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 [Editeur] Les Artistes fous associés

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ninik

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MessageSujet: [Editeur] Les Artistes fous associés   Ven 22 Aoû - 15:30



Les Artistes fous associés




Bienvenue chez les secoués du cocotier !

Vous aimez le Fantastique, la Science-Fiction, l'Horreur, le Gothique, le Grotesque ?
Vous êtes écrivain, dessinateur, photographe, cinéaste, musicien, ninja, danseuse du ventre, et vous aimeriez faire connaître votre travail ?
Vous pensez avoir un grain dans la tête, une araignée au plafond, un arrosoir en guise de chapeau ? Vous êtes animé par une intense folie créatrice mais vous ignorez où la faire rejaillir ? (non, ce n'est pas sale...)
Vous êtes fan de catch mexicain, de Stanley Kubrick et de philosophie ?
Vous appréciez l'humour drôle qui fait rire et la peur terrifiante ?
Vous aimez la vie ? Le sexe ? La mort ? ...voire tout à la fois ?

Ne cherchez plus : ce site est fait pour vous !

Les Artistes Fous Associés ont pour but de diffuser vos chefs d'oeuvre incompris ("trop bizarre ! trop
gore ! trop barré !" vous ont dit les sinistres gratte-papier des sérieuses maisons d'édition ? pas de ça chez nous !).... bref, notre objectif est de diffuser les oeuvres d'artistes amateurs sur supports physique et numérique, dans le cadre d'une Association loi 1901, dont vous trouverez les statuts et le règlement intérieur sur le présent-site.

Nos projets ont donné naissance à deux anthologies Fin(s) du Monde - 20 récits pour en finir avec l'Apocalypse (2012) et Sales Bêtes ! Animaux fantastiques et délires zoomorphiques (2013).
Notre troisième projet d'anthologie (pour début 2014) : un recueil de nouvelles sur le thème de la Folie dont l'appel à textes est désormais clos.

Les signes ne trompent pas : la réussite, la gloire et la fortune sont à nos portes...
... en attendant, merci de donner tous vos biens matériels aux Fous !



  • Site : http://www.lesartistesfous.com/

  • Facebook : https://www.facebook.com/LesArtistesFousAssocies?fref=ts



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MessageSujet: Re: [Editeur] Les Artistes fous associés   Ven 22 Aoû - 15:33



Les Contes Marron, de Collectif





Les contes marron, le livre à mettre dans toutes les toilettes !


Faisant fi de la censure, les Artistes Fous Associés sortent à grand bruit (de flatulence) le vol1 des Contes marron, inaugurant une nouvelle collection de livres de poche à petit prix n'hésitant pas à dépasser les limites et se torcher le cul avec les convenances.



  • Genre : fantastique

  • Nombre de pages : 119

  • Format : papier






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MessageSujet: Re: [Editeur] Les Artistes fous associés   Ven 22 Aoû - 15:44

