanche ou la vouivre dans « Légendes brisées de Catherine Loiseau », malbête et malédiction aussi avec « le grincement de la malbête de Marie Angel » et même des êtres féeriques dans « Trois balles, au commandement ».

J’ai pu ainsi découvrir des légendes régionales ou en redécouvrir d’autres plus connues mais avec un œil différent. Car chaque auteur a su extraire ce qui était commun pour en ressortir parfois une nouvelle complètement étrangère.
Telle « La dernière chasse d’Alceste Petitbon » qui va nous faire suivre cette poursuite au bécut, exemplaire rare du tableau de chasse de tout bon chasseur de créatures surnaturelles. Au travers des aléas de cette battue en compagnie d’Alceste, chasseur maladroit et pourtant chanceux dans son malheur nous allons assister à un événement dramatique de notre propre histoire tourné en dérision et amené de façon judicieuse par la plume humoristique de l’auteur. Rien ne nous laisse deviner au fil de l’histoire une telle fin. Et même si comme moi vous allez peut être avoir un doute à la lecture de certains indices, pas un seul moment vous n’oserez croire que l’auteur vous mène à cette apothéose historique et à l’origine ici bien digne d’une farce.

Une nouvelle est cependant ressortie du lot dans ma lecture.
Pour ce besoin qu’elle m’a laissé d’en connaître d’avantage non pas par manque de détails ou d’actions mais bien justement par son écriture qui se suffit à elle-même et qui en même temps nous emmène à la recherche de plus. Il s’agit de « La dame aux hiboux de Xian Moriarty ».
Parce qu’avec sa manière d’être écrite comme une préquelle ou le pilote d’une série télévisée, elle vous donne une très bonne idée des aventures que peuvent vivre ses personnages atypiques et attachants.
Mais aussi parce que les péripéties qu’ils vivent en seulement quelques pages, les descriptions faciles à suivre et entraînantes, le récit captivant, tout cela vous tient en haleine.
Et si vous y rajoutez une malédiction, des armes modernes pour une ambiance plutôt Second Empire, des dirigeables  ou autres inventions pour un petit air steampunk alors vous avez ce qui en a fait pour moi un coup de cœur.

Donc oui j’ai été un peu déçue parce que j’en attendais du steampunk à outrance mais non je ne regrette absolument pas cette lecture qui m’a fait découvrir de nouvelles plumes très agréables chacune dans son style, toujours maîtrisées et peut-être de talents inégaux mais cependant là.
C’est donc une anthologie à découvrir sans préjugé ou attente particulière, juste pour la détente et le dépaysement des contes et légendes ou histoires fantastiques qu’elle contient.

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MessageSujet: Re: [Editeur] Lune Ecarlate Editions   Mar 23 Juin - 7:47

A.M.E., de Tiffany Schneuwly et Suzanne Vanweddingen

Critique de ChocolatCannelle

Je n'avais encore jamais eu l'occasion de lire de livres venant des éd. Lune écarlate. Deux titres proposés sur le forum Au coeur de l'imaginarium m'ont semblé intéressants. Je me suis donc inscrite pour ces deux eBooks. Le premier, issu de ce partenariat entre la maison d'édition et le forum, que j'ai lu, est un roman écrit à quatre mains : A.M.E. de Tiffany Schneuwly et Suzanne Vanweddingen.
Pourquoi ce choix ? Le fait que l'intrigue tourne autour d'un livre m'a séduite.
Le conservateur de la bibliothèque des transports, à Londres, est un bibliophile avide de nouvelles découvertes. On met sur son chemin la connaissance de l'existence d'un grimoire recherché depuis des années, introuvable jusqu'alors. Et… c'est le drame.
Entre Londres et Berlin, l'intrigue tourne autour de la possession de ce grimoire par l'un ou l'autre des protagonistes et de leur volonté de sauvegarder le précieux livre (qui a des pouvoirs surnaturels), de l'ajouter à une collection ou tout au contraire de le détruire.
Ces personnages sont influencés par deux entités surnaturelles, en plus du grimoire lui-même : une passeuse d'âme, attachée au conservateur – et amoureuse de lui – , ainsi qu'un ange noir, qui au début du roman est facétieux, se moque des humains, leur fait commettre des maladresses grâce à son influence et qui progressivement acquiert des responsabilités, une conscience morale. Le personnage de la passeuse d'âme au contraire, se laisse aveugler par son amour et ne perçoit pas l'esprit maléfique du conservateur qui, de bonhomme avec une marotte, devient sous les yeux du lecteur un manipulateur aguerri. L'évolution des personnages est un élément important du récit. Ou plutôt la découverte de leur véritable nature.
Au-dessus de la mêlée, un personnage dirige le conservateur et son assistante : c'est le comte, personnage machiavélique dont on ne sait pas grand-chose. Son ombre plane sur les actions de ces deux personnages, jusqu'à son apparition finale qui montre au grand jour sa volonté de pouvoir et sa cruauté. Cette scène finale me semble bien trouvée, elle conclut habilement le roman.
Je regrette quelques petites incohérences ou manques d'explication, comme le fait que les personnes employées pour tuer le conservateur et voler le grimoire, à Berlin, trouvent un coffre dans la chambre, mais ne cherchent pas à l'ouvrir, alors que le grimoire s'y trouve ou encore le fait que la passeuse d'âme se contredise lorsqu'elle évoque la mort du conservateur… Je regrette aussi quelques longueurs, des conversations qui ne mènent pas à grand-chose entre la passeuse d'âme et l'ange noir, qui auraient pu être évitées pour densifier l'action. On a parfois l'impression pendant quelques paragraphes ici ou là qu'il ne se passe rien, que des allées et venues inutiles.
Le roman est cependant assez agréable à lire dans son ensemble, notamment parce qu'il réserve quelques surprises.

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MessageSujet: Re: [Editeur] Lune Ecarlate Editions   Jeu 2 Juil - 8:10

Monstres à toute vapeur, de Collectif

Critique de ChocolatCannelle

Monstres à toute vapeur est un recueil de huit nouvelles publié par les éditions Lune écarlate : Un chasseur sachant chasser de Doris Facciolo, Héloïse, à son avantage de Béatrice Ruffié Lacas, La Dame aux Hiboux de Xian Moriarty, La dernière chasse d'Alceste Petibon de Philippe Winkler, Là, où nul ne va d'Eric Colson, Le grincement de la malbête de Marie Angel, Légendes brisées de Catherie Loiseau et Trois Balles, au Commandement d'Igor Kovaltchouk.
Ce recueil regroupe des nouvelles dans le genre du « steampunk » qui mettent toutes en scène une bête issue de légendes régionales dont il est à chaque fois dit quelques mots à la fin du récit. La bête du Gévaudan pour la plus connue et bien d'autres dont on peut découvrir le nom comme le ganipote, le dûphon,...
Qui dit bête dit souvent traque. Dans La Dame aux Hiboux, on épouse le point de vue de cette bête chassée, tandis que dans Un chasseur sachant chasser et dans La dernière chasse d'Alceste Petibon, on assiste aux côtés du chasseur à une traque – burlesque et pleine de rebondissements dans le cas de La dernière chasse d'Alceste Petibon. Dans Le grincement de la malbête, on suit un meneur de loups, chassés pour leur prix, confronté à un officier venu chasser la malbête. Les créatures surnaturelles sont des proies ou au contraire envahissent le territoire, comme dans Trois Balles, au Commandement. Elles peuvent aussi vivre à l'écart et rarement croiser les humains.
Qui dit bête dit souvent aussi métamorphose : métamorphose imposée à un être humain tout d'abord, telle est la chute de la nouvelle Héloïse, à son avantage, vie donnée à un automate dans Légendes brisées ou essence même de la créature poursuivie dans La Dame aux Hiboux. Dans Héloïse, à son avantage, cette métamorphose est inattendue. On se laisse bercer par l'atmosphère raffinée, les mondanités, le flirt entre le professeur d'architecture et la jeune Héloïse qui découvre Paris. On se croirait dans une nouvelle sentimentale, d'où la surprise lorsque se révèle la fin. Cette nouvelle est d'ailleurs ma préférée, car elle utilise les codes de l'écrit sentimental pour ensuite les casser et rejoindre ainsi la thématique du recueil.
Le mythe du savant ou de l'artiste fou est utilisé dans la nouvelle Là, où nul ne va, mais aussi dans Héloïse à son avantage. L’œuvre scientifique cause la perte de son concepteur, ou alors l'homme parachève son œuvre, quelles qu'en soient les conséquences. Dans Là, où nul ne va, cette histoire de retour mental vers un lointain passé se double d'une approche historique, avec des conceptions politiques opposées qui donnent du relief à l'ensemble.
Puisque les différentes nouvelles mettent en scène des légendes régionales, on s'attend à croiser toutes sortes de croyances venant des campagnes. C'est le cas notamment dans Le Grincement de la malbête : corbeau qui amène le mauvais œil ou encore « regard mauvais, un de ceux dont on prétend qu'il peut faire tourner le lait dans le pis d'une vache » (p. 86/121). Il n'en demeure pas moins que certains textes se déroulent en ville, en plein Paris comme Légendes brisées (bien que la ville s'efface vite, elle n'est que citée, seule l'échoppe de l'artisan a d'importance) ou Trois Balles, au Commandement par exemple – et dans cette nouvelle se mêlent personnages historiques et personnages de fiction comme le journaliste Rouletabille. Dans Héloïse, à son avantage, Paris relève d'une grande importance, puisque les personnages visitent la ville et que les éléments architecturaux sont au cœur de l'histoire.
Qui dit steampunk dit machineries. Compagnon à quatre pattes du chasseur dans Un chasseur sachant chasser, fusil sophistiqué, machine à remonter le temps, automates créées par un artisan, loups automates dans Le Grincement de la malbête, la machine peut aussi bien être un auxiliaire que ce qui doit être affronté.
L'ensemble du recueil ne m'a pas semblé déplaisant, mais je n'ai pas été particulièrement enthousiaste non plus à sa lecture. J'ai eu quelques difficultés pour me repérer dans les premières pages de La Dame aux Hiboux, parce que l'introduction m'a semblé assez confuse. Une préférence marquée pour Héloïse, à son avantage, déjà cité, et à la nouvelle Là, où nul ne va. Les textes qui finalement ne mettent pas en place de créature surnaturelle ni de traque mais proposent une vision plus originale du thème.

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MessageSujet: Re: [Editeur] Lune Ecarlate Editions   Dim 5 Juin - 9:57



La Louve de Brocéliande tome 1 : Le Lai de Bisclavret, de Lia Vilorë





De nos jours en Bretagne, peu savent que la légendaire forêt de Brocéliande est le théâtre d’une guerre fratricide entre fées. Victime de fièvres inexplicables lors de la nouvelle et de la pleine lune, la lycéenne Hikira C. Bisclavret fait un jour la connaissance d’Éric Freinet. Un être ambigu qui la fascine et en qui elle trouve un ami inespéré. Éric et Hikira deviennent alors les cibles d’une marraine prête à tout pour les détruire. Une alliance est leur seul espoir de survie. Car découvrir la vérité derrière « Le lai du Bisclavret » ne sera pas sans payer le prix fort. Après tout, les Demoiselles sont aussi merveilleuses que terribles…

Férue de mythologie celtique mais aussi nordique nourrie par le travail de l’elficologue Pierre Dubois, passionnée d’Histoire et de littérature médiévale, et joueuse invétérée de jeux de rôles… Lia Vilorë a commencé dès le collège à écrire des histoires où le destin tragique la magie dangereuse et la féerie noire avaient la part belle.


  • Genre : fantastique

  • Nombre de pages : 292

  • Format : numérique





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MessageSujet: Re: [Editeur] Lune Ecarlate Editions   Dim 5 Juin - 9:59

La Louve de Brocéliande tome 1 : Le Lai de Bisclavret, de Lia Vilorë

Critique d'Aelynah

Si vous aimez les contes et légendes, la Bretagne et le fantastique, voici un récit pour vous !
Hikira est orpheline de mère et vit aux abords de la forêt de Brocéliande avec son père garde forestier. Elle a 15 ans et contrairement aux autres adolescentes ne se sent bien que dans cette forêt qui l'entoure. La nature, les fées et les contes et légendes du cru sont ses lectures favorites depuis son plus jeune âge. Pourtant depuis quelques mois, les choses changent. Brocéliande semble l'appeler et son corps semble l'objet de réactions bizarres. Une forte fièvre la prend deux fois dans le mois sans raison et ses sens semblent plus aiguisés pendant quelques jours.
Rien cependant dans sa vie ne semble expliquer cela.
Depuis peu aussi, est arrivé au village un nouveau médecin. Eric Freinet est taciturne malgré son métier de proximité. Sa carrure de géant sombre pourrait en faire fuir plus d'un mais il semble pourtant s'attirer les bonnes faveurs des autochtones par sa franchise et son amour de la forêt. Lorsqu'il va rencontrer Hikira, il ne sait pas encore qu'elle va rouvrir en lui un passé lointain mais aussi le mener sur la piste des chemins surnaturels de la magnifique forêt.
Ces deux personnages vont nous mener grâce à la plume de Lia Vilorë au travers des contes et légendes de Bretagne. Créatures fantastiques, légendes oubliées vont devenir votre quotidien tout au long de cette lecture vraiment entraînante.
Car Hikira est victime d’une malédiction, celle du Lai de Bisclavret mais elle est aussi la source et la garante de nombreuses vies dans la forêt de Brocéliande. Nous la suivons donc dans cette découverte de son passé et son présent mais surtout dans la poursuite de son avenir qui semble particulièrement incertain.
Sentiments mitigés, trahisons, culpabilité ou au contraire fidélité, amour, protection vont ainsi entourer la nouvelle vie de notre jeune métisse, mi asiatique-mi française.
Pour moi qui suis une férue de légendes, bretonne d’adoption et de cœur mais aussi attachée au pays du soleil levant, j’ai trouvé là un roman qui regroupe tous les éléments de mes passions.