Les Contes Marron, de Collectif

Critique de ninik

Les Artistes fous associés éditent des recueils de nouvelles assez atypiques, chacun étant basé sur un thème précis. Ils se sont ainsi penchés, par exemple, sur la folie ou la fin du monde. Ils sont édités en papier, et en numérique, ce dernier format étant proposé gratuitement sur leur site. Etant donné que les nouvelles sont nanties de diverses illustrations en adéquation avec les thèmes proposés, le format papier permet d'apprécier les ouvrages à leur juste valeur.
Les voilà qui reviennent donc avec une thématique des plus surprenante : Les Contes marron. La couverture met immédiatement dans l'ambiance, et le lecteur sait qu'il aura droit à de l'humour potache à tendance scatologique. Ce qu'il ignore, cependant, c'est que les six nouvelles de ce petit recueil seront, sans mauvais jeu de mot, bien plus profondes et recherchées que ce qu'il pourrait penser de prime abord.
Ce n'est cependant pas perceptible dès les premières pages. En effet, les Contes Marron s'ouvrent par une petite préface de Herr Mad Doktor, qui dirige les Artistes fous associés, suivi d'une autre plus collective. Les deux font délicieusement fonctionner les zygomatiques avec un sens de la dérision, et une manière de manier les mots, qui ne peut laisser indifférent, et fait espérer beaucoup de la nouvelle écrite par Herr Mad Doktor. Les deux expliquent donc le choix du thème de l'ouvrage, usant et abusant des jeux de mots sur la couleur brune, le trône et autres mots propres au petit coin. Les pages se tournent, le lecteur alterne sourires et francs éclats de rire, et il aborde ainsi la première histoire sous les meilleurs auspices.
C'est donc Nelly Chadour qui ouvre le bal avec l'Odeur des légendes. Elle a écrit plusieurs nouvelles, pour diverses maisons d'éditions spécialisées dans la littérature de genre. On la retrouve ainsi aux commandes d'autres histoires pour les Artistes fous associés, mais aussi chez Rivière Blanche, Le Carnoplaste, et chez Trash Editions. Tant d'éditeurs prestigieux, et le lecteur ne peut que se jeter sur cette légende scatologique. Nelly Chadour utilise le cadre de la Réunion, avec ses mythes et ses légendes, pour livrer le récit de la lutte entre un couple d'esclaves évadés, et un chasseur particulièrement vicieux, ainsi que leur manière de vaincre le vil Blanc. Vu le thème de prédilection de l'ouvrage, nul besoin de rentrer dans les détails sur la manière de procéder de nos héros, pour avoir une bonne idée de la méthode de lutte employée. L'auteure s’attelle à tourner son récit comme une légende, racontée au coin du feu, et s'en sort à merveille. Le style est fluide, poétique, n'entre pas trop dans les détails scatologiques mais offre quelques séquences « marron » assez ahurissantes. L'histoire est légère, décalée et ironique, et délivre ainsi un délicieux moment, entre rire et horreur légère, le tout se terminant sur une note des plus surprenante. L'Odeur des légendes est ainsi une excellente histoire qui ouvre Les Contes marron.
Corvis, l'auteur ayant la charge de prendre la suite de L'Odeur des légendes, a écrit pour l'anthologie Fin(s) du monde, et celle centrée sur la folie, des Artistes Fous associés. Son Monde de merde, bien que décalé et extrêmement drôle, pointe un doigt aussi juste que désabusé sur notre civilisation (le titre faisant autant référence aux problèmes de notre monde, ainsi qu'à la conclusion de l'histoire). De manière terriblement osée, ce qu'on ne peut que saluer, Corvis prend Dieu pour protagoniste principal de son récit. Ce dernier se penche sur l'humanité, qui passe son temps à s’entre-tuer, et cherche un moyen de rétablir la paix. Bien entendu, la solution trouvée sera centrée sur le caca. Si l'histoire fera hausser un sourcil surpris à un croyant à qui il manquerait le sens de l'humour et l'ouverture d'esprit, toute autre personne ne pourra que dévorer les quelques pages de cette histoire, un sourire au lèvre, tant l'auteur manie sa plume d'une belle manière, et tant son Monde de merde sonne hélas juste. Car, derrière l'amusement de voir Dieu remplir le monde de caca, on ne peut que percevoir à quel point la vision de Corvis concernant l'humanité est hélas proche de la réalité. Ainsi, l'histoire, entre tristesse douce-amère et humour marron, se lit avec bonheur. Elle est intelligente et maîtrisée en diable, jusqu'à un final des plus logique et désespéré. Une franche réussite, qui fait sortir Les Contes marron de son côté amusement potache, pour le faire progresser sur la voie du second degré à tendance réfléchie. Ainsi, Les Contes marron s'inscrit sans peine dans la grande tradition des récits horrifiques ou de science-fiction, qui sont ceux qui, le plus souvent, questionnent la civilisation ou l'être humain, malgré (ou grâce à) son côté foncièrement potache de façade. Chaque nouvelle se termine par une petite illustration (chacune superbement réussie et en adéquation ), mais celle clôturant Monde de merde se montre particulièrement brillante.
Gallinacé Ardent est le pseudonyme du seul auteur ayant écrit deux nouvelles de cet ouvrage, et il s'est auparavant occupé d'une histoire dans le recueil Sales bêtes, provenant aussi des Artistes Fous associés. Le choix de ce pseudo révèle immédiatement un humour assez féroce (quel nom de super-héros cela donnerait!) et le lecteur ne peut qu'appréhender avec la plus grande curiosité les deux récits de notre Gallinacé Ardent.
La Nuit clôt le recueil. Avec cette très courte histoire, l'auteur offre une poésie en prose, dans laquelle il interpelle le lecteur, le tutoyant. La conclusion de l'histoire est certes assez prévisible, mais ne peut que faire sourire, de par la manière particulière et poético légèrement vulgaire qu'a Gallinacé Ardent de nous raconter cette tranche de vie des plus banales.
Cependant, Mon Ami Olfa, qui fait suite à Monde de Merde, est non-seulement la plus longue histoire des Contes du marron, mais il s'agit de la plus emblématique et passionnante. Gallinacé Ardent nous raconte comment un jeune homme plutôt insignifiant se retrouve en train de discuter avec son vomi. Mais il n'est pas fou. Il s'avère que la dite flaque de déjection est en réalité un organisme intelligent, dissimulé à l'intérieur de notre héros (et avant lui, à l'intérieur de nombreuses autres créatures). Passé la surprise, un pacte est scellé, et la créature va retourner à l'intérieur de son hôte pour mettre à profit ses connaissances et son intelligence pour l'aider. Derrière cette histoire, Gallinacé Ardent déploie nombre de thématiques passionnantes sur le pacte, la symbiose et les parasites, les adaptant au côté « déjection » des Contes Marron. En effet, au fil de l'évolution de l'histoire, notre héros va se questionner sur son importance propre, se demandant s'il n'est pas que le simple corps d'Olfa (le dit vomi). En effet, ne réussissant rien sans lui demander de l'aide, obligé de vomir régulièrement pour converser avec lui, avec ce que cela implique de soucis pour la santé, l'humain va se désagréger, n'étant plus qu'une frêle enveloppe pour Olfa. L'histoire est passionnante, superbement écrite et, bien que classique dans ses questionnements, se montre intelligente en diable. Une véritable réussite, un pamphlet sur l'amitié, la longévité, la folie et bien d'autres choses, tout cela en quelques pages. Brillant.
Herr Mad Doktor ne dépareille pas, livrant lui aussi une œuvre réflexive, avec son Monsieur Léonard et le ca(ca)pitalisme. En tant que Président des Artistes fous associés, il a fort logiquement écrit pour d'autres de leurs anthologies (Fin(s) du monde, Sales bêtes, et Folie(s)), avant de mélanger capitalisme et étrons.
Et c'est encore une excellente histoire que découvre le lecteur, pleine d'humour, comme le titre le laisse présager. Mais le récit offre bien plus, avec une réflexion sur le capitalisme et sa recherche d'énergies renouvelables (ici, la création d'un moteur fonctionnant au caca), et surtout, la folie intrinsèque derrière la quête de reconnaissance et d’innovation. Notre héros, monsieur Léonard, plonge en effet toujours plus loin dans la démence, alors qu'il s'accroche à son idée, faisant vivre l'enfer à sa famille à force d'études et d'expérimentations. Le texte est aussi une passionnante analyse des risques que l'on court en refusant de se remettre en question, monsieur Léonard trouvant toutes les excuses possibles et imaginables pour rejeter chaque critique, chaque refus, de la part de son entourage ou des organisations contactées par lui. L'écriture est cependant légère, amusante, Herr Mad Doktor déployant son analyse derrière un récit frais et drôle, évitant toute lourdeur, toute insistance. Monsieur Léonard et le ca(ca)pitalisme se lit ainsi vite et avec grand plaisir, déployant subtilement ses thématiques derrière un récit très drôle.
Il s'agit visiblement du premier écrit de Vinze qui, avec son Vol au dessus d'un lit de caca, suit Monsieur Léonard et le ca(ca)pitalisme. Sans surprise, derrière cette référence délicieusement peu subtile à Vol au dessus d'un nid de coucou, se dissimule un récit (très court) se passant dans un hôpital (ici, militaire). Le héros est un soldat infirme, et Vinze nous déroule un récit à la première personne, plein de métaphores et de jeux de mots, pour raconter comment notre héros en est arrivé là. C'est amusant, surprenant, et quelque peu dérangeant, alors que l'histoire se met à mêler érotisme morbide et scatologie rigolote. En quelques pages, l'histoire n'a pas le temps de dégoûter d'éventuels lecteurs peu friands de ce genre d'histoire, mais au contraire, il amuse par ce récit très léger, bien écrit, versant plus dans le potache que dans la thématique recherchée (quoi que, cela n'empêche pas à Vinze de dépeindre l'horreur de la guerre de manière crédible, et de dresser un panorama peu reluisant des hôpitaux militaires).
Au final, avec à peine une centaine de pages, Les Artistes fous associés parviennent, avec ces Contes marron, à dresser un panorama certes potache, mais évitant le sale pour faire du sale. Au contraire, derrière les apparences brunes, les auteurs déploient un humour féroce et des thématiques intelligentes (et souvent vitriolées), prouvant que peu importe le sujet, il est possible de créer des récits intelligents et recherchés. Les Contes marron sont une réussite, démontrant que cette maison d'édition est véritablement à suivre, et l'on ne peut qu'attendre leurs prochains méfaits avec impatience !