La plume de Lia Vilorë est belle, fluide et se suit comme un conte à la veillée. J’ai beaucoup aimé les descriptions des décors, des sentiments de chacun mais surtout sa manière de nous impliquer dans le récit en nous permettant de ressentir les émotions.
J’ai cependant moins apprécié sa propension à faire parler notre jeune ado un langage plein de contractions et parfois de jurons mais à être trop dans ma bulle de lecture j’en oubliais que c’est ainsi les jeunes de maintenant. Ce n’a donc pas été une contrainte trop lourde à supporter pour mon œil de vieille 
De plus, sa façon de partir d’une fable bretonne réelle donne à son récit un côté légendaire presque réel et sans commune mesure avec un roman fantastique normal. Car selon la légende, Bisclavret ou Bisclaveret est le nom breton d'un homme qui devint loup-garou, mentionné dans un lai de Marie de France. Le lai breton de Bisclavret est aussi l'un des rares textes anciens où l'homme atteint de lycanthropie n'est pas considéré comme maléfique. Et au travers du roman de Lia Vilorë nous pouvons ainsi imaginer une suite à cette fable et nous imprégner plus avant des mystères de Brocéliande.
Nous comprenons aussi plus avant les tenants et aboutissants de chacun et même si l’on peut concevoir le besoin de certains de s’émanciper de cette malédiction, la manière de le faire nous pousse à vouloir nous aussi protéger Hikira et son secret.
C’est donc une lecture passionnante et dépaysante que nous suivons ici avec des personnages attachants et charismatiques. J’ai hâte d’en découvrir la suite et de continuer à voyager au travers des contes et légendes de Brocéliande.

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MessageSujet: Re: [Editeur] Lune Ecarlate Editions   Mer 3 Aoû - 9:35



Grim Tales, de Chloé Boffy





Vous rêvez que votre vie soit un conte de fée? Méfiez-vous, peut-être êtes-vous déjà en train d’en vivre un… Car la route est longue avant le « ils vécurent heureux pour toujours », et même les plus belles histoires ne finissent pas toujours bien…

Dix contes revisités avec originalité, qui portent un regard nouveau sur les héros de notre enfance.

« Avec Grim tales, Chloé Boffy nous plonge dans un univers sombre et poétique réactualisant avec brio les célèbres contes de Grimm. C’est avec un cœur d’enfant que l’on redécouvre de grands classiques présentant une jeunesse moderne et désenchantée. Un recueil sensible et magique ! » Julia M Tean


  • Genre : fantastique

  • Nombre de pages : nc

  • Format : numérique





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MessageSujet: Re: [Editeur] Lune Ecarlate Editions   Mer 3 Aoû - 9:49

Grim Tales, de Chloé Boffy

Critique d'Illion

L'ouvrage se présente sous la forme d'un recueil de 10 histoires modernes et mêmes contemporaines, toutes elles-mêmes basées sur 10 contes parmi les plus connus. Un avant-propos de l'auteure lui permet d'expliciter sa démarche pour le moins originale. Bien qu'à première vue il puisse s'agir d'un ouvrage fantastique (au sens littéraire du terme), Chloé Boffy a souhaité ôter toute trace de fantastique pour les transposer dans le monde réel et en faire des histoires modernes avec des thèmes actuels. Il y a, à travers cela, une volonté de retour aux "sources" et aux origines de ces histoires qui sont loin d'être les contes de fées popularisés (pour la plupart) par Disney. Cette envie de montrer le "côté obscur" d'histoires qui ont bercées nos enfance, c'est ce que j'aime dans cette approche et c'est pour cela que c'est particulièrement bien adapté à la transposition dans notre monde actuel, car la vie est loin d'être rose - bien au contraire - et pourtant parfois on s'en sort. Et c'est un peu ce que nous dis le titre "Grim Tales" qui signifie littéralement "Sombres contes" : pas de happy ending en sucre ici, toutes les fins, même les meilleures ont un goût amer et parfois même un prix très lourd... Ce titre est aussi une référence évidente et assumées aux contes des frères Grimm, mais le recueil contient aussi des réécritures de contes d'autres auteurs. D'ailleurs Chloé Boffy dédie son ouvrage à tous les auteurs de ces contes, sans distinction : les frères Grimm bien sûr mais aussi Charles Perrault, Hans Christian Andersen et les nombreux auteurs anonymes ou dont le nom s'est perdu dans le fil du temps.

Voici ci-dessous la liste des 10 histoires avec le titre des contes d'origine et les auteurs d'origine :
- "1001 heures", d'après Aladdin, d'un auteur anonyme
- "Tombe la neige", d'après Blanche-Neige, des frères Grimm
- "Marina", d'après La Petite sirène, de Hans Christian Andersen
- "Poupées russes", d'après Hansel et Gretel, des frères Grimm
- "Captive", d'après La Belle et la Bête, de Mme Leprince de Beaumont
- "Le Loup de Fairview", d'après Le Petit Chaperon Rouge, des frères Grimm
- "La jeune fille à l'hermine", d'après Peau d'âne, de Charles Perrault
- "Golden Boy", d'après Rumplestilskin, des frères Grimm
- "Neuf femmes", d'après Barbe-Bleue, de Charles Perrault
- "Black Out", d'après La Belle au Bois dormant, de Charles Perrault

Si la plupart des histoires sont écrites à la troisième personne du singulier, certaines se détachent des autres. Ainsi "Neuf femmes" est à la première personne du singulier ce qui met en cohérence l'ambiance du récit et la psychologie du personnage principal puisque c'est une femme-flic qui enquête sur une affaire d'homicide et qui va se retrouver impliquée émotionnellement dans ladite affaire. Le petit plus c'est que par moment ça donne un petit côté "roman policier des années 50" que j'adore ^^. Deux autres, "Captive" et "1001 heures" se présentent plus ou moins sous la forme d'un journal avec des dates et parfois des heures et des lieux, ce qui là encore est cohérent avec le contenu de l'histoire mais je n'en dirais pas plus pour laisser la surprise au lecteur.

Les ambiances choisies par l'auteure sont particulièrement sombres ce qui crée un sentiment de malaise diffus dans la plupart des histoires. On sait que ce sont des contes qui, sans être forcément joyeux, se finissent "bien", cependant la confrontation avec notre monde moderne est souvent brutale et violente. On n'aurait pas imaginé qu'une histoire "pour enfants" puisse prendre une tournure aussi dramatique et je trouve que Chloé Boffy joue habilement avec les codes des deux univers. Car le propre du conte de fées est d'être imprécis : pas de nom de lieux, de dates ou ce genre de chose. Le conte pourrait être partout et nulle part en même temps, ce qui est l'opposé total du monde réel où chaque chose a une place précise dans le temps et/ou l'espace. L'auteure a su trouver le point d'équilibre entre ces contraintes divergentes pour créer ce subtil sentiment angoissant qui permet d'entrer dans le cœur de sa démarche et de comprendre tout le côté sombre de ces histoires.
Cependant tout n'est pas également réussi. Pour moi, certaines fins (comme dans "Captive" ou "Golden Boy") tombent un peu à plat. On a une montée en puissance progressive et bien menée qui laisse à penser à certains développements futurs mais cela s'arrête net. L'avenir est indéterminé et on peut certes le remplir comme on veut mais dans les deux cas précédemment cités, cette fin abrupte laisse un goût d'inachevé alors qu'elle fonctionne très bien pour d'autres histoires. La plus grande trouvaille scénaristique reste cependant d'avoir relié les histoires entre elles. Pas toutes, mais dans certaines on voit apparaître brièvement un personnage d'une autre histoire et pour trois d'entre elles, on pourrait presque dire qu'elles constituent en réalité un seul et unique récit mais déroulé sur plusieurs années. J'avoue que c'est ce qui m'a réellement fait rentrer dans le livre parce que, sur les premiers textes, j'étais assez dubitative. J'adore les réécritures de contes de fées mais, même pour moi, c'était presque trop "cru" et dérangeant et j'avais du mal à m'impliquer vraiment dans la lecture.

Au rayon des trouvailles bien sympas il y a aussi le côté un peu esthétique. J'entends par là que "1001 heures" est un savant mélange entre l'histoire d'origine et les éléments iconiques du film de Disney, ce qui donne un côté très visuel à l'histoire alors même qu'il s'agit d'un format écrit ! Je parle de "1001 heures" parce que c'est là où c'est le plus flagrant mais ça s'applique aussi à d'autres histoires ("Marina" par exemple). Et on a aussi quelques références bien placées à l'univers des contes en général avec certains personnages qui citent eux-mêmes des passages de contes (celui en cours ou d'autres) et ça aussi c'est super sympa. Et chaque histoire est précédé d'une illustration, que je n'ai malheureusement pas pu admirer sur ma liseuse car elle ne prend pas les formats d'illustration mais qui avait l'air jolies du peu que j'ai pu en voir....

Globalement, l'ouvrage est de bonne qualité et assurément Chloé Boffy a maîtrisé son sujet et sa démarche jusqu'au bout malgré, selon moi, quelques imperfections ici et là. L'aspect dérangeant qui ressort du livre me perturbe cependant et c'est la raison pour laquelle je ne peux pas affirmer l'avoir aimé, indépendamment de ses qualités stylistiques et d'écriture et malgré le fait que certaines astuces de l'auteure m'aient réellement passionnées, mais il s'agit ici plus d'un ressenti global que d'une critique. D'autant plus que si je me réfères à la volonté et la démarche exprimées par Chloé Boffy dans son avant-propos, je me dis que c'était probablement l'effet recherché.

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MessageSujet: Re: [Editeur] Lune Ecarlate Editions   Mar 20 Sep - 7:57



Les Dames de Riprole tome 1 : La Dame du Vallon Perdu, d'Eve Terrellon





En l’an de grâce 1416, Isabelle, sœur désargentée du ténébreux Arnault de Riprole, prend la route pour rejoindre le château de son fiancé. Sujette à une guerre endémique, la campagne normande est peu sûre et le charroi se fait attaquer. Sauvagement molestée, Isabelle est secourue par Tristan, un chevalier errant. Reconnaissante, elle demande à son frère d’accueillir ce dernier au château, pour qu’il y passe l’hiver avec son écuyer. Le fief est pauvre et la vie s’organise entre les mystérieux déplacements d’Arnault et la passion de Béranger pour la musique. Découvrant peu à peu les blessures qui marquent cette famille, Tristan se sent l’obligation de veiller sur Isabelle.


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MessageSujet: Re: [Editeur] Lune Ecarlate Editions   Mar 20 Sep - 7:59

Les Dames de Riprole tome 1 : La Dame du Vallon Perdu, d'Eve Terrellon

Critique d'Illion

L'ouvrage comporte 13 chapitres plus un prologue et une annexe, cette dernière présentant des éléments de compréhension généraux par rapport à certains faits abordés dans le récit. Ce récit alterne d'un chapitre sur l'autre entre les deux personnages principaux, à savoir Isabelle et Tristan.

Le scénario comporte très peu d'action. J'entends par là que les éléments comme les combats ou les scènes de violences se passent systématiquement en dehors du champ de vision du lecteur et sont narrés par les personnages après coup, comme c'est le cas dans les tragédies grecques par exemple. On a un côté inéluctable dans le choix de cette présentation qui renforce considérablement l'ambiance globale du récit qui, rappelons-le, prend place en Normandie pendant la Guerre de Cent Ans, période trouble s'il en est. Malgré ce manque d' "action", le récit reste extrêmement dynamique et je ne me suis pas ennuyée un seul instant. L'auteure a choisi une approche plutôt psychologique des personnages pour rendre compte de la tension constante que crée la guerre mais aussi pour mieux développer la façon dont chacun des deux personnages principaux aborde la situation à laquelle il (ou elle) doit faire face.
Ainsi le récit présente avec cohérence des éléments aussi variés que les contraintes de la gestion d'un fief, la position de la femme ou les contraintes inhérentes au statut social en plein moyen-âge. Chaque élément intervient au timing optimal pour apporter un plus dans la compréhension de l'environnement ou dans l'évolution de la narration sans pour autant sortir de nulle part ou perdre le lecteur. Par moment on pourrait croire qu'Eve Terrellon en fait trop avec le scénario mais en fait elle ne fait que décrire la réalité de l'époque et j'apprécie ce sens de la minutie et du détail chez elle qui est à la fois très précis et bien dosé.

L'approche psychologique ainsi que l'alternance de focalisation entre Isabelle et Tristan a également d'autres avantages. Si la mésaventure d'Isabelle est le point de départ du scénario, c'est bel et bien autour du passé de Tristan que se concentre le tome. Quoique le lecteur n'ait pas tous les détails, il est rendu complice de son secret par les chapitres ciblés sur Tristan et renvoyé à son statut de simple spectateur sans possibilité d'intervention lors de ceux ciblés sur Isabelle. Cela renforce considérablement la sensation de désarroi et d'incompréhension qui ressort de ceux-ci par rapport à la vision qu'a Isabelle de la situation. C'est à la fois très bien pensé et bien vicieux pour le lecteur (dans le bon sens du terme attention ). Cela donne aussi un aspect très chevaleresque au récit qui n'est pas sans rappeler les textes d'amour courtois narrant les amours impossibles entre un chevalier et sa dame, d'autant plus que Tristan est presque un archétype du chevalier servant. Sauf que c'est Isabelle qui bénéficie le plus de cet aspect car c'est à elle de "conquérir" son chevalier en franchissant les obstacles (moraux et psychologiques principalement) qui l'en séparent. Il ressort de tout cela qu'Isabelle est un personnage très fort et bénéficiant d'une grande volonté pour parvenir à ses fins (et à ce titre le chapitre 13 est délicieusement espiègle ^^ )

En résumé, ce premier tome est un véritable petit bijou d'écriture. Je ne lui trouve aucun défaut. Mon seul regret est que le langage est un peu trop moderne. Juste pour le fun, j'aurais aimé des tournures de phrases et des mots plus proches de cette époque mais en soi ce n'est pas un défaut.