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MessageSujet: Re: [Editeur] Les Artistes fous associés   Dim 16 Nov - 11:20



Les Contes Roses, de Collectif





Les contes roses, une collection à lire tout nu


Parlons peu, parlons sexe ! On vous a fignolé un recueil entièrement dédié au sujet, pour tout ceux qui ont envie de regarder sous les jupes des filles et celles qui rêvent de mettre la main dans le slip des garçons ! Et fi de la censure, elle ne nous fait pas peur, ce n’est pas ça qui m’empêchera de vous dire que ce livre, rempli de **** qui se font *******, de ****** trempées et de jet de ****** sur des *******, est comme un ***** qui vous ***** le ***** sur un **** maculé de *****.

Le mercure va grimper ! Avec Les Contes Roses, les Artistes Fous Associés ajoutent une nouvelle couleur à leur palette. Voici 9 nouvelles délurées ou sérieuses, mais toujours impertinentes, pour parler du sexe dans tous ses états, de l’amour propre aux sales défaites.
Les Contes Roses, une collection à lire tout nu…

L’Origine de l’enfer [Julien Heylbroeck]
Le rapport du veilleur [Vinze]
839 [Gallinacé Ardent]
CliXXX [Corvis]
Denis Noodle et le sexe [Southeast Jones]
Le Jardinier du sultan [Nelly Chadour]
L’Heureux Tour [Vincent T.]
Vibrato [Corvis]
Soudain j’existe [Maniak]


  • Genre : recueil de nouvelles

  • Nombre de pages : 127

  • Format : papier






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MessageSujet: Re: [Editeur] Les Artistes fous associés   Dim 16 Nov - 11:32

Les Contes Roses, de Collectif

Critique de ChocolatCannelle

Livre de petit format de 128 pages, Les Contes roses a une couverture qui ne passe pas inaperçue. Le livre est considéré (en 4e de couverture) comme étant « à caractère pornographique » et « interdit aux mineurs ». S'ensuit une photo barrée de mineur, casque sur la tête. De l'humour potache.
Contrairement à ce qui est annoncé, les textes ne sont pas réellement pornographiques, ou le sont simplement un peu pour certains. Il ne s'agit pas non plus spécialement d'érotisme. Ce sont des textes qui évoquent la sexualité à travers le prisme de l'étrange, du cocasse. Ces textes ont en commun le fait d'être écrits par des plumes fantaisistes.
Les Contes roses, dans la table des matières, sont classés en trois catégories selon leur longueur : ptit kiki, kiki normal, gros kiki. Avec effigie dudit kiki en face de chaque titre.