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MessageSujet: Re: [Editeur] Lune Ecarlate Editions   Mar 8 Nov - 9:34



Les Dames de Riprole tome 2 : Les Noces de l’Innocence, d'Eve Terrellon





En cette année 1417, alors que l’armée anglaise menace plus que jamais la Normandie, le doux Béranger n’a qu’un rêve : devenir ménestrel. Pour cela, il se sent prêt à braver l’autorité de son frère Arnault, un fier chevalier, au risque de se voir renier par sa famille.
Très loin de là, dans les Vosges, Douce, sauvageonne vivant dans la montagne, voit sa vie bouleversée en portant secours à une fugitive. Réunis contre leur gré, les deux jeunes gens se voient plongés dans l’univers cruel et licencieux du comte de Coeurval.
Confronté au pire, le caractère bien trempé de Douce parviendra-t-il à s’accommoder des façons timorées de Béranger pour échapper aux griffes de leur prédateur ?


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MessageSujet: Re: [Editeur] Lune Ecarlate Editions   Mar 8 Nov - 9:37

Les Dames de Riprole tome 2 : Les Noces de l’Innocence, d'Eve Terrellon

Critique d'Illion

Le présent ouvrage est la suite de la "saga de Riproles" et également une suite presque directe du premier tome. Nous savons d'entrée de jeu que cela se passe 11 mois après le mariage de Tristan et Isabelle survenu dans "La Dame du Vallon Perdu" (et je n'en dirais pas plus ici pour ne pas spoiler ceux qui ne l'ont pas encore lu). On retrouve la même construction que dans le premier tome avec deux personnages principaux, un homme et une femme, qui se partagent le point focal au fil des chapitres. Je ne peux pas vraiment parler de narration dans le sens où ce ne sont pas les personnages eux-mêmes qui racontent leur histoire mais plus la "camera" du narrateur qui se focalise alternativement sur l'un et l'autre. On retrouve également le même nombre de chapitres, à savoir 13, plus un prologue en forme de chapitre.

J'ai retrouvé avec un grand plaisir dans ce second volet les éléments qui m'avaient charmé dans le premier. Le contexte historique est solide et utilisé à bon escient pour faire évoluer à la fois l'univers dans lequel se meuvent les personnages mais aussi le scénario et les personnages eux-mêmes. Des notes en bas de page renseignent le lecteur sur ce qui est important à savoir pour bien comprendre les ressorts et mécanismes de ce monde médiéval qui nous est si familier et pourtant si méconnu. Quoique le contexte de la Guerre de Cent Ans et de ses conséquences imprègne toujours autant le récit, l'impression d'être englué dans un conflit sans issue est moins présente que dans le premier tome. Et pour cause, le récit ne se déroule principalement pas au même endroit et est centré sur des lieux plus éloigné du conflit, où l'auteur parvient à faire sentir l'ambiance plus ou moins indifférente qui peut surgir de ne pas y être confronté quotidiennement.

Le récit est, cette fois-ci, centré sur Béranger, le cadet de la famille et sur Douce, une sauvageonne. Le changement de personnages permet de continuer à faire vivre l'univers tout en abordant de nouveaux sujets. Ainsi la passion de Béranger permet d'évoquer le métier de ménestrel, si chatoyant dans notre imaginaire médiéval, et d'en montrer aussi les facettes moins connues et les côtés obscurs. Tout du moins dans les premiers chapitres, puisque le scénario se déporte progressivement sur l'histoire entre Douce et Béranger. Si l'inversion des caractères (Béranger très "féminin" dans sa façon d'aborder le monde et Douce finalement très "masculine") est un autre point commun avec le premier tome et qui se justifie pleinement dans l'environnement particulier que les deux protagonistes doivent affronter, la romance me paraît complètement convenue et dépourvue d'intérêt. Sur la fin l'auteure aborde quelque chose qui aurait pu être très prometteur autour de Béranger mais s'arrête net. C'est dommage, j'aurais aimé qu'Eve Terrellon continue sur cette voie. Elle renouvelle cependant le suspens en apportant des éléments inattendus concernant le ténébreux Arnault. J'avoue avoir été vraiment surprise (et agréablement) par ce revirement. J'imagine fort bien un troisième tome centré sur le seigneur de Riproles et qui lèverait enfin le voile sur certains éléments fondateurs de la personnalité d'Arnault mais autour desquels planent toujours le mystère.

Un second tome un peu plus convenu, un peu moins savoureux que le premier mais toujours d'une grande qualité, notamment d'un point de vue historique. Mais finalement je me retrouve plus impatiente de découvrir l'arc narratif engagé en fin d'ouvrage autour d'Arnault (s'il venait à être développé par l'auteure) qu'emballée par les déboires du gentil Béranger qui reste d'une indécrottable naïveté du début à la fin sans vraiment changer entre temps. J'ai pris du plaisir à lire ce tome mais je ne suis pas vraiment convaincue par le personnage principal qui manque de charisme par rapport à ce que j'aurais espéré. C'est dommage.

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MessageSujet: Re: [Editeur] Lune Ecarlate Editions   Dim 1 Jan - 10:12



Dracaenars Tome 1 : Le Silence des Dragons, d'Alizée Villemin





Lorsqu’une fille d’aubergiste fougueuse et sans le sou découvre un artéfact aussi ancien que mystérieux ; lorsqu’une jeune noble délicate, en quête d’amour-propre, part à la recherche d’un peuple éteint depuis des siècles… Alors peut-être tout n’est-il pas perdu ? Peut-être réussiront-elles à mettre fin au Silence des Dragons…


  • Genre : fantasy

  • Nombre de pages : 180

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MessageSujet: Re: [Editeur] Lune Ecarlate Editions   Dim 1 Jan - 10:15

Dracaenars Tome 1 : Le Silence des Dragons, d'Alizée Villemin

Critique d'Aelynah

J'ai découvert Alizée Villemin au travers de ses précédents écrits Steampunk. Vous le savez, j'adore ce genre et les deux tomes de Lady Falkenna font partie de mes lectures favorites depuis. Car outre des personnages aux caractères forts et audacieux, elle a aussi une plume qui emporte le lecteur facilement, et parfois loin dans le rêve.

Alors lorsque j'ai entendu parler de cette sortie fantasy, autre de mes genres favoris avec le jeunesse, je n'ai pas hésité un instant à vouloir le découvrir.