Commençons par faire un sort aux textes « ptit kiki », soit de quelques petites pages.
Le rapport du veilleur de Vinze joue avec les zeugmas (figures de style qu'on étudie en classe de 2nde, vous vous souvenez?) : un même mot est utilisé pour faire dépendre des compléments différents. Le même mot peut alors prendre un sens propre avec un complément et un sens figuré avec un autre complément. Un veilleur de nuit surveille un entrepôt avec son chien, mais enferme le chien et fait appel à une prostituée avec laquelle il a un rapport sexuel. Le rapport avec les zeugmas ? C'est justement qu'il lui faut faire un rapport (non sexuel cette fois), compte tenu du vol orchestré pendant qu'il se trouvait avec cette prostituée. La chute est amusante, puisque le veilleur fait mine de croire qu’on lui demande de faire un récit de ce rapport (sexuel), mais le procédé stylistique, constamment répété tout au long du texte, devient assez lourd à lire : malgré des assemblages de mots qui peuvent prêter à sourire, les phrases sont toutes construites sur le même moule, d’où une certaine lassitude à la lecture. Un petit exemple de zeugma : « Le cambrioleur mit le contact de sa voiture, Julia sa culotte et Joël du temps à sortir son porte-monnaie. » (p. 35)
CliXXX de Corvis est un ensemble de paragraphes évoquant des orgasmes. Une personne, quelle que soit sa langue, commence à parler, s'interrompt pour jouir dans des cris ou des borborygmes. Deux pages et demie qui n'apportent à mon avis rien : il ne s’agit en rien d’un « conte », aucune histoire n’est racontée. Le paragraphe introductif qui présente à la fois l’auteur et le « conte » mentionne qu’il s’agirait d’une machine qui produirait des orgasmes. On aurait aimé lire cette histoire de machine à orgasmes, on aurait aimé lire dans quelles circonstances les personnages (dont on ignore tout dans ces courts paragraphes) sont sélectionnés par cette machine pour être pris par l’orgasme. CliXXX aurait donc pu largement devenir un conte. Il est dommage qu’il ne s’agisse que d’un ensemble de cris, d’onomatopées. À lire comme une entracte ?
L'Heureux Tour de Vincent T. est un texte bien troussé. À sa mort, un homme se réincarne en objet. On ne sait exactement lequel, on ne le découvre qu'en toute fin d'histoire. C’est original et surtout bien mené car des indices nous sont progressivement donnés, mais le mystère demeure entier jusqu’à la chute du récit. La conclusion fait d’ailleurs sourire.

À présent, les moyens kikis, soit des textes de cinq à dix pages.
839 de Gallinacé Ardent
Un homme est le 839e à entrer dans la pièce. L'actrice porno sur laquelle il fantasme est enfin à lui pour quelques minutes. Mais, quand on est 839e partenaire sexuel pour établir le record du plus grand gang-bang, la femme n'est plus très fraîche et l'homme se retrouve, pataud, entre ses cuisses, à se demander ce qu'il fait là. Les sentiments et les attitudes sont bien rendus. La lassitude, l'ennui des protagonistes. C'est aussi peu érotique que possible : l'actrice porno est décrite comme un morceau de viande, tenue artificiellement en vie grâce à des injections. « Jamais sexe de femme n'aura ressemblé plus à un steak. » (p. 41) L'attrait naît du contraste entre le fantasme et la réalité, dans la description froide de la situation et dans la sensation palpable qu'éprouve le lecteur de la misère humaine.
Denis Noodle et le sexe de Souteasth John est un texte que je n'ai pas aimé. Un homme riche ne peut contrôler ses pulsions sexuelles et viole ce qui passe sur son chemin, puis indemnise ses victimes. C'est cynique : l’argent achète tout. Et c’est ce cynisme, cet humour noir, avec lequel je n’ai pas accroché. Le personnage ne ressent rien, les actions et ces situations invraisemblables sont vécues comme une nécessaire fatalité par autrui. Le personnage principal est aussi peu sympathique que possible. Le reste du temps (autrement dit quand il ne viole pas autrui), Denis Noodle fait appel à des services sexuels payants. En dehors du sexe, sa vie n'est rien. Cela devient impossible à vivre pour lui... Le récit des actions de Denis Noodle est encadré par une courte scène, entrevue avec un chirurgien qui pourrait remédier à cette situation (Denis est alors sujet décidant) et par le résultat de l’opération : Denis disparaît alors du premier plan, il est objet d’une expérience, comme s’il avait perdu progressivement toute humanité, à tel point que l'on peut alors émettre des doutes sur sa condition d’être humain. Mais cette opération, qu’est-elle donc ? Une castration pourrait-on imaginer, dès les premières lignes du textes… La chute n’en est que plus surprenante.
Le Jardinier du sultan de Nelly Chadour est très original. Un jardinier prend soin du plus beau jardin du sultan, occupé par des roses sublimes, qui l'étourdissent et font naître en lui un trouble inconnu. Il ne peut résister à leur appel charnel… Ce conte orientalisant se termine par la mort du jardinier (c’était attendu, vu le despotisme du sultan), après avoir été supplicié pour sa faute, comme il se doit. La tension vécue par le jardinier tout au long du récit, telle qu'elle est décrite, est un des points forts de cette histoire. On suit l’épreuve du jardinier, ses efforts pour contrôler ses pulsions, jusqu’au saccage final du jardin. Une étrange passion, une concupiscence qui l’a mené à sa perte (même s'il ne s'agit pas d'un texte moralisant.)
Soudain j'existe de Maniak met en scène un robot sexuel féminin et ses dysfonctionnements. Une machine qui existe, meurt, renaît à la vie, est démantibulée… Futuriste, sanglant, étrange. Un développement plus long, avec d'autres phases d'éveil, aurait été appréciable. Le texte aurait pu s’orienter vers une sorte de règlement de compte macabre envers tous les hommes qui auraient utilisé les services sexuels de ce robot. J’aurais très bien imaginé un développement de type thriller par exemple. J’ai donc avec cette histoire été un peu frustré dans mes attentes.

À présent, les textes de la catégorie « gros kikis », de plus de quinze pages.
L'Origine de l'enfer de Julien Heylboreck est une histoire divertissante. L'ambiance est bien rendue, avec le personnage de foire, la carriole, le temps maussade londonien... Le premier paragraphe pose les mots du conte : « il était une fois » et l’on s’oriente en effet vers le genre du conte, avec un personnage malheureux qui aspire à sortir de sa condition au terme d’épreuves qu’il devra surmonter. Trois frères siamois ne possédant qu'un sexe pour trois, mais trois cerveaux pour le faire bander, sont une attraction foraine d'un genre particulier : les trois frères sont les esclaves sexuels d'une riche clientèle, sous la houlette d'un mac « Monsieur Loyal » qui mène sa caravane où bon lui semble. Mais la révolte gronde. Et si les trois frères partaient en Amérique ? Une cliente leur propose de s'évader, à condition d'avoir fait montre de leurs talents. Le récit prend alors un tour assez inattendu, puisque, malgré la présence des triplés siamois, personnage hors du commun, le cadre était jusqu’alors réaliste : s'en mêlent godemiché aux pouvoirs surnaturels, sorcières et magie… La fin promet d'autres aventures des siamois, « mais ceci est une autre histoire », qui ne nous est pas contée. Un récit qui aurait donc pu proposer d'autres aventures tout aussi extravagantes dans le cadre d'un roman.
Vibrato de Corvis met en scène une femme, ses pensées, ses ressentis, ses doutes, son caractère timide. Suzie n'a jamais connu d'orgasme et use de feintes pour ne pas faire pitié, pour ne pas être ridicule. Le regard d'autrui est omniprésent. Même Internet où elle laisse des messages sur des forums ne lui épargne pas des sarcasmes. On peut y lire une critique sous-jacente du culte de la performance en matière de sexualité, à tel point que tout ce qui s’écarte d’une norme devient une tare. Tout change cependant lorsque Suzie reçoit un étrange paquet émanant d'un inconnu. Ce paquet contient un vibromasseur ultra-performant qui la mène enfin à l'orgasme escompté. Voire à plusieurs orgasmes, de plus en plus puissants. La machine devient cependant incontrôlable et, nichée à l'intérieur de son vagin, secoue de ses vibrations la pauvre femme, indécise quant à la décision qu'elle doit prendre. Elle va donc laisser faire le temps, apprivoiser la bête, faire comme si tout était normal, afin que personne ne se rende compte de son problème. S’ensuit un jeu de cache-cache pour que ses orgasmes passent inaperçus. Le jugement d'autrui pèse sur elle, qu'il s'agisse de sa situation initiale de femme anorgasmique ou de celle de femme aux multiples orgasmes qui surviennent à n'importe quel moment du jour ou de la nuit. Ce que j'ai apprécié dans ce texte, notamment, ce sont les réticences de cette femme : souhaite-t-elle réellement extraire ce vibromasseur, en définitive ? Son vibromasseur l’isole d’autrui, mais elle se sent aussi moins seule, en étant habitée par ce sextoy. Le vibromasseur cause donc des maux tout en lui proposant un remède à ses maux.

Chaque histoire du recueil est précédée d'une courte présentation de l'auteur et de son texte. Le livre commence par un avant-propos intitulé « préliminaires ». « La sexualité c'est tout un univers bizarre » y est-il écrit. Ces contes roses sont en effet tous des textes bizarres, souvent déconcertants. Ils sont nés de l'imagination des Artistes fous associés, et on peut dire que ceux-ci portent bien leur nom...

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MessageSujet: Re: [Editeur] Les Artistes fous associés   Dim 26 Avr - 8:52



L'Homme de demain, de Collectif





Lectrices, lecteurs, vous tenez le destin de l'humanité entre vos mains !
À défaut de vous en lire les lignes, Les Artistes Fous Associés jouent les Nostradamus à l'occasion de leur quatrième anthologie, dédiée au futur de l’homme (et de l’Homme). 16 auteur(e)s venus de toute la francophonie, débutants comme confirmés, vous proposent leurs prophéties, entre lendemains qui chantent et lendemains qui déchantent... De l’utopie au cauchemar.

Sommaire :

La frontière des rêves (Tesha Garisaki) illustré par Cham et The Hyde's Asylum

Vintage Porn Star (Mathieu Fluxe) illustré par Corvis

Paradise4 (Émilie Querbalec) illustré par Maniak

Maison close (Neil Jomunsi) illustré par Stabeor Basanescu

Ergo sumus (Nunzio Cusmano) illustré par Venom

Caraville (Nelly Chadour) illustré par Deadstar

Le coeur sous la cloche (Ludovic Klein) illustré par Stef-W

Les Héritiers (Anthony Boulanger) illustré par Chesfear

La musique des sphères (Nicolas Chapperon) illustré par Cham

Poogle Man (Herr Mad Doktor) illustré par Pénélope Labruyère et Chesfear

L’absurde et très courte histoire de l’homme qui voulait monter dans la hiérarchie (Corvis) illustré par King Lizard

Changez d’air (Arnaud Lecointre) illustré par Maniak

La vengeance du XIXe siècle (Maniak) illustré par Christophe “FloatinG” Huet

Patrino (Vincent Leclercq) illustré par Cold Mind Art

Moisson (Gallinacé Ardent) illustré par ARZH

Les enfants de nos enfants (Southeast Jones) illustré par Kenzo Merabet


  • Genre : recueil de nouvelles

  • Nombre de pages : 280

  • Format : papier





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MessageSujet: Re: [Editeur] Les Artistes fous associés   Dim 26 Avr - 8:54