Je vais cependant, pour une fois, débuter ma chronique par ce qui m'a le plus dérangé dans ce récit, mais pas au point de ne pas être captivée par l'histoire.
Alizée Villemin crée, avec Le Silence des dragons, un nouveau monde que nous allons découvrir au travers des personnages. Même si la plume est fluide et plutôt descriptive ce serait plutôt au niveau du contexte général que j'ai ressenti des lacunes.
Lorsque nous rencontrons Faor et sa petite famille, nous en apprenons peu sur lui, sur son passé, si ce n'est qu'il a été soldat dans une guerre et en est revenu changé. Plusieurs fois il sera question de conflit mais j'ai trouvé dommage de ne pas avoir plus d'informations sur la situation générale dans les royaumes.
Même si des informations filtrent au fil des pages, cela reste encore trop flou pour se faire un aperçu plus que succinct.
Mais outre ce fait qui pourrait pour certains être rédhibitoire, le roman nous entraîne assez rapidement dans l'action au travers des choix surprenants mais courageux de deux jeunes femmes.
En suivant pas à pas les aventures de Maëlys et Elenn, j'ai été emportée par le récit et ne désespère pas de voir mes questions trouver leurs réponses dans les tomes suivants.
Maëlys comme Elenn sont deux jeunes femmes qui n'osent pas se réaliser mais qui dans leur cœur veulent croire à un destin autre que celui qu'elles subissent.
Alors quand l'aventure se présente, pour l'une sous les traits d'un mythe inaccessible et pour l'autre celui d'un être majestueux et fantomatique que l'on croyait disparu, n'ont-elles d'autres choix que de suivre cet avenir qui s'ouvre à elles.
Le lecteur va alors les découvrir tour à tour, chapitre après chapitre, jusqu'à ce que le récit les réunisse.
C'est ainsi que nous aurons l'occasion d'en apprendre un peu plus sur l'histoire de chacune, leur passé, leur ambition secrète et leurs désillusions.
Alizée Villemin a su prouver, cette fois encore, que sa plume est capable de nous emporter dans un autre monde, même incomplet, de nous faire vibrer dans l'action et frémir d'anticipation.
J'ai dévoré ce tome sur les Dracaenars en quelques heures et n'ai qu'une hâte, en lire les suivants.
Le monde est posé, les personnages sont campés même si de nombreux points manquent encore au décor pour en avoir une vraie vision d'ensemble. J'ai apprécié suivre ces deux jeunes femmes dans leur épopée, dans cette quête personnelle qu'elles se sont données.
Magie, ennemis redoutables sont au rendez-vous.
En conclusion, J'attends donc d'en savoir plus avec la suite pour parler ou non de coup de coeur. Mais en tout cas voici un récit qui mérite d'être découvert et approfondi. Je remercie donc l'auteure pour cette prise de risque en changeant de registre. Elle a su montrer qu'elle pouvait le faire et je n'ai aucun doute que les petits points faibles de ce tome disparaissent pour devenir des points forts par la suite.

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MessageSujet: Re: [Editeur] Lune Ecarlate Editions   Jeu 26 Jan - 10:28



Ahriman de Gwenn Aël





Alors que Toulouse sombre dans un déferlement d’intempéries inexplicables, le lieutenant Éliot Bénin est confronté à la plus sordide affaire de sa carrière. Des meurtriers aussi déterminés que sanguinaires s’inspirent des méthodes de l’Inquisition et de la mise à mort du Christ pour assassiner des hommes.

Bénin ressent immédiatement le caractère hors norme de cette enquête qui le mènera, deux millénaires en arrière, au jour lointain où tout a réellement commencé : en l’an 33 après J-C…


  • Genre : thriller fantastique

  • Nombre de pages : 320

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MessageSujet: Re: [Editeur] Lune Ecarlate Editions   Jeu 26 Jan - 10:30

Ahriman de Gwenn Aël

Critique d'Aelynah

Un thriller ésotérique qui commence sur un drame comme on n'en souhaite à aucune famille.
Un présent qui débute quelques onze ans plus tard et qui nous laisse un goût de cendres.

Gwenn Ael pose son ambiance comme certains vous font un gâteau, avec dextérité et un semblant de facilité qui étourdit. Mais au final le résultat est là, c'est sombre, lourd et malsain.

Comme cette météo désordonnée sur la ville de Toulouse que vont subir les protagonistes.

Une tempête orageuse qui surprend son monde, un crime en mode satanique et des traces de sabots dans une église, tout cela donne la chair de poule et une furieuse envie de se blottir sous la couette... pour le dévorer plus avant.

Je remercie les éditions Lune Ecarlate pour cette découverte qui m'a fait frémir de plaisir et d'émoi.

Eliot Benin est inspecteur à la criminelle et il va être dépêché sur un meurtre particulièrement sauvage et sanglant. Les circonstances et les brimades subies par le corps avant le décès ne laisse aucun doute et mettent en avant une punition de type satanique.

À partir de là, les événements vont, pour l'inspecteur, devenir de plus en plus troubles, irréels, mêlant l'occultisme à son quotidien.

L'auteure nous plonge dans une ambiance glauque et lourde de mystère, un brin menaçante pour notre équilibre, parfois par les conclusions assez inhabituelles auxquelles va aboutir le héros.

Beaucoup de recherches en amont nous apportent des indices, des énigmes aussi mais surtout des éléments pour complexifier l'enquête, à notre plus grande horreur mais aussi bonheur. Car la plume de Gwenn Ael est vraiment piquante, elle titille la curiosité et l'imagination tout du long. Tout comme l'inspecteur , ça cogite beaucoup dans le cerveau du lecteur et cela apporte un côté plus personnel à cette quête de la vérité.

J'ai particulièrement apprécié les connaissance apportées sur le domaine des sectes, les informations pointues divulguées de façon à entrer dans le scénario pour nous y perdre plus avant : les éléments sur l'abbé Saunières, l'Inquisition et le temps des sorcières dans cette région de Toulouse.

C'est un roman ésotérique prenant et vraiment digne d'intérêt de par son contenu et la plume de l'auteure. Les passages dans la psyché du "tueur" sont psychotiques à souhait et nous laissent un arrière goût amer. On cherche à comprendre, à deviner mais aussi on envisage des réponses totalement hypothétiques, parfois irréalistes, presque dignes de l'Exorciste.

Car l'auteur nous parle de possession, de grimoire, de magie noire, d'évangiles maudits mais laisse aussi entendre des événements comme l'avènement de l'Antéchrist. Ce roman m'a porté tout du long. Il m'a aussi rappelé "l'évangile selon Satan" de Patrick Graham, un très bon thriller sur le sujet qui dérange un peu aussi.

Un coup de cœur pour ma part et une auteure à suivre.

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MessageSujet: Re: [Editeur] Lune Ecarlate Editions   Sam 25 Fév - 8:52



Tome 3 des Dames de Riprole : L’Épervier de l’Espoir, d'Eve Terrellon





Marqué par la guerre et avide de vengeance, Arnault, fier seigneur de Riprole, a longtemps vécu en chevalier, jusqu’à ce qu’un drame l’oblige à reprendre le titre et la fonction de chef de famille. Mais voilà qu’en ce début de printemps 1418, un espoir insensé l’incite à croire que le frère qu’il pensait mort est toujours vivant. Retrouver Eudes devient sa priorité, et peu importe si pour cela il doit s’enfoncer en territoire soumis aux Anglais.

Voyageant sous une fausse identité, son périple se heurte rapidement à celui de Judith, qu’un chantage sordide a rendue veuve et accusée de sorcellerie. Réunis malgré eux, les deux jeunes gens se portent mutuelle assistance, mais leur alliance sera-t-elle suffisante pour contrer Jean de Hodes, leur ennemi commun et prévôt de Calais ?