L'Homme de demain, de Collectif

Critique de Petiteherissonne

Je dois bien avouer que mon ressenti face à ce recueil de nouvelles était assez mitigé et que je suis passée par divers sentiments de sa réception à la fin de ma lecture. Il s’agit d’un livre que j’avais envie de découvrir mais que j’ai pourtant eu du mal à commencer parce que d’autres livres m’attiraient davantage. Finalement, j’ai été agréablement surprise lorsque j’ai débuté ma lecture. Le résumé donne envie puisqu’il nous promet de tenir le destin de l’humanité entre nos mains, la couverture est travaillée et intrigante. M’attendant plutôt à quelque chose de fantaisiste, j’ai apprécié le fait de trouver une préface sérieuse et bien ancrée dans la réalité, très soignée tout comme le recueil dans son ensemble. En effet, le travail nécessaire à la réalisation de cet ouvrage transparaît au fil des pages ; il est donc très agréable de le parcourir, chaque nouvelle étant introduite par une courte présentation et quelques illustrations que j’ai beaucoup appréciée. La lecture semblait donc prometteuse, mais au fil des pages j’ai ressenti une certaine lassitude de passer d’une nouvelle à une autre, leur qualité étant quelque peu inégale. Je pense que pour profiter pleinement de cet ouvrage, il ne faudrait pas le lire d’une seule traite mais y piocher une ou deux nouvelles de temps en temps.

Ces nouvelles ont donc été écrites par 16 auteurs, débutants ou confirmés, qui nous font partager leur vision du futur de l’humanité. Ayant plutôt des lectures terre à terre, j’ai apprécié que ces nouvelles présentent un lien avec la réalité, avec notre réalité actuelle en imaginant un futur pour l’Homme qui n’est peut-être pas si impossible que cela. Sous leur aspect futuriste, elles imaginent l’évolution de notre société en mettant en évidence les problèmes actuels tels que l’important développement et la dépendance à la technologie des individus connectés au détriment des rapports humains mais également les problématiques écologiques. Nous retrouvons donc certains thèmes communs à plusieurs nouvelles tels que l’hyper-connectivité, la non-viabilité de la planète Terre, l’évolution de certains humains en êtres Augmentés dotés de dons et capacités spécifiques.

Bien que j’aie eu un peu de mal à entrer dans certaines nouvelles, je dois bien admettre qu’elles sont toutes bien écrites, travaillées et qu’elles se lisent donc facilement.

Si je devais ne retenir que deux nouvelles, je choisirais les suivantes :

- Les Héritiers. Le narrateur, le seul individu qui ne fait pas partie des Augmentés, et qui restera le seul homme sur Terre nous fait partager le départ de tous ces concitoyens vers d’autres planètes, jusqu’au départ de Frédérique, la femme qu’il aime. J’ai bien aimé cette nouvelle dans laquelle le manque amoureux est parfaitement décrit.

- Poogle Man. Cette nouvelle nous fait part de l’expérience de Monsieur Baladin, un homme connecté en permanence à Poogle, une entreprise qui stocke ses souvenirs mais qui se permets également de gérer toute sa vie. Lorsque celui-ci décide de changer et de confier ses souvenirs à une autre entreprise, la déconnexion s’avère plus difficile que prévue … J’ai beaucoup apprécié cette nouvelle dont la mise en page très travaillée nous renvoie à de nombreuses notes de bas de page pleines d’humour. De plus, cette nouvelle aborde un thème très actuel en faisant le lien avec notre réalité et les ambitions de Google de s’introduire totalement et de gérer chaque détail de la vie privée de ses utilisateurs.

Sans être des coups de cœur, les autres nouvelles se lisent agréablement. Mon seul petit bémol irait vers Moisson, une nouvelle dans laquelle l’Homme se retrouve au cœur de la chaîne alimentaire, à la place de la moisson. J’ai eu beaucoup de mal à me laisser emporter par cette nouvelle, d’autant plus que je n’ai pas très bien compris sa finalité, la cause que l’auteur voulait soutenir ou dénoncer.

Quoi qu’il en soit, il s’agit là d’un beau recueil dont les nouvelles valent la peine d’être découvertes. Je remercie les Editions des Artistes Fous Associés ainsi que le forum Au cœur de l’Imaginarium pour cette lecture.

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ninik

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MessageSujet: Re: [Editeur] Les Artistes fous associés   Mar 5 Mai - 7:22

L'Homme de demain, de Collectif

Critique de ninik

De tous temps, l'homme s'est demandé ce que lui réservait l'avenir, comment allait évoluer la société, la vie, l'Humanité. Et c'est donc sans surprise que le cinéma et la littérature ont rapidement plongé dans l'anticipation et la science-fiction pour essayer d'imaginer des futurs crédibles et, la plupart du temps, bien sombres. Peut-être parce que les ressorts narratifs ont besoin de complots et d'obscurité pour fonctionner et tenir en haleine, mais plus vraisemblablement parce qu'en voyant la progression de la société et des hommes, il est difficile de penser que nous aurons droit à quelque chose d'utopique, ou alors seulement en apparence, pour dissimuler l'horreur, le contrôle, la perte d'humanité ou de liberté.
Les Artistes fous associés ne font pas exception et montrent eux aussi leur intérêt pour la suite de l'évolution, grâce au recueil de nouvelles au titre terriblement évocateur : L'Homme de demain. Cette petite maison d'édition plutôt rock n' roll a à cœur, depuis sa création, de proposer des recueils de nouvelles aux thématiques savamment choisies, s'étant déjà penchés sur la fin du monde ou la folie, par exemple, ou encore, avec Les Contes marron, sur un sujet diablement potache, que les Artistes fous associés s'étaient appropriés avec humour, mais aussi avec une surprenante intelligence (au vu du sujet choisi). Ils avaient livrés des récits profonds (sans mauvais jeux de mots) allant au-delà de l'humour scato qu'on aurait pu craindre. Et si les auteurs étaient capables, avec un sujet pareil, d'offrir un recueil passionnant et très intéressant, c'est avec curiosité et même fébrilité, que je me suis jeté sur l'Homme de demain, au sujet des plus sérieux.
Les Artistes fous associés, déjà, savent soigner la forme. Car, si leurs livres sont publiés en numérique aussi bien qu'en format papier, les œuvres numériques sont tout simplement offertes. Cependant, vu la forme, les ouvrages se dégustent mieux sur papier, et l'Homme de demain ne fait pas exception à la règle, loin s'en faut. Car chaque histoire est nantie d'une, parfois deux illustrations de toute beauté. Les styles sont très différents d'un récit à l'autre, selon l'artiste, allant parfois d'un travail fait sur ordinateur magnifique, parfois plus stylisé, mais toujours superbe et permettant de se faire une idée du récit qui va nous être conté. A cela s'ajoute une présentation, en quelques lignes, de chaque histoire, et le lecteur possède un livre des plus intéressant.
Reste à découvrir le fond, mais sans surprise, il magnifie la forme, l'éditeur ayant réussi à proposer 16 histoires très différentes mais excellentes, 16 visions du futur qui font froid dans le dos.
Plusieurs courants ressortent de cet ouvrage. Certains auteurs visualisent l'évolution de la société, et voient un accroissement du contrôle de l'Homme, de la place des robots et intelligences artificielles. Dès le départ du livre, c'est le cas, avec La Frontière des rêves où une intelligence toute puissante dicte aux gens ce qu'ils voient, ressentent, perçoivent et, bien entendu, ce qu'ils pensent. Maison close, en s'intéressant à l'humanisation des robots, se met à questionner sur leur besoin de sexe, d'orgasmes (et parvient à créer une histoire à la troublante sensualité qui émoustille l'esprit). Mais le meilleur récit de cette thématique vient de Herr Mad Doktor, président des Artistes fous associés et qui, avec son Poogle Man, prend le même genre de thématique que La Frontière des rêves, mais en s'inspirant d'internet et des opérateurs téléphoniques pour créer un univers terrifiant (parce que tellement crédible) où une société contrôle les souvenirs, pensées, remplaçant les neurones et, quand un homme se retrouve déconnecté, il est même incapable de parler tant son cerveau propre n'a pas l'habitude de fonctionner. Mais tout en livrant un récit certes classique, et hélas terriblement crédible, l'auteur adapte la forme, livrant des notes en bas de pages sous forme de pubs, conseils, spams, donné par Poogle, la fameuse société. Cela forme un tout aussi intéressant que passionnant et intelligent, une des grandes réussites du recueil.
Nombre de récits de l'Homme de demain content une catastrophe et, soit les humains essaient de survivre, comme dans Caraville, hélas trop inspiré du Transperceneige et donnant un récit manichéen entre écolos et industriels, soit les humains se retrouvent en plein dans la catastrophe et attendent leur extinction. Pour Paradise 4 ou Le Coeur sous cloche (qui nous dépeint de manière intelligente le cataclysme vu par les yeux d'une enfant), il s'agit d'une maladie. Moisson voit la venue d'une autre intelligence, en une vision du futur très Matrix (mais sans la matrice), un récit surprenant et particulièrement glauque qui pourtant parvient, dans sa chute, à livrer une note d'humour noir particulièrement déstabilisante. Les Héritiers est, ici, le plus fascinant, racontant la fin de la Terre du fait des centrales nucléaires et, alors que les humains, naissant avec des modifications étranges, s'en vont vivre sur d'autres mondes plus adaptés à leur nouveau mode de vie, le dernier humain « normal » attend la fin, seul. Un récit particulièrement poétique, une fin toute en douceur, pour une histoire qui détonne mais qui se révèle touchante en diable.
Et les derniers récits s'en vont dans un futur lointain, pour imaginer ce que deviendrait l'humanité après une longue, très longue évolution. La Musique des sphères est ainsi très triste et oppressante, avec cette solitude dramatique qui attend les descendants de l'humanité, tandis que l'idée de Patrino est d'une originalité à toute épreuve, alors que les villes sont devenues des entités en symbioses avec les humains, et qui sont mêmes capables d'enfanter. Dommage que le style ne suive pas, avec des phrases courtes, brusques, hachées, qui gênent la lecture d'un récit très surprenant. Southeast Jones, avec Les Enfants de nos enfants, qui clôt ce recueil, cherche à raconter l'évolution humaine dans le futur. Le format court reste mal adapté à une telle ambition, mais l'histoire n'en demeure pas moins intéressante.
La Vengeance du 19ème siècle détonne un peu dans ce recueil, ne se penchant pas vraiment sur une vision du futur, mais montre une entité steampunk s'en venant faire la guerre au cyberpunk.
Au final, l'Homme de demain est une nouvelle réussite des Artistes fous associés, avec des visions différentes mais cohérentes d'un futur dérangeant et effrayant, des récits superbement écrits pour la plupart, grâce à des plumes fluides et intéressantes. Tout amateur de science-fiction se devrait de se pencher sur cet excellent ouvrage, coup de cœur immédiat, et ainsi, tout amateur de littérature bis se doit de suivre cet éditeur, parmi les plus intéressants en activité, avec une ligne éditoriale claire et cohérente, mais aussi atypique.

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MessageSujet: Re: [Editeur] Les Artistes fous associés   Dim 3 Jan - 9:29



Les contes rouges vol. 1, de collectif





Du Sang ! De la viande ! De la violence !

Dans la veine des romans gore, voici un nouveau recueil de nouvelles sauvages et horribles qui vous retourneront le cerveau, les sens et l'estomac.

Le Sang va couler ! Avec les Contes rouges les Artistes Fous vous invitent à découvrir sept nouvelles comiques ou douloureuses qui fouillent les chairs et explorent toutes les nuances du rouge, du vermillon de l'hémoglobine au carmin des organes en décomposition.