  • Genre : romance historique

  • Nombre de pages : 208

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MessageSujet: Re: [Editeur] Lune Ecarlate Editions   Sam 25 Fév - 8:53

Tome 3 des Dames de Riprole : L’Épervier de l’Espoir, d'Eve Terrellon

Critique d'Illion

Ce troisième tome de la saga est composé de 13 chapitres et d'un épilogue, répartis (presque) équitablement entre les deux personnages principaux du livre, sur le même modèle de narration alternée que les deux précédents tomes.

Cette fois-ci nous sommes environ 5 mois après la fin des événements survenus dans le Tome 2 "Les Noces de l'Innocence" et nous retrouvons les mêmes personnages qui constituent les habitants du château de Riprole. Cette fois-ci la narration se focalise sur Arnault, le seigneur en titre. Depuis le Tome 1 "La Dame du Vallon Perdu", il est présenté comme sombre et ténébreux, volontairement acariâtre, ce qui est une façon pour lui de se protéger et de protéger les siens. C'est un homme désabusé par les horreurs de la guerre (et notamment Azincourt où il se trouvait avec son frère Eudes) et qui n'a plus foi en l'humanité. Ce tome est justement l'occasion d'apprendre ce qu'il se reproche exactement depuis cette fameuse bataille où Eudes est supposé avoir trouvé la mort.

Si les tomes 1 et 2 pouvaient presque être considérés comme indépendants l'un de l'autre quoique réunissant les mêmes personnages et se trouvant dans la continuité l'un de l'autre, le tome 3 est, lui, directement impacté par les précédents. En effet, la toute fin du tome 2 révélait qu'Eudes n'était peut-être pas mort à Azincourt, ce qui est le point de départ de la quête d'Arnault dans ce tome 3. Et au fil de ses péripéties nous retrouvons un personnage qui n'était que nommé dans le tome 1 et qui cherche à se venger de la famille de Riprole (pour un motif assez absurde, et même Arnault le dit !).

De même que Tristan, dans le tome 1, représentait l'idéal chevaleresque et Béranger, dans le tome 2, une forme de naïveté romantique du troubadour, Arnault représente également une facette de cette époque tourmentée. Sauf qu'il est la réalité (là où Tristan est un modèle idéal et Béranger un modèle "littéraire") , le retour sur terre brutal et sans concessions. Il plie volontiers les codes de la chevalerie à ses propres besoins et intérêts et ne se soucie pas toujours des dégâts collatéraux de ses actions. Ce qui n'empêche pas Arnault de chercher une forme de rédemption pour sa "faute".
De fait, de même que le secret de Tristan nous était révélé à l'issue du tome 1, celui d'Arnault nous est narré à l'issue du tome 3. Eve Terrellon renoue ici avec une écriture "psychologique" qui entretient le mystère et l'intérêt du lecteur jusqu'à la fin, ce qui m'avait énormément plu dans le premier tome. Cette façon d'écrire était assez effacée dans le tome 2, ce qui m'avait considérablement déçue car le caractère de Béranger était très "premier degré" ce qui donnait un résultat assez mièvre et naïf. Et ce tome parvient à capter, captiver et titiller ma curiosité très rapidement (presque aussi vite que le tome 1) et je me suis régalée.

Mais comme son nom l'indique, cette saga est placée sous le signe des femmes. Après Isabelle, la sœur d'Arnault et Béranger, et Douce, la paysanne un peu sauvageonne, nous rencontrons donc la troisième dame de Riprole : Judith, une noble déshéritée par sa famille pour avoir pratiqué la science interdite (par l'église) de la guérison par les plantes et veuve d'un marchand tué peu avant le début du tome. Elle est également rousse, ce qui fait écho à certains éléments du passé d'Arnault et l'épervier du titre est le sien, mais je n'en dirai pas plus là-dessus, pour vous laisser le loisir de la découverte. De même que les deux précédentes, Judith est l'occasion de dévoiler les carcans sociaux et les superstitions qui pèsent sur les femmes à cette époque. Elle dispose également d'un caractère fort (comme Isabelle et Douce) qui lui permet en quelque sorte de s'affranchir de ces carcans mais crée aussi un renversement des valeurs très intéressant où ce n'est pas l'homme qui vient sauver la femme mais bien la femme qui va au secours de l'homme. Certains de ces personnages féminins sont même plus forts et débrouillards que leur pendant masculin, c'est dire.

L'issue de ce tome laisse présager qu'un possible quatrième opus lui fera suite, peut-être pour clore le cycle, et qui pourrait être centré cette fois-ci sur Eudes, le frère aîné que l'on croyait mort, ce qui permettrait de faire définitivement la lumière sur les événements qui ont affectés toute la fratrie. Et qui pourrait donc faire intervenir une quatrième et ultime dame de Riprole ?

En tout cas ce tome a su créer un renouveau rafraîchissant par rapport à la déception que m'avait laissé le tome 2.

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MessageSujet: Re: [Editeur] Lune Ecarlate Editions   Mer 1 Mar - 8:15



La Pierre d'Isis, de Dorian Lake





Isulka est une mageresse marginale, un peu vénale, mais surtout très endettée, vivotant en donnant des spectacles de magie dans des cabarets parisiens. Scipione est un spadassin vénitien comme on n’en fait plus, un reliquat du passé exilé de la Sérénissime, trahi par ses pairs et en quête de Vendetta.
Recrutés par un employeur anglais pour subtiliser une bague qu’on lui aurait dérobée, la mission se révèle sous un tout autre jour lorsqu’ils découvrent la valeur réelle et symbolique du joyau. Plus question pour Isulka et Scipione de travailler à prix bradés.
L’appât du gain les mènera de Paris au Caire, de coups bas en coupe-gorges, une course-poursuite s’engageant entre les protagonistes, des espions, des criminels et une inquiétante secte égyptienne…


  • Genre : fantastique

  • Nombre de pages : 206

  • Format : numérique





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MessageSujet: Re: [Editeur] Lune Ecarlate Editions   Mer 1 Mar - 8:18

La Pierre d'Isis, de Dorian Lake

Critique de Malka

Dorian Lake nous propose avec son roman Isulka la mageresse (premier tome de La Pierre d'Isis) un roman d'aventure teinté de fantastique, drôle et vif.

Dés le début du récit, nous voilà plongés dans le feu de l'action et on ne connaît que peu de temps morts. Même s'il prend le temps de décrire les personnages et lieux, l'ambiance générale - juste ce qu'il faut pour laisser le lecteur s'immerger - Dorian Lake laisse place avant tout à l'action, aux scènes tantôt cocasses, tantôt drôles ou percutantes. Le style fluide et efficace, des dialogues toujours naturels et piquants offrent au lecteur une lecture très agréable et même prenante, même si l'intrigue reste prévisible.

Les personnages, loin d'être des héros s'avèrent bien caractérisés et charmants de par leurs défauts qui sont nombreux... La lecture n'en n'est que plus savoureuse.