Les Contes rouges, une collection à lire à cœur ouvert.


  • Genre : horreur

  • Nombre de pages : nc

  • Format : papier





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MessageSujet: Re: [Editeur] Les Artistes fous associés   Dim 3 Jan - 9:39

Les contes rouges vol. 1, de collectif

Critique de ninik

Le gore a toujours eu ses amateurs – et ses détracteurs, bien évidemment ! Au cinéma, bien sûr, mais aussi en littérature, comme le prouve la mythique collection Gore de Fleuve Noir. Et il suffit de voir le succès d'un ouvrage se penchant sur cette série de livres (Gore, dissection d'une collection) pour comprendre qu'au-delà de la nostalgie, le plaisir est toujours là.
Ainsi, la collection Gore a eu ses descendants, en la personne de Trash Editions, qui sut livrer de petits plaisirs coupables (Necroporno) ainsi que de grands moments de littérature (Pestilence). Mais les amateurs de gore se cachent partout, et les Trasheux se mélangent, pour livrer des œuvres flirtant avec le rouge. Il est possible de citer Rivière Blanche, qui a livré il y a peu Génération Trash (une future lecture imminente) et donc, les Artistes fous associés, qui nous concernent ici.
Ces derniers aiment les courtes anthologies (en leur sein, l'imposant l'Homme de demain fait figure de surprise), aux thématiques déstabilisantes et qui, toujours, parviennent à surprendre. Ainsi, les Contes marron auraient pu être une œuvre potache, un plaisir coupable sale et révulsant, mais le talent des Artistes fous associés est, toujours, de dépasser la thématique imposée, pour se l'approprier, la tordre en jouant avec le fond comme la forme, pour aller au-delà, faire réfléchir et bouleverser.
Et donc, la maison d'édition, après avoir joué avec le marron puis le rose, se concentre sur le rouge, convoquant pour ce faire les deux créateurs de Trash Editions, qui se mélangent aux habituels Artistes fous pour parler gore. Comme les Contes marron, ce volume premier des Contes rouges (et on ne peut qu'espérer qu'il continuera sa route) est très court. Sept nouvelles, l'une d'elle faisant à peine une page, vont emmener le lecteur aux confins de l'écarlate.
Tout d'abord, il convient de s'intéresser aux deux récits des membres de Trash (Les Damnés de la puer de Julien Heylbroeck et Contre-nature de Schweihound) qui sont, hélas, les deux récits les plus faibles (un comble). Eux embrassent à bras le corps la thématique et, si Julien Heylbroeck soigne le fond en offrant un délicieux récit de série B (des bébés-mutants Staline qui attaquent une ferme de l'Amérique profonde), la forme, hélas, coince quelque peu, avec une écriture un peu approximative, des dialogues mal intégrés et, si l'histoire recèle quelques moments gore, ils se montrent trop expéditifs pour vraiment marquer. Schweihound, lui, commet la même erreur qu'avec son roman Bloodfist (chez Trash Editions). Il soigne tellement bien la forme (en jouant sur les mots, les expressions, avec grande maîtrise) que cela en devient un exercice de style vain car oubliant complètement le fond, et finalement assez prétentieux.
Les Artistes fous habituels, eux, embrassent la thématique et, comme avec Les Contes marron, la tordent pour aller bien au-delà, dépassant le sujet gore (sans jamais l'oublier) pour se révéler effroyablement intelligent, glaçant dans leurs sujets. Wolf Rock clôt le recueil avec une agréable histoire de tueur en série, qui aurait mérité d'être plus sanglante, mais qui, en restant dans la tête de son tueur, ne peut que déranger. Certes imparfait, le récit est maîtrisé et parvient assez bien à faire ressentir les émois de notre personnage principal. Lila V. offre avec Le Goût du sang, la micro-nouvelle du recueil (une page) qui mêle ironie et gore et sait donner le sourire au lecteur (le seul moment détendu du livre).
Corvis, l'auteur de l'excellent Monde de merde des Contes marron, prouve que les bons auteurs brassent toujours les mêmes thématiques. Restant dans le thème de la religion, il offre quelques pages écrites comme un poème religieux. Jouant autant sur le fond que sur la forme, il parvient à maîtriser excellemment bien l'exercice, pour choquer le croyant tout en faisant réfléchir sur la religion et ses dogmes. Brillant.
Mais les deux plus grandes réussites du roman viennent de Marie Latour qui, avec Au Nom de la mère, embrasse la folie, exacerbée par une enfance malheureuse et la naissance d'un enfant, provoquant de lourds changements, autant psychiques que physiques. Enlisant le lecteur dans les pensées de son protagoniste, elle l'emmène jusqu'à une conclusion aussi prévisible qu'abominable, retournant intelligemment l'estomac avec quelques pages choquantes. Gallinacé Ardent avait prouvé qu'avec une thématique comme le marron, il pouvait, grâce à Mon ami Olfa, offrir un récit intelligent allant bien au-delà, et il fait pareil ici. Murabito enfonce lui-aussi son lecteur dans les pensées de son personnage principal, une victime innocente offerte à la cruauté des hommes. Impossible d'en révéler la chute, mais l'auteur, là aussi, choque autant qu'il questionne.
Ainsi, avec Les Contes rouges, les Artistes fous associés prouvent une nouvelle fois qu'ils sont différents mais brillants, et que peu importe les thématiques, ils peuvent les embrasser, pour choquer autant que pour faire réfléchir, jouer sur la forme comme sur le fond, et offrent en à peine une centaine de pages d'excellentes histoires qui mériteraient d'être connues et reconnues.


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