Le récit mené à la troisième personne se centre essentiellement sur deux personnages : Isulka la mageresse et Scipione l'Italien.
Isulka, loin d'être une grande dame, possède le vice du jeu, ce qui la met dans un sacré pétrin. Endettée, en proie d'un usurier pas très recommandable, elle cherche le moyen de payer ses dettes. Isulka n'est pas présentée comme une beauté, mais comme une femme charmante, marquante, ne manquant pas d'atouts et à la langue bien pendue (à la fois sa qualité et son plus grand défaut). Intelligente, pétillante, elle séduit vite le lecteur.
Scipionne l'Italien ne manque pas de se présenter sous le jour du stéréotype du charmeur Italien, surpris dans le lit d'une dame par son mari officier. Avide de vengeance, l'appât du gain l'emmène dans l'aventure avec Isulka.

Le déclencheur se présente sous les traits d'un anglais, de premier abord tout à fait banal, mais espion de la cour d’Angleterre, qui leur confie une mission plus périlleuse qu'elle ne le paraît.

Le duo Isulka-Scipione se révèle explosif, celui ci ayant le tord de sous-estimer la jeune femme, en tout bon macho Italien qu'il est. Mais celle-ci n'a pas dit son dernier mot. Heureusement, Scipione possède également plus de charme et plus de cœur qu'il ne veut bien le dévoiler. Excellent escrimeur, il se sauve ainsi de bien des mauvais pas.
Entre situations périlleuses, amusantes, trahison et amitié, les deux jeunes gens seront obligés de coopérer de façon plus ou moins directe.

L'espion Anglais reste plus difficile à cerner : entre naïveté (il donne bien trop de renseignements au duo) et duplicité (il n'hésite pas à les envoyer face au danger), on doute de sa sincérité, Isulka aussi d'ailleurs.
Aslan l'homme à tout faire du Britannique, froid mais dangereux, ne manque pas non plus de ressources et se montre fin calculateur.
Les personnages s'avèrent donc bien intéressants et les masques tombent au fil de l'intrigue.

La magie, bien présente à travers le don d'Isulka, puis de rituels plus ou moins macabres, reste plutôt bien dosée, suffisamment discrète pour ne pas étouffer l'intrigue et l'action. Parfois, elle l'est un peu trop, car la mageresse n'en n'use que très peu finalement, même si elle a bien entendu ses raisons de se montrer prudente.

En conclusion, Isulka la mageresse fut une bonne lecture, palpitante, prenante, clairement divertissante. Pas le temps de s'ennuyer !
Je serais curieuse de lire la plume de l'auteur sur d'autres écrits et lirai avec plaisir la suite des aventures d'Isulka.
Je remercie le forum Au cœur de l'Imaginarium et Les éditions Lune écarlate pour cette très bonne lecture.

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MessageSujet: Re: [Editeur] Lune Ecarlate Editions   Sam 1 Avr - 8:42

Tome 3 des Dames de Riprole : L’Épervier de l’Espoir, d'Eve Terrellon

Critique de Malka

Après avoir lu les deux premiers tomes de la série « Les dames de Riprole », j'attendais de lire la suite avec une certaine impatience et une curiosité d'autant plus vive, sachant qu'elle allait concerner Arnault, le chevalier charismatique.
Arnault est le frère d'Isabelle et Béranger, le seigneur secret et froid, laissant la priorité aux responsabilités et ne comprenant que peu celles du cœur. Intriguée, je me suis donc lancée dans la lecture.

Arnault croule sous les responsabilités, mais n'hésite pas à confier les rênes de son domaine et la charge de sa famille à Tristan, son beau frère, afin de se lancer dans une quête bien difficile : celle de retrouver son frère qu'il a longtemps cru mort. Il part vers Calais, territoire appartenant à l'ennemi anglais pour chercher des informations. C'est sa responsabilité de frère qui le pousse, mais aussi et surtout sa culpabilité. Dans ce troisième volet de la série, on apprend les souvenirs et les remords qui rongent le chevalier. Ce passé douloureux explique son caractère emporté et peu chaleureux, voire égoïste, cruel et grossier.

Sur son chemin, Arnault rencontre Judith et la sauve d'un tragique destin et d'un ennemi commun : l'ignoble Jean de Hodes. Judith, jeune veuve et guérisseuse, possède un caractère assez contraire au chevalier, puisqu'elle s'avère souple et généreuse, prête au sacrifice quand le destin l'exige.
Si celui ci est séduit pas la belle rousse (son point faible en matière de femmes), il résiste à lui ouvrir son cœur (la porte semble fermée et bouclée à double tour).

Judith, vite attirée par le jeune homme, ne se ment pas quant à ses sentiments pour Arnault. Il faut pourtant bien des épreuves pour franchir les défenses de celui ci. Sa souplesse de caractère, son courage et sa patience l'aideront pourtant à l'atteindre. Elle sait contrer ses attaques et les coups bas.

Du courage, les deux jeunes gens n'en manquent pas dans le récit, car bien des aventures et désagréments les attendent. Jean de Hodes les guette aussi au tournant, avec toute la haine et le ressentiment qui le caractérisent.
On trouve cependant d'autres points communs qu'ils partagent : leur assurance et leur arrogance face à l'ennemi. On connaît celle d'Arnault, mais Judith s'avère avoir autant de répondant et de répartie, que ce soit face à eux ou face à lui, mais dans ce cas teintée d'une douce ironie...
Leur relation se fait plus adulte que celles partagées dans les premiers tomes. On retrouve de la sensualité, mais aussi deux personnages qui ont du vécu, des souffrances et des désillusions derrière eux. Encore une fois, l'auteure, Eve Terrellon, a su équilibrer leur relation à merveille et celle-ci ne manque pas de piquant. On s'attache aux deux personnages sans mal, tout comme dans les premiers tomes. Leur évolution reste subtile, mais bien présente, et ravit le lecteur.

Plus on avance dans la série, plus on sent l'importance du contexte historique. La « rivalité » avec les Anglais devient prégnante, imbriquée dans l'intrigue amoureuse. Dans ce contexte difficile, on se prend à avoir peur pour Arnault et sa famille, tout autant qu'on espère pour le frère disparu. En effet, les duperies et traîtrises ne manquent pas. Elles impliquent des événements survenus dans les premiers volumes. Bien sûr, on peut lire ce troisième tome indépendamment, mais ce serait dommage de ne pas savourer l'évolution de toute la famille à travers la série.
Tout comme pour les premiers tomes, le récit s'avère prenant, Arnault et Judith se partageant chapitre après chapitre la narration. Cela permet de comprendre leurs états d’âmes et émotions, l'évolution de leur relation de chaque point de vue. Le style fluide et juste reste toujours agréable : une bien belle plume gardant sa stabilité.

Ma lecture de ce troisième tome fut donc excellente et c'est avec plaisir que je lirai la suite ! Je l'attends même avec impatience. Je remercie le forum Au cœur de l'Imaginarium et les éditions Lune écarlate pour m'avoir permis de lire la suite de cette série « coup de cœur ».

